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Gisements d’argent en 2026 : découvertes et mines de demain

Gisements d’argent en 2026 : découvertes au Canada, ressources au Botswana et comparaison avec Potosí. Quelles perspectives pour les mines de demain ?

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Gisements d’argent en 2026 : découvertes et mines de demain

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En bref

  • Au Canada, Brixton Metals annonce à Langis un intervalle de forage de 20 mètres à 5 015 grammes d’argent par tonne, sans estimation du volume exploitable de cette nouvelle zone.
  • Au Botswana, les premières ressources publiées en 2026 pour Kgwebe comprennent environ 90 millions d’onces d’argent ; la découverte remonte à fin 2025.
  • Aux États-Unis et au Mexique, de nouvelles veines et zones minéralisées sont identifiées près d’infrastructures minières existantes.
  • En Argentine, Diablillos vise une première production avant fin 2029, sous réserve notamment d’une décision finale d’investissement.
  • Potosí reste la grande référence historique : une synthèse géologique de 2009 estimait sa production passée à environ 60 000 tonnes d’argent.
  • Ressources souterraines, réserves exploitables et production annuelle doivent être distinguées pour mesurer la portée de ces annonces.

Les annonces de 2026 dessinent plusieurs chemins vers la production

Les prochaines sources d’argent ne se trouvent pas uniquement dans des territoires encore inexplorés. Plusieurs annonces publiées en 2026 concernent des zones nouvelles au sein de régions minières anciennes, parfois à proximité immédiate de galeries déjà utilisées. C’est le cas à Galena, dans l’Idaho, où Americas Gold and Silver a identifié des veines près de ses infrastructures souterraines. Cette proximité constitue un élément concret pour examiner leur intérêt industriel, même si elle ne garantit ni leur exploitation ni sa rentabilité. 

À lire aussi : Le cours de l'or prolonge son ascension pendant que les banques centrales accumulent le métal à un rythme jamais observé depuis des décennies.

Les publications disponibles au 27 août 2026 révèlent plusieurs situations. Certaines sociétés présentent des résultats de laboratoire obtenus sur des carottes de forage. D’autres publient une première estimation de la quantité de métal présente dans le sous-sol. Les projets les plus avancés disposent déjà d’études économiques et d’objectifs de construction. Le terme « découverte » recouvre ainsi des informations dont la portée diffère fortement pour l’approvisionnement futur.

La chronologie mérite la même attention. Une annonce datée de 2026 peut décrire des travaux réalisés l’année précédente. Pour Kgwebe, au Botswana, MMG situe la découverte fin 2025 et publie ses premières ressources dans son état arrêté au 30 juin 2026. La nouveauté de cette année réside donc dans la quantification du gisement, et non dans l’identification initiale de sa minéralisation. MMG, état des ressources 2026

Les définitions minières permettent de préciser ces différences. Une ressource minérale correspond à une concentration de matière présentant des perspectives raisonnables d’extraction économique à terme. Les catégories présumée, indiquée et mesurée traduisent des degrés croissants de confiance géologique. Une réserve minérale désigne une partie économiquement exploitable de ressources suffisamment documentées, après prise en compte des paramètres techniques, financiers, environnementaux et sociaux. La publication d’une ressource ne suffit donc pas à établir une réserve. 

Cette distinction change la lecture des chiffres. Une forte teneur indique la richesse du matériau analysé, sans renseigner à elle seule sur le tonnage du gisement. Une quantité d’argent contenue dans une ressource représente un inventaire estimé, tandis que la production mesure du métal effectivement récupéré pendant une période donnée. Ces indicateurs répondent à des questions différentes : où le métal se concentre-t-il, quelle quantité pourrait être exploitable et combien peut réellement arriver sur le marché ?

Le tableau suivant rassemble six annonces sans les transformer en classement. Leur intérêt dépend autant de la qualité des connaissances disponibles que de la taille des chiffres publiés. Pour comprendre quelles mines pourraient contribuer à l’offre future, il faut suivre leurs prochaines étapes et conserver les dates de référence des estimations.

Projet Publication en 2026 Nature de l’annonce Situation à retenir
Langis, Canada — Brixton Metals 21 juillet Nouvelle zone S6-SE Résultats de forage ; volume exploitable non établi
Kgwebe, Botswana — MMG Août Première estimation de ressources Découverte fin 2025 ; ressources publiées en 2026
Galena, États-Unis — Americas Gold and Silver 30 avril Jusqu’à six nouvelles veines Proximité d’infrastructures souterraines existantes
El Alacrán, Mexique — Americas Gold and Silver 30 mars Nouvelle zone près de la surface Exploration dans le district de Cosalá
Diablillos, Argentine — AbraSilver 13 juillet Résultats à Oculto West Extension potentielle d’un projet déjà avancé
Maverick Silver, États-Unis — Sun Silver 19 août Minéralisation au-delà des limites de la ressource actuelle Travaux d’extension et de validation ; études à poursuivre

Ces annonces sont détaillées dans les communiqués de Brixton Metals, de MMG, d’Americas Gold and Silver pour Galena et El Alacrán, d’AbraSilver et de Sun Silver.

Potosí donne la mesure des grands gisements historiques d’argent

Quel est le plus grand gisement d’argent jamais découvert ? Le Cerro Rico de Potosí, en Bolivie, constitue la référence historique la mieux documentée pour répondre à cette question. L’UNESCO le présente comme le plus grand gisement d’argent du monde. Une étude publiée en 1996 par des chercheurs de l’USGS emploie la même qualification. Son exploitation à grande échelle remonte à 1545, au début d’une histoire qui a profondément marqué les échanges et les sociétés des deux côtés de l’Atlantique. 

Dans une synthèse géologique publiée en 2009, Osvaldo Arce-Burgoa et Richard Goldfarb estimaient la production passée du Cerro Rico à environ 60 000 tonnes d’argent. Cela représente près de 1,93 milliard d’onces troy. Le chiffre mesure un cumul historique déjà extrait, et non les réserves restantes de la montagne. Il ne constitue pas davantage un bilan actualisé de la production jusqu’en 2026. 

Cette richesse possède aussi une histoire humaine. L’UNESCO rappelle le recours au travail forcé des populations locales pendant la période coloniale. Aujourd’hui, la préservation de la montagne demeure une préoccupation. Son rapport de juin 2026 décrit des interventions contre les effondrements, des fermetures de secteurs et des mesures de relocalisation des mineurs. Potosí illustre ainsi les conséquences durables d’une exploitation poursuivie pendant plusieurs siècles. 

D’autres territoires offrent des comparaisons utiles. Dans l’Idaho, le district de Coeur d’Alene a produit plus d’un milliard d’onces d’argent depuis 1884, selon le service géologique de l’État. Il demeure productif. Ce total concerne un district regroupant plusieurs mines : l’attribuer à un seul gisement fausserait la comparaison. I

Au Canada, le district de Cobalt, découvert en 1903, a fourni plus de 460 millions d’onces d’argent. L’Université de Toronto indique que l’essentiel de son activité productive avait cessé dans les années 1990. Cette histoire donne une profondeur particulière aux recherches actuelles de Langis : elles s’inscrivent dans un territoire qui a déjà livré une quantité considérable de métal. 

Au Mexique, Fresnillo représente un autre cas de longévité. L’exploitation remonte à 1554 et la mine reste active. Elle a produit 4,854 millions d’onces d’argent au premier semestre 2026. Ce résultat porte sur six mois seulement et ne doit être comparé aux cumuls historiques qu’en conservant cette différence d’échelle temporelle. 

La comparaison historique révèle surtout une diversité de trajectoires. Certains centres miniers cessent de produire, d’autres restent exploités et de nouvelles recherches peuvent revenir sur des terrains anciens. La date d’une découverte ne permet donc pas de déduire, à elle seule, la durée pendant laquelle un territoire contribuera à l’offre mondiale.

Référence historique Argent produit Nature du chiffre Situation documentée
Cerro Rico de Potosí, Bolivie Environ 1,93 milliard d’onces, soit 60 000 tonnes Production passée estimée dans une publication de 2009 Exploitation persistante, avec mesures de fermeture et de protection
District de Coeur d’Alene, États-Unis Plus d’un milliard d’onces Cumul depuis 1884, à l’échelle du district District toujours productif
District de Cobalt, Canada Plus de 460 millions d’onces Production historique de plusieurs mines Activité productive largement interrompue dans les années 1990
Mine de Fresnillo, Mexique 4,854 millions d’onces Production du seul premier semestre 2026 Mine en activité

Les volumes et situations de ce tableau proviennent des publications citées ci-dessus. Ils fournissent des repères de taille et de durée, sans former un classement homogène des réserves disponibles.

De Langis à Galena, les anciennes régions minières livrent de nouvelles pistes

À Langis, en Ontario, Brixton Metals a annoncé le 21 juillet 2026 un résultat remarquable : le forage LM-26-377 a traversé 20 mètres à 5 015 grammes d’argent par tonne dans la nouvelle zone S6-SE. La teneur équivaut à un peu plus de cinq kilogrammes d’argent par tonne de matériau analysé. Elle concerne cet intervalle précis et ne représente pas la teneur moyenne d’un futur gisement exploité. 

L’entreprise précise que l’épaisseur réelle de la minéralisation n’est pas encore déterminée. Les vingt mètres correspondent à une longueur parcourue par le forage. Cette réserve technique compte : l’orientation d’un sondage par rapport à une zone minéralisée influence la longueur qu’il traverse. Les résultats justifient de poursuivre les recherches, mais ne permettent pas encore de chiffrer une réserve d’argent exploitable.

Le rapprochement avec l’histoire de Cobalt ne signifie pas que les volumes extraits autrefois se retrouveront dans les nouvelles zones. Il permet de comprendre pourquoi ces terrains continuent d’être étudiés. La question porte désormais sur ce que les travaux actuels peuvent démontrer au-delà des secteurs déjà exploités. Un succès local ne doit pas être extrapolé à l’ensemble du district.

À Galena, dans l’Idaho, l’annonce du 30 avril porte sur jusqu’à six nouvelles veines dans le secteur 43L-TJ, à environ 25 mètres d’infrastructures souterraines existantes. Parmi les résultats figure une intersection de 1,9 mètre à 1 392 g/t d’argent, exprimée cette fois en épaisseur réelle estimée. Les veines contiennent également d’autres métaux.

Cette proximité donne une portée pratique à l’annonce : l’étude d’un prolongement accessible depuis une mine en activité pose des questions différentes de celles d’un site dépourvu d’infrastructures. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déduire le coût de développement ou la capacité des installations à traiter un minerai supplémentaire. Ces paramètres devront être évalués avant de transformer une perspective géologique en objectif de production.

Au Mexique, El Alacrán apporte un troisième exemple. Americas Gold and Silver a annoncé le 30 mars une découverte près de la surface, à environ 600 mètres au nord de San Rafael, dans le district de Cosalá. Le premier forage a rencontré 27,6 mètres à 69 g/t d’argent, avec de l’or et du cuivre, en épaisseur réelle estimée. L’extraction à San Rafael avait pris fin en 2025 ; il serait donc inexact de présenter ce voisin immédiat comme une mine encore en production. 

Ces trois cas illustrent un enjeu commun : déterminer quelle part des minéralisations nouvellement reconnues pourrait prolonger ou compléter l’activité d’une région minière. Les annonces disponibles rendent cette possibilité crédible comme sujet d’étude, sans établir encore la quantité d’argent supplémentaire qui sera vendue.

Kgwebe, Diablillos et Maverick montrent trois degrés d’avancement différents

Au Botswana, l’échelle change. La première estimation de Kgwebe, publiée par MMG en août, comprend environ 90 millions d’onces d’argent et 1,4 million de tonnes de cuivre. Le gisement se situe à environ six kilomètres de Zone 5, dans l’ensemble minier de Khoemacau. Il s’agit de ressources, pas d’un volume de métal dont l’extraction serait déjà décidée. L’association du cuivre et de l’argent rappelle aussi que l’approvisionnement en métal précieux peut dépendre du développement d’un projet consacré à plusieurs métaux. MMG

Diablillos dispose d’un scénario de production, encore conditionnel

En Argentine, AbraSilver a publié le 22 juin 2026 une étude de faisabilité définitive pour Diablillos. Elle présente environ 183 millions d’onces d’argent dans les réserves prouvées et probables, ainsi que 1,8 million d’onces d’or. L’entreprise vise une première production avant fin 2029, sous réserve notamment d’une décision finale d’investissement attendue au deuxième trimestre 2027. Les dépenses initiales sont estimées à environ 722 millions de dollars. 

Le scénario prévoit près de 14 millions d’onces d’argent produites annuellement pendant les cinq premières années de pleine production. Ces prévisions reposent sur un plan minier, des hypothèses de récupération et des paramètres économiques. Elles constituent un objectif industriel documenté, avec les incertitudes propres à son financement et à sa réalisation.

Les résultats publiés le 13 juillet à Oculto West concernent, eux, une extension potentielle du projet. Un forage a traversé 109 mètres à 221,2 g/t d’argent et 0,72 g/t d’or, en longueur forée, sans épaisseur réelle déterminée. Ces résultats ne doivent pas être présentés comme l’origine de toutes les réserves ou des prévisions de production de l’étude de juin. 

Maverick rappelle la différence entre argent et équivalent argent

Au Nevada, Sun Silver a annoncé le 19 août une intersection de 98,3 mètres comprenant 65,7 g/t d’argent et 0,67 g/t d’or. Le communiqué la présente également à 120,3 g/t d’« équivalent argent ». Cet indicateur convertit la contribution de l’or selon une formule économique ; il ne signifie pas que le matériau contient physiquement 120,3 grammes d’argent par tonne. Sun Silver, communiqué ASX

Le programme combine la recherche de prolongements et la validation d’informations antérieures. Sun Silver vise une étude de cadrage fin 2026 ou début 2027, puis une préfaisabilité en 2027. Ce calendrier d’études ne constitue pas une date de démarrage d’une mine.

La comparaison entre ces projets doit donc porter sur les travaux accomplis autant que sur le métal annoncé. Une première ressource, un forage d’extension et une étude de faisabilité ne réduisent pas les mêmes incertitudes. L’existence d’un calendrier permet de suivre les prochaines décisions ; elle ne dispense pas de vérifier que les moyens nécessaires à sa réalisation sont effectivement réunis.

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L’argent industriel et l’or physique répondent à des logiques patrimoniales différentes

Les perspectives minières s’inscrivent dans un marché qui reste tendu selon les prévisions du Silver Institute. Le World Silver Survey 2026, réalisé par Metals Focus et publié en avril, anticipe un sixième déficit annuel consécutif, estimé à 46,3 millions d’onces, avec une production minière globalement stable. Ce déficit correspond à un déséquilibre annuel entre l’offre et la demande ; il ne mesure pas l’épuisement de l’argent présent dans la croûte terrestre. 

Le même rapport prévoit une baisse de 3 % de la demande industrielle en 2026, notamment sous l’effet des économies de métal et des substitutions dans le photovoltaïque. La demande n’augmente donc pas uniformément dans tous les usages. Les volumes consommés, le recyclage, les stocks disponibles et les nouvelles capacités d’extraction doivent être considérés ensemble pour apprécier l’équilibre du marché.

Il serait ainsi prématuré de déduire des annonces d’exploration une baisse prochaine du cours de l’argent. À l’inverse, un déficit prévu ne garantit pas une hausse : le marché réagit aussi aux anticipations et aux changements de comportement des acheteurs. Une décision patrimoniale fondée sur un seul forage ou sur la promesse d’un manque durable de métal resterait fragile.

L’or conserve une fonction distincte dans cette réflexion. Le World Gold Council le décrit comme un actif liquide, sans risque de crédit propre au métal, susceptible de contribuer à la diversification. Il rappelle également l’absence de revenu régulier et le risque de fluctuation des prix. La détention physique ne supprime donc pas le risque de perte, et les conditions de conservation demeurent à examiner. 

Pour un particulier, suivre le cours de l’or permet de disposer d’un repère avant de comparer les prix des produits physiques. Le coût d’acquisition ne se résume pas au cours du métal : les conditions de vente, les primes, la conservation et les modalités de revente participent au résultat final. Ces éléments doivent être examinés dans toute démarche d’achat d’or, en fonction de l’horizon envisagé et des besoins de liquidité.

Le format compte également. Un lingot d’or de 1 kg concentre une quantité de métal importante dans une seule unité. Des pièces de 20 francs Coq Marianne permettent de répartir une détention entre plusieurs unités et d’envisager des cessions partielles. Ce choix pratique n’annonce aucun rendement et ne remplace pas une comparaison des conditions proposées.

De Potosí aux recherches de 2026, l’histoire de l’argent montre surtout combien l’offre se construit dans la durée. Les nouvelles découvertes peuvent préparer de futures productions, prolonger certains sites et renouveler les connaissances géologiques. Leur valeur industrielle se précisera au fil des études et des décisions, tandis que l’or et l’argent physiques doivent conserver une place adaptée aux objectifs et aux risques acceptés par chaque épargnant.

Sources : BDOR, Brixton Metals, MMG, Americas Gold and Silver, AbraSilver, Sun Silver, Institut canadien des mines (CIM), UNESCO, USGS, Society of Economic Geologists, Idaho Geological Survey, Université de Toronto, Fresnillo plc, Silver Institute, Metals Focus, World Gold Council.

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