Pendant que les crises s’enchaînent, les géants du pétrole empochent une pluie de milliards
Chevron quintuple son bénéfice grâce à la flambée du pétrole liée à la guerre Iran-Israël, tandis qu'Exxon déçoit malgré une production record.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le prix moyen du baril de WTI a atteint 92,45 dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 27% par rapport au trimestre précédent
Chevron affiche un bénéfice net de 12 milliards de dollars, près de cinq fois supérieur à celui de l'année précédente
ExxonMobil enregistre une production mondiale record de 4,5 millions de barils par jour mais déçoit les analystes
Les tensions au détroit d'Ormuz et en mer Rouge alimentent les craintes de rupture d'approvisionnement
Les investisseurs cherchent des alternatives comme les lingots et pièces d'or pour se protéger de la volatilité énergétique
Une flambée des prix qui dope les résultats du secteur
La guerre entre l'Iran et Israël a rebattu les cartes du marché de l'énergie au deuxième trimestre 2026. Le prix moyen du baril de WTI américain s'est établi à 92,45 dollars entre avril et juin, soit une progression d'environ 27% par rapport au premier trimestre, selon les résultats financiers publiés par Chevron et ExxonMobil le 1er août 2026. Cette envolée trouve son origine dans les craintes de rupture d'approvisionnement au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz et la mer Rouge concentrent aujourd'hui l'essentiel des tensions géopolitiques.
Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, multiplient les attaques contre les navires marchands en mer Rouge, ajoutant une strate d'incertitude à un marché déjà fragilisé par la baisse des réserves mondiales de pétrole. Cette configuration profite mécaniquement aux compagnies pétrolières américaines, dont les marges se sont envolées alors même que les automobilistes encaissent, eux, la hausse des prix à la pompe. Un contraste qui ne manquera pas de nourrir les débats sur le partage de la valeur en période de crise.
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Chevron quintuple son bénéfice net
Chevron a publié un bénéfice net de 12 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, contre 2,5 milliards de dollars un an plus tôt, selon les résultats financiers communiqués par la compagnie le 1er août 2026 — soit près de cinq fois plus. Le bénéfice ajusté par action atteint 6,06 dollars, dépassant nettement les 5,56 dollars anticipés par les analystes financiers. La compagnie a également atteint un niveau historique de production pétrolière américaine, avoisinant les deux millions de barils par jour.
« Nous fonctionnons à plein régime, et c'est nécessaire car le monde a besoin d'énergie », a déclaré le PDG Mike Wirth, cité par CNBC le 1er août 2026. Selon lui, la menace pesant sur l'approvisionnement s'est étendue du détroit d'Ormuz à la mer Rouge, alors que les réserves mondiales continuent de diminuer. « La situation est tendue et je crains qu'elle ne continue à s'aggraver. Le temps presse. Chaque jour qui passe rend la situation plus difficile », a-t-il ajouté, sans dissimuler une forme d'inquiétude assez rare chez un dirigeant de cette envergure.
Selon notre expert : La guerre au Moyen-Orient rebat les cartes de l'énergie mondiale et personne ne sait où s'arrêtera la flambée des prix
Exxon déçoit malgré une production historique
ExxonMobil a affiché une production mondiale de 4,5 millions de barils par jour, son plus haut niveau depuis plus de vingt ans hors pertes liées au Moyen-Orient, selon les résultats communiqués par la compagnie le 1er août 2026. Un chiffre impressionnant sur le papier, mais qui n'a pas suffi à satisfaire les attentes des marchés financiers, les résultats trimestriels étant ressortis inférieurs aux prévisions des analystes.
« Les perturbations majeures ont rendu particulièrement difficile la prévision de l'évolution des prix dans le secteur du raffinage. C'est de là que vient l'écart », a expliqué le PDG Darren Woods, cité par CNBC le 1er août 2026. Un aveu qui en dit long sur la difficulté, même pour un géant du secteur, à anticiper des marchés secoués simultanément par la géopolitique, la demande mondiale et des marges de raffinage particulièrement instables cette année.
Les métaux précieux, une valeur refuge face à la volatilité
Cette instabilité persistante sur les marchés pétroliers rappelle, une fois encore, l'intérêt d'une diversification patrimoniale hors du système bancaire traditionnel. Les lingots d'or, les lingots d'argent et les pièces d'or demeurent des instruments prisés par les épargnants souhaitant sécuriser une partie de leur capital face aux soubresauts géopolitiques et énergétiques, selon les observations de BDOR. Contrairement aux actions des compagnies pétrolières, dont la performance dépend directement des tensions internationales, les métaux précieux physiques offrent une forme de stabilité et une logique de débancarisation appréciée en période d'incertitude prolongée.
Détenir une part de son épargne sous forme physique, hors des circuits bancaires classiques, reste une stratégie suivie par un nombre croissant de particuliers en France, particulièrement lorsque les marchés de l'énergie envoient des signaux aussi contrastés que ceux observés ce trimestre. Entre bénéfices records pour certains et factures alourdies pour d'autres, la tentation de sécuriser une partie de son patrimoine loin de la volatilité boursière n'a probablement jamais paru aussi légitime.
Sources : BDOR - CNBC - Chevron - ExxonMobil
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