Donald Trump assure que les États-Unis ne font que « semi-négocier » avec l’Iran
Donald Trump mise sur la pression économique face à l'Iran et retarde toute frappe militaire, pariant sur une réouverture du détroit d'Ormuz.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Donald Trump indique privilégier la pression économique plutôt que de nouvelles frappes contre l'Iran, selon un entretien accordé à Axios le 9 août
Le détroit d'Ormuz reste verrouillé par Téhéran tant que Washington n'acceptera pas l'ensemble de ses conditions
Les Gardiens de la Révolution confirment leur fermeté sur la réouverture du passage maritime
Trump juge l'économie iranienne fragilisée, marquée par une inflation forte et un manque de liquidités
La réouverture du détroit devient la priorité affichée de Washington, devant les questions nucléaires
Trump mise sur la pression économique plutôt que sur les frappes
Donald Trump a laissé entendre, dimanche 9 août, qu'il privilégiait la pression économique contre l'Iran plutôt que de nouvelles frappes militaires, selon un entretien accordé au média Axios. « On reste discrets », a déclaré le président américain, cité par Axios, qui indique avoir échangé avec lui lors d'un bref appel téléphonique. Cette formulation tranche avec le ton offensif adopté quelques jours plus tôt, lorsque Washington menaçait encore Téhéran d'une riposte armée.
« Nous ne faisons que semi-négocier avec eux. Nous nous contentons d'observer l'Iran, avec son inflation galopante et le fait qu'il n'a plus d'argent », a-t-il ajouté selon Axios. La déclaration reste une appréciation présidentielle, non un constat chiffré établi par une institution économique indépendante. Elle dessine une inflexion stratégique : Washington semble parier sur l'affaiblissement financier iranien plutôt que sur l'escalade militaire, une option jugée moins risquée à l'approche d'échéances diplomatiques sensibles.
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Le détroit d'Ormuz, verrou stratégique du bras de fer
Il y a une semaine à peine, Donald Trump avait brandi la menace de frappes contre l'Iran avant de se raviser, misant sur un accord rapide concernant la réouverture du détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont pourtant confirmé, dimanche, que ce passage maritime resterait verrouillé tant que Washington n'accepterait pas la totalité des conditions posées par Téhéran. Cette position ferme éloigne toute perspective de règlement rapide et prolonge l'incertitude pour les acteurs économiques dépendants du transit pétrolier.
Le détroit d'Ormuz concentre une part considérable des exportations mondiales de brut, un axe que plusieurs agences énergétiques internationales qualifient régulièrement de point de passage parmi les plus surveillés de la planète. Une fermeture prolongée pèserait directement sur l'approvisionnement énergétique mondial et sur les cours du pétrole, avec des répercussions potentielles sur l'inflation importée dans les économies occidentales. Pour l'instant, aucune estimation chiffrée officielle et datée n'a été communiquée sur la durée d'un éventuel blocage.
Une économie iranienne fragilisée, selon Washington
Selon Axios, Donald Trump a jugé que l'économie iranienne se trouvait « en très mauvais état », sans formuler de nouvelle menace de frappe. Ce jugement reste une déclaration politique américaine, à prendre comme telle, et non une évaluation macroéconomique validée par un organisme financier international. Il s'inscrit dans la ligne défendue par la Maison Blanche depuis plusieurs mois : miser sur l'épuisement des ressources iraniennes plutôt que sur la confrontation directe.
Selon notre expert : Une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz pourrait faire exploser les prix de l'énergie et rebattre les cartes de votre épargne
Une partie d'échecs sans dénouement immédiat
« Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger. C'est comme une partie d'échecs », a affirmé Donald Trump, cité par Axios, à propos de la confrontation avec Téhéran. La formule illustre une approche calculée, où chaque camp semble attendre un geste de l'autre avant d'avancer une pièce. La réouverture du détroit d'Ormuz est désormais présentée comme la priorité numéro un de Washington, loin devant les questions nucléaires et balistiques évoquées fin février pour justifier l'offensive israélo-américaine.
Cette hiérarchie des priorités mérite d'être observée avec attention. Passer d'un discours centré sur la prolifération nucléaire à une obsession pour un couloir maritime révèle combien l'équation économique pèse désormais autant, sinon plus, que l'équation sécuritaire. Les marchés du pétrole, eux, n'attendent pas la fin de la partie d'échecs pour réagir aux moindres déclarations présidentielles.
Sécuriser son épargne face à l'incertitude géopolitique
Les tensions autour du détroit d'Ormuz rappellent que les marchés de matières premières restent exposés à des décisions politiques imprévisibles. Face à ces incertitudes, un nombre croissant d'épargnants se tournent vers des solutions tangibles, hors du système bancaire traditionnel. Les lingots d'or, les pièces d'or et l'argent physique constituent des supports historiquement recherchés pour préserver un capital lors de périodes de tensions internationales, dans une logique de débancarisation et de diversification patrimoniale. Ces actifs tangibles échappent aux aléas du système financier classique et permettent de constituer une réserve de valeur détenue directement par son propriétaire.
Sources : BDOR - Axios - AFP
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