L’assurance-vie bientôt plus taxée ? Ce scénario étudié par le premier ministre
Hausse de la flat tax et des prélèvements sociaux sur l’assurance-vie : le gouvernement étudie un alourdissement de la fiscalité en 2026.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
L’exécutif envisage une hausse de la fiscalité sur les revenus du capital pour financer le budget 2026.
Une augmentation de la CSG de 0,5 à 1 point est à l’étude, ce qui affecterait directement la flat tax.
Les contrats d’assurance-vie supérieurs à 150 000 € seraient les plus impactés.
Le taux global d’imposition pourrait passer de 30 à 36 % pour certains contribuables.
Le président Emmanuel Macron reste réservé sur cette option, mais le choix final revient au Premier ministre.
Une réforme discrète aux conséquences majeures
La question d’un ajustement de la fiscalité sur l’épargne revient avec insistance dans les discussions budgétaires de l’exécutif. Pour trouver près de 10 milliards d’euros nécessaires à l’équilibre des finances publiques en 2026, le gouvernement explore plusieurs pistes, dont une révision de la taxation des revenus du capital.
Selon des informations relayées par Les Échos, une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les placements est activement examinée. L’augmentation envisagée, de 0,5 à 1 point, permettrait de dégager jusqu’à 1,9 milliard d’euros.
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La flat tax au cœur des débats
Mise en place en 2018 pour dynamiser l’investissement, la flat tax a longtemps été perçue comme un pilier de l’environnement fiscal stable souhaité par Emmanuel Macron. Fixée à 30 %, elle s’applique aux revenus du capital, y compris aux contrats d’assurance-vie souscrits après septembre 2017 et excédant 150 000 € (ou 300 000 € pour un couple).
Mais depuis 2025, cette neutralité fiscale est déjà entamée par l’introduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Celle-ci impose une surtaxe aux foyers dépassant 250 000 € de revenus financiers (ou 500 000 € pour un couple), portant parfois la taxation réelle au-delà des 30 % initiaux.
Jusqu’à 36 % d’imposition pour les épargnants aisés
Dans les scénarios actuellement étudiés, la flat tax pourrait être relevée jusqu’à 36 % pour les détenteurs de contrats importants. Ce nouveau taux intégrerait à la fois la fiscalité actuelle et une augmentation de la CSG.
Les contrats plus modestes ne seraient pas épargnés pour autant : leur imposition resterait autour de 24,7 %, bien qu’une révision globale ne soit pas totalement exclue. Chaque point supplémentaire de prélèvement pourrait rapporter environ 240 millions d’euros à l’État, selon les projections budgétaires.
Un équilibre politique délicat
Dans ce contexte, Sébastien Lecornu, en quête de majorité pour faire passer le budget 2026, cherche un compromis avec les partis de gauche, notamment le PS. Ces derniers plaident pour une plus grande participation des revenus du capital à l’effort budgétaire, tout en évitant un recours au 49.3, qui pourrait fragiliser davantage la majorité présidentielle.
Le Président, de son côté, se montre réservé face à une mesure qui viendrait entamer l’un des marqueurs fiscaux majeurs de son quinquennat. Reste à savoir si le Premier ministre osera franchir ce cap, au risque de raviver les tensions avec les épargnants et de faire vaciller la confiance dans les placements à long terme.
Selon notre expert : Dans un monde financier en pleine tension, l’or reste plus que jamais le refuge privilégié face aux assauts fiscaux à venir.
Or et argent : des placements hors fiscalité à long terme
Face à une fiscalité en constante évolution, certains épargnants choisissent de diversifier leur patrimoine en se tournant vers des actifs tangibles non soumis à la flat tax. C’est notamment le cas des pièces et lingots d’or ou d’argent, qui peuvent être vendus sans aucune imposition après 22 ans de détention.
Cette exonération, encadrée par le régime des plus-values sur biens meubles, constitue un avantage non négligeable pour les profils patrimoniaux à long terme. À l’heure où l’incertitude fiscale pèse sur les revenus du capital, ces supports restent perçus comme des réserves de valeur durables, hors du radar des réformes fiscales successives.
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