L''EUR/USD sous pression à 1,1645, le dollar se renforce avant les NFP de mai,
Le dollar monte à 99,03, l'EUR/USD recule à 1,1645. NFP, ISM et BCE au programme : ce que les cambistes anticipent cette semaine.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Le dollar reprend la main sur fond de macro américaine
- Une semaine décisive pour les données américaines
- La Fed pourrait viser une hausse de 25 points de base
- Euro : l'enquête BCE sur l'inflation en ligne de mire
- Livre sterling : Bailey calme le jeu
- Europe centrale et orientale : prudence en début de mois
- Analyse technique : l'EUR/USD cherche une direction
- Protéger son épargne face aux turbulences monétaires avec l'or et l'argent physiques
En bref
L'EUR/USD recule à 1,1645 lors de la session asiatique de lundi, sous l'effet d'un dollar en légère hausse, le DXY atteignant 99,03.
Une semaine chargée en indicateurs américains : JOLTS, ADP, ISM et NFP de mai, attendus à +90 000 créations d'emplois avec un chômage stable à 4,3 %.
Les marchés pourraient intégrer une hausse complète de 25 pb de la Fed si les données emploi et inflation confirment la tendance.
La BCE publie son enquête sur les anticipations d'inflation : une hausse pourrait valider deux relèvements en 2026.
Andrew Bailey a ramené les anticipations de resserrement de la Banque d'Angleterre à 33 pb, contre plus de 80 pb précédemment.
Techniquement, l'EUR/USD teste la EMA 20 jours à 1,1646 avec un RSI en recul à 47, seuil de support à 1,1599.
Le dollar reprend la main sur fond de macro américaine
La paire EUR/USD entame la semaine sous pression, s'échangeant autour de 1,1645 lors de la session asiatique de lundi. L'indice du dollar (DXY) progresse légèrement à 99,03, porté par des anticipations favorables sur les prochaines publications économiques américaines.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient semblent peser moins sur les marchés des changes. Les négociations de paix entre Washington et Téhéran se poursuivent malgré des échanges de tirs limités, sans répercussion notable sur les marchés de l'énergie ou des devises. La volatilité implicite à un mois sur les paires G7 est retombée à ses plus bas depuis l'été 2024, signe que la géopolitique devrait occuper un rôle secondaire dans les prochaines semaines.
Une semaine décisive pour les données américaines
Le calendrier économique américain concentre l'attention des cambistes. Mardi, les chiffres JOLTS des offres d'emploi d'avril seront publiés. Mercredi, les données ADP de mai et le Livre beige de la Fed apporteront des indications sur l'état du marché du travail dans les 12 districts de la banque centrale. Jeudi, les données Challenger sur les licenciements précèdent l'événement majeur : les chiffres de l'emploi non agricole (NFP) de mai, attendus vendredi avec une hausse estimée à 90 000 créations de postes et un taux de chômage stable à 4,3 %.
Les enquêtes ISM constituent un second point d'attention. L'indice manufacturier publié ce lundi et l'indice des services mercredi fourniront des données sur les carnets de commandes et les intentions de prix des entreprises américaines.
La Fed pourrait viser une hausse de 25 points de base
Si l'emploi se maintient et que les pressions inflationnistes ressortent élevées dans les enquêtes ISM, les marchés pourraient intégrer un resserrement complet de 25 pb de la Réserve fédérale d'ici fin 2026, contre seulement 17 pb actuellement anticipés. Cette semaine, les prises de parole des membres les plus restrictifs de la Fed, Neel Kashkari, Beth Hammack et Lorie Logan, succèdent aux propos accommodants de Michelle Bowman la semaine passée.
Le DXY devrait trouver un soutien solide dans la zone 98,75/99,00 et tenter de repasser la barre des 99,50. Les devises à faible rendement comme le yen japonais (JPY) et le franc suisse (CHF) restent les plus exposées à un renforcement du billet vert. La paire USD/JPY semble orientée vers 162, à moins d'une surprise monétaire de la Banque du Japon.
Euro : l'enquête BCE sur l'inflation en ligne de mire
À 10h00 CET, la BCE publie son enquête mensuelle sur les anticipations d'inflation des consommateurs. Les anticipations à trois ans avaient bondi à 3,00 % en mars. Une nouvelle hausse renforcerait l'hypothèse de deux relèvements de taux de la BCE en 2026, probablement en juin et en septembre, au-delà des 44 pb actuellement intégrés par les marchés.
Une remontée des taux courts en euros soutiendrait légèrement la monnaie unique. La zone 1,1660/1,1685 représente la résistance immédiate pour l'EUR/USD, dont le potentiel de hausse vers 1,18 reste conditionné à une issue formelle dans les négociations américano-iraniennes.
Livre sterling : Bailey calme le jeu
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a nettement recentré les attentes de marché. Les anticipations de resserrement monétaire sont passées de plus de 80 pb à seulement 33 pb. La baisse des prix du pétrole a également contribué à ce recalibrage. Vendredi, Bailey a affirmé que la banque centrale pouvait tolérer un dépassement temporaire de la cible d'inflation à condition qu'aucun effet de second tour ne se confirme.
Ce repositionnement n'a pas pénalisé de façon marquée la livre sterling (GBP). La paire GBP/USD devrait rester contenue autour de 1,3500, tandis que le support EUR/GBP tient à 0,8610/0,8620.
Europe centrale et orientale : prudence en début de mois
Les devises d'Europe centrale et orientale abordent juin avec un agenda chargé. Les PMI de mai sont attendus ce lundi. La Banque nationale de Pologne se réunit mardi, les taux devant rester inchangés à 3,75 %, confirmés par une inflation à 3,1 % en avril, inférieure aux attentes.
La République tchèque publiera jeudi ses chiffres d'inflation de mai, attendus à 2,3 % en glissement annuel contre 2,5 % précédemment. En Turquie, l'inflation est attendue vendredi à 32,0 % en glissement annuel, légèrement en recul par rapport aux 32,4 % précédents.
La paire EUR/HUF a brièvement testé 354, son plus bas en quatre ans, après l'annonce du déblocage de fonds européens pour Budapest. L'objectif de mi-année reste fixé à 350, mais tout gain supplémentaire du forint sera progressif compte tenu des positions longues déjà importantes.
Analyse technique : l'EUR/USD cherche une direction
Sur le plan graphique, la paire EUR/USD évolue légèrement sous la EMA 20 jours à 1,1646, qui constitue la première résistance à surveiller. Le seuil de la limite ascendante du triangle symétrique se situe à 1,1599.
Le RSI (14) a glissé à environ 47, indiquant un essoufflement de la dynamique haussière au profit d'une consolidation orientée à la baisse. Un passage durable sous 1,1599 ouvrirait la voie vers 1,1500. À la hausse, la résistance suivante se positionne à 1,1719.
Selon notre expert : L'or résiste à la pression d'un billet vert plus fort tandis que les marchés mondiaux attendent les chiffres de l'emploi américain pour ajuster leurs positions.
Protéger son épargne face aux turbulences monétaires avec l'or et l'argent physiques
Dans un contexte de divergence monétaire entre la Fed, la BCE et la Banque d'Angleterre, la détention d'actifs tangibles comme les lingots d'or et d'argent ou les pièces d'or représente une stratégie de protection du patrimoine face aux aléas des marchés des changes. La débancarisation partielle via les métaux physiques permet de s'affranchir des risques liés aux politiques monétaires des grandes banques centrales et de sécuriser une épargne exposée à la volatilité du dollar.
Sources : BDOR
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