Présidentielle : Édouard Philippe veut durcir chômage et arrêts maladie s’il est élu
Édouard Philippe propose de réduire l'indemnisation chômage à 12 mois et de durcir les arrêts maladie s'il accède à l'Élysée en 2027.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Édouard Philippe veut réduire la durée maximale d'indemnisation chômage de 18 à 12 mois pour les moins de 50 ans
Il souhaite durcir les règles sur les arrêts maladie, dont le coût est estimé à environ 17 milliards d'euros par an
Des jours de carence supplémentaires sont envisagés pour les arrêts courts, dont le premier jour non indemnisé
Une période incompressible entre arrêt maladie et rupture conventionnelle est proposée pour limiter les abus
Ces mesures s'inspirent du modèle allemand et ne seraient appliquées qu'en cas d'élection à la présidentielle de 2027
Douze mois au lieu de dix-huit : la promesse chômage d'Édouard Philippe
Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, souhaite réduire à douze mois la durée maximale d'indemnisation chômage pour les actifs de moins de 50 ans. Actuellement, selon les règles de l'Unédic en vigueur, cette durée peut atteindre 18 mois pour les demandeurs d'emploi de moins de 55 ans, un plafond que l'ancien Premier ministre juge trop généreux au regard des standards européens. Il invoque explicitement le modèle allemand, où les indemnisations sont généralement plus courtes et plus dégressives, pour justifier ce raccourcissement d'un tiers.
Ce choix ne relève pas du hasard politique. Réduire de six mois la période d'indemnisation revient à accélérer la pression sur le retour à l'emploi, quitte à fragiliser les profils les plus exposés aux ruptures de contrat en fin de carrière. L'argument budgétaire tient sur le papier : moins de mois indemnisés, moins de dépenses pour l'Unédic, dont les comptes restent scrutés de près par Bercy. Mais la mesure interroge sur le terrain social, notamment pour les salariés licenciés dans des bassins d'emploi où les offres se font rares.
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Arrêts maladie : Édouard Philippe veut mettre fin à «l'open bar»
Le candidat vise également les arrêts de travail, qu'il juge devenus trop coûteux pour les finances sociales. Selon les chiffres qu'il avance publiquement, les dépenses liées aux arrêts maladie atteindraient environ 17 milliards d'euros par an, une somme en forte progression depuis plusieurs années. Cette estimation, portée par le candidat lui-même plutôt que par un organisme indépendant, sert de socle à son argumentaire pour justifier un tour de vis sur l'ensemble du dispositif.
Concrètement, Édouard Philippe propose de renforcer les jours de carence applicables aux arrêts courts. Il envisage que le premier jour, voire les deux premiers jours d'un arrêt ponctuel, ne soit plus indemnisé du tout. L'objectif affiché consiste à dissuader les arrêts jugés de complaisance sans pénaliser, selon ses propres mots, les pathologies lourdes ou les affections de longue durée qui nécessitent un suivi médical continu.
Une période incompressible contre le chantage à l'arrêt maladie
Autre volet de la réforme envisagée, la lutte contre ce qu'il appelle le chantage à l'arrêt maladie. Il s'agirait d'instaurer un délai incompressible entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle, afin d'éviter les usages détournés de ce dispositif au moment des négociations de départ. Une mesure qui, si elle venait à être appliquée, changerait sensiblement le rapport de force entre employeurs et salariés en fin de contrat, en particulier dans les entreprises où les séparations à l'amiable restent fréquentes.
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Un programme électoral entre rigueur budgétaire et référence allemande
Ces annonces s'inscrivent dans une stratégie plus large de réduction des dépenses publiques, à quelques mois d'une campagne présidentielle qui s'annonce disputée entre plusieurs figures de la droite et du centre. Édouard Philippe cherche visiblement à se positionner comme le candidat de la responsabilité budgétaire, quitte à s'attirer les foudres des syndicats et d'une partie de la gauche parlementaire, déjà remontée contre les précédentes réformes de l'assurance chômage.
Le pari reste risqué. Copier le modèle allemand suppose d'importer aussi son marché du travail, ses dispositifs d'accompagnement renforcé et son système de formation professionnelle, bien plus dense qu'en France. Réduire la durée d'indemnisation sans renforcer en parallèle l'accompagnement vers l'emploi ferait porter tout le poids de l'ajustement sur les demandeurs d'emploi eux-mêmes. Ces propositions ne deviendront des mesures concrètes que si Édouard Philippe accède à l'Élysée en 2027, un horizon encore lointain qui structure malgré tout déjà le débat public.
Face à l'incertitude sociale, la tentation des valeurs refuges
Les annonces sur le chômage et les arrêts maladie s'ajoutent à une série d'indices sur la fragilité des comptes publics français, entre déficit persistant et débats récurrents sur la dette sociale. Dans ce climat d'incertitude budgétaire et politique, nombre d'épargnants cherchent à diversifier leur patrimoine hors du système bancaire classique. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou les pièces d'or, restent perçus comme des outils de débancarisation et de protection de l'épargne face aux réformes structurelles qui redessinent, année après année, le paysage social et budgétaire français. Cette approche patrimoniale ne dépend d'aucune promesse électorale, ce qui explique en partie son attrait constant auprès des ménages soucieux de sécuriser une partie de leurs économies.
Sources : BDOR - Unédic - Assurance Maladie
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