Jamais autant de Français n’avaient été touchés par la pauvreté, un record confirmé par l’Insee
La pauvreté reste à un sommet en France en 2024. L’Insee recense 9,8 millions de personnes concernées, dont près de trois millions d’enfants.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le taux de pauvreté reste fixé à 15,4 % en France métropolitaine en 2024.
Près de 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
La pauvreté touchait 13,8 % de la population en 2017 selon la série comparable de l’Insee.
Les enfants et les familles monoparentales figurent parmi les populations les plus exposées.
Les prestations sociales réduisent fortement la pauvreté, sans parvenir à enrayer sa progression de long terme.
La France demeure confrontée à un niveau de pauvreté jamais observé depuis le lancement de la série statistique actuelle en 1996. En 2024, le taux de pauvreté en France atteint 15,4 %, soit exactement le même niveau qu’en 2023. L’Insee recense désormais 9,817 millions de personnes vivant sous le seuil fixé à 60 % du niveau de vie médian.
Le chiffre est brutal. Sa stabilité ne constitue pas une amélioration. Après la hausse enregistrée en 2023, la pauvreté s’installe simplement sur un sommet historique. La moitié des personnes concernées disposent de moins de 1 074 euros mensuels, alors que le seuil de pauvreté s’établit à 1 337 euros pour une personne seule.
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Une hausse réelle depuis l’élection d’Emmanuel Macron
La comparaison avec 2017 mérite de la rigueur. Contrairement au chiffre de 9,5 % parfois diffusé, le taux comparable s’élevait alors à 13,8 % dans la série rétropolée publiée par l’Insee. Le nombre de personnes pauvres atteignait 8,572 millions. Entre 2017 et 2024, la France compte ainsi environ 1,25 million de personnes pauvres supplémentaires.
Cette évolution ne peut pas être attribuée à une seule réforme ni à un seul gouvernement. La crise sanitaire, la poussée inflationniste, les mutations du marché du travail et la hausse des dépenses courantes se sont entremêlées. Le pouvoir exécutif ne peut pourtant pas évacuer sa responsabilité politique. Huit années de décisions fiscales, sociales et budgétaires n’ont pas permis de réduire durablement la fracture.
Les critiques adressées à Emmanuel Macron portent notamment sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, la transformation de la fiscalité du capital et certaines réformes des aides au logement. Accuser ces seules mesures d’avoir créé la pauvreté serait trop facile. Affirmer qu’elles sont étrangères au sentiment d’injustice serait tout aussi peu crédible.
Les enfants paient une facture particulièrement lourde
La situation des plus jeunes apparaît encore plus préoccupante. En 2024, 22,4 % des moins de 18 ans vivent sous le seuil de pauvreté, contre 20,4 % en 2022. Cela représente près de 2,92 millions d’enfants. Chez les 18-29 ans, le taux grimpe à 18,6 %.
Les familles monoparentales restent également très fragiles, avec un taux de pauvreté de 34 %. Les chômeurs sont touchés à hauteur de 36,1 %, tandis que 2,3 millions de personnes en emploi demeurent pauvres. Avoir un salaire protège encore, mais ne suffit plus toujours à payer un logement, l’énergie, les transports et l’alimentation.
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La redistribution évite une situation bien plus grave
Les prestations sociales limitent fortement l’ampleur de la crise. Avant leur versement, 22,3 % de la population se situerait sous le seuil de pauvreté. Les allocations familiales, aides au logement, minima sociaux et primes d’activité ramènent ce taux à 15,4 %.
Ce résultat montre que la protection sociale fonctionne, mais aussi qu’elle répare tardivement des déséquilibres produits en amont. Une économie qui crée des travailleurs pauvres, fragilise les familles et dépend toujours davantage des transferts publics ne peut pas se satisfaire d’avoir évité pire.
Face à cette insécurité économique, certains épargnants cherchent à réduire leur dépendance aux banques et aux placements exclusivement financiers. Les lingots d’or et d’argent, les pièces d’or d’investissement ou d’autres actifs tangibles peuvent participer à une stratégie de diversification, de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne. Cette démarche exige une allocation mesurée : l’or protège une partie du patrimoine, mais ne remplace ni une épargne disponible ni une politique publique capable de freiner la pauvreté.
Sources : BDOR - Insee
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