Midterms 2026 : Donald Trump subit une défaite historique, Wall Street plonge et les marchés s’affolent !
Le krach des valeurs technologiques et le repli des taux réels américains relancent l'hypothèse d'un nouveau cycle haussier pour l'or.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 5 minutes

Sommaire
- L'or recule en séance pendant que le Nasdaq s'effondre
- Le tsunami bleu démocrate percute le pari sur les centres de données
- Pourquoi la baisse des taux réels compte plus que l'inflation pour l'or
- Les seuils à 4200, 4600 et 5000 dollars restent à confirmer
- Ce qui pourrait invalider ce scénario haussier
- Un contexte français qui pousse aussi vers la diversification
En bref
L'once d'or cote 3638,2 euros ce vendredi matin, en léger repli de 0,2 % depuis la clôture de la veille après une nuit de forte volatilité
Le Nasdaq a perdu plus de 5 % jeudi, sa plus forte chute depuis avril 2025, sur fond de craintes concernant l'avenir des centres de données
La victoire démocrate aux élections de mi-mandat américaines fait resurgir l'hypothèse d'une détente des taux réels, favorable à l'or
Un analyste indépendant évoque un seuil technique à 4200 dollars pour confirmer un retournement haussier, puis 4600 et 5000 dollars à moyen terme
La persistance de l'inflation et le pétrole restent les principaux obstacles à ce scénario, la Fed gardant pour l'instant une posture restrictive
En France, l'OAT à 10 ans à 4,77 % et une dette publique proche de 120 % du PIB nourrissent aussi l'intérêt pour une diversification patrimoniale
L'or recule en séance pendant que le Nasdaq s'effondre
Nos cours relevés ce vendredi 6 novembre à 9h44 situent l'once d'or à 3638,2 euros, soit 116,97 euros le gramme, en repli de 0,2 % depuis la clôture de jeudi soir et de 0,1 % depuis l'ouverture, pour une amplitude de 1,3 % entre un plus bas à 115,973 euros et un plus haut à 117,472 euros le gramme. Ce calme tranche avec ce qui se joue sur les marchés actions.
Sur les trois dernières heures, l'once d'or regagne 0,6 %, un sursaut qui coïncide avec l'ouverture des places asiatiques, emportées par la panique venue de Wall Street. Le Nasdaq a perdu plus de 5 % jeudi, sa plus forte chute depuis avril 2025, entraînant Nikkei et Kospi vers des replis proches de 6 % à 9 % vendredi matin. L'or tient, alors que près de 3200 milliards de dollars de capitalisation boursière se sont évaporés en une séance.
Le tsunami bleu démocrate percute le pari sur les centres de données
La victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat, avec la prise du Texas, fait craindre un coup d'arrêt à l'expansion des centres de données qui alimente depuis deux ans les valorisations technologiques américaines. Nvidia a perdu environ 400 milliards de dollars de capitalisation en une séance, Broadcom a chuté de plus de 10 %, Micron de plus de 17 %. En Europe, STMicroelectronics a cédé plus de 9 % à Paris.
Le marché price l'écart entre les projets déjà financés, livrables en 2027, et ceux de 2028 qui dépendent encore de nouveaux chantiers. Un rapport cité dans le débat public évalue à environ 27 % la part du Texas dans les gigawatts de centres de données planifiés aux États-Unis, avec des moratoires susceptibles de toucher près de 45 % de l'expansion prévue. Ce basculement politique rebat les cartes des anticipations de taux, un canal clé pour l'or.
Pourquoi la baisse des taux réels compte plus que l'inflation pour l'or
L'analyste indépendant Valentin Aufrand rappelle qu'une accélération de l'inflation n'est pas automatiquement favorable à l'or : quand elle pousse les taux réels à la hausse, les obligations redeviennent plus attractives qu'un métal sans rendement. C'est ce qui s'est produit depuis le début de l'année, avec des rendements réels américains à 10 ans passés d'environ 1,80 % à près de 3 % début octobre 2026, leur plus haut niveau depuis 2008, après une première hausse des taux de la Fed en septembre.
La correction d'environ 25 % de l'or depuis ses records du début d'année s'expliquerait essentiellement par ce durcissement monétaire. L'affaiblissement politique de l'administration Trump, moins de marge de manœuvre au Congrès, une coalition bipartisane capable de contrer un veto présidentiel, pourrait réduire les anticipations inflationnistes les plus agressives. Les marchés tablaient fin octobre sur quatre nouvelles hausses de taux de la Fed d'ici fin 2027 : une révision de ce scénario ferait mécaniquement baisser les taux réels et redonnerait de l'air à l'once.
Les seuils à 4200, 4600 et 5000 dollars restent à confirmer
Le rebond de l'or s'est accéléré depuis les élections, avec un bond d'environ 5 % de l'once en deux jours. Mais le signal haussier majeur n'est pas encore acquis. Le franchissement du sommet récent, vers 4200 dollars l'once, constituerait un premier indice crédible de retournement, ouvrant la voie vers 4600 puis 5000 dollars à moyen terme. Ces niveaux restent des hypothèses de travail, et notre relevé du jour, à 3638,2 euros l'once, rappelle que la conversion en devise locale dépend aussi du dollar, dont l'indice progresse légèrement ce matin à 101,91 points.
Ce qui pourrait invalider ce scénario haussier
La prudence reste de mise. Le pétrole WTI chute de 6,89 % sur 24 heures à 89,81 dollars le baril, un repli qui allégerait les pressions sur les prix à la pompe et l'inflation importée. Mais rien n'indique qu'un accord avec l'Iran soit sur la table : Téhéran resterait sur une ligne dure. Du côté de la Fed, la présidente de la succursale de Cleveland, Beth Hammack, a plaidé jeudi pour une trajectoire progressive de hausse des taux afin de contenir l'inflation, contredisant l'idée d'un pivot rapide. Si l'inflation américaine, à 3,8 % en zone euro selon l'indice harmonisé d'octobre 2026, continue de se diffuser via l'énergie, le scénario d'une détente durable des taux réels perdrait de sa force.
Un contexte français qui pousse aussi vers la diversification
L'OAT à 10 ans française évolue à 4,77 % ce 6 novembre, niveau qui traduit la nervosité des investisseurs sur la trajectoire budgétaire du pays, avec une dette publique estimée à 120 % du PIB et une croissance négative de 0,1 % au troisième trimestre 2026. Le chômage se maintient à 8,5 % de la population active en septembre 2026. Dans ce climat, la volatilité des marchés actions américains, couplée à des taux obligataires français élevés, nourrit la réflexion de nombreux épargnants sur la part de métaux physiques, or et argent, à intégrer dans une allocation qui ne dépende pas uniquement des arbitrages de Wall Street.
Sources : BDOR
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