Inflation : café, viande, huiles… la guerre au Moyen-Orient frappe déjà vos courses
Inflation à 1,7 % en mars 2026 : café +25 %, viande +20 %, huiles +5,1 %... La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix alimentaires en France et dans le monde.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
L'inflation en France atteint 1,7 % sur un an en mars 2026, portée par la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
Le café a progressé de 25 %, la viande de près de 20 %, le chocolat de 17,6 % et le maquereau de 13 %.
L'indice FAO des prix alimentaires a gagné 2,4 % en mars sur un mois, pour le deuxième mois consécutif.
Blé (+4,3 %), huiles végétales (+5,1 %), sucre (+7,2 %) : les hausses sectorielles s'accumulent.
Si le conflit dépasse 40 jours, les agriculteurs pourraient réduire leurs surfaces cultivées, pesant sur l'offre mondiale jusqu'en 2027.
Le retour de l'inflation dans les supermarchés français
Après plusieurs mois de ralentissement, l'inflation alimentaire reprend de la hauteur. En mars 2026, l'INSEE a enregistré une progression des prix à la consommation de 1,7 % sur un an en France. La cause principale : la flambée des prix de l'énergie, directement alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Les Français adaptent déjà leurs habitudes. Kelly, consommatrice interrogée par TF1, a troqué sa lessive habituelle contre une marque distributeur, renoncé à la boulangerie artisanale et réduit ses achats d'œufs. "Il y a beaucoup de choses que je prenais avant que je ne prends plus", confie-t-elle.
Pour Emily Mayer, directrice des études chez Circana, la dynamique est limpide : plus le conflit au Moyen-Orient dure, plus les carburants restent chers, et plus les ménages sont contraints d'arbitrer entre produits d'entretien, d'hygiène et boissons.
Des hausses spectaculaires selon les filières
Tous les rayons ne subissent pas la même pression. Certaines filières cumulent l'effet énergie à des facteurs spécifiques : mauvaises récoltes, quotas de pêche réduits, tensions sur les intrants agricoles.
Le prix du café affiche une hausse de 25 % sur un an, tiré par des récoltes mondiales déficientes. La viande progresse de près de 20 %, le chocolat de 17,6 % et le maquereau de 13 % en raison d'une réduction des quotas de pêche.
Pour Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation à l'UFC-Que Choisir, l'élevage reste particulièrement exposé : "Beaucoup de vaches sont nourries avec des céréales. Et pour faire des céréales, on met beaucoup d'engrais, il faut donc du gaz." La chaîne de coûts remonte jusqu'au carburant utilisé par les éleveurs eux-mêmes.
Du côté des pêcheurs, certains réduisent déjà leurs sorties en mer face à l'explosion du coût du gazole. Des tensions sur l'approvisionnement se profilent, avec des répercussions directes sur les prix en rayon dans les semaines à venir.
L'alerte mondiale de la FAO
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture a publié ses données pour mars 2026 : l'indice mondial des prix alimentaires a progressé de 2,4 % sur un mois, et de 1 % par rapport à mars 2025. C'est le deuxième mois consécutif de hausse.
Maximo Torero, chef économiste de la FAO, reconnaît que l'impact du conflit a été "amort[i] par une offre mondiale de céréales abondante". Mais l'avertissement est précis : si le conflit s'étire au-delà de 40 jours, avec des coûts d'intrants élevés et les marges agricoles sous pression, les producteurs devront choisir entre cultiver avec moins d'intrants, réduire leurs surfaces ou basculer vers des cultures moins gourmandes en engrais. Ces décisions pèseront sur les rendements et sur l'offre alimentaire mondiale jusqu'en 2027.
Blé, huiles végétales, sucre : les postes à surveiller
Le blé a bondi de 4,3 % en mars, fragilisé par une possible sécheresse aux États-Unis et des semis australiens potentiellement réduits. Les huiles végétales progressent de 5,1 %, portées par une anticipation de demande accrue en biocarburants. Le sucre grimpe de 7,2 %, les marchés s'attendant à ce que le Brésil accroisse sa production d'éthanol au détriment du sucre alimentaire.
Trente pour cent des engrais transitaient par le détroit d'Ormuz avant le déclenchement du conflit. La perturbation de cette route commerciale stratégique alimente une hausse des intrants agricoles qui se répercutera dans les mois à venir.
Seul le riz échappe à la tendance, avec un recul de 3 % lié à une moindre demande mondiale.
À quoi s'attendre d'ici l'été ?
L'horizon reste incertain. Si les tensions énergétiques se stabilisent, l'inflation française devrait avoisiner 2 % d'ici l'été, avant un possible ralentissement. Un choc durable sur les hydrocarbures pourrait la porter au-delà de 3 %. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué de nouvelles aides ciblées sur les carburants pour début de semaine prochaine, sans en préciser le calibrage.
Diversifier son épargne face à la remontée des prix
Quand l'inflation érode le pouvoir d'achat, les placements traditionnels à faible rendement perdent de leur attrait. L'achat d'or physique, de lingots d'argent ou de pièces d'or constitue une alternative tangible pour les épargnants qui souhaitent protéger leur capital en dehors des circuits bancaires classiques. À mesure que les tensions sur les prix s'installent dans la durée, adosser une partie de son patrimoine à des actifs réels comme l'or ou l'argent métal s'impose comme une stratégie de préservation de l'épargne face aux aléas des marchés financiers et géopolitiques.
Sources : BDOR / TF1 / SudOuest / Yahoo
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