Le cours de l'argent chute sous 72,50 dollars après les frappes américaines en Iran et la poussée du dollar
L’argent chute après des frappes américaines en Iran. Dollar, pétrole et Fed fragilisent désormais le marché.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le cours de l’argent recule vers 72,30 dollars, un plus bas inédit depuis le début mai.
Les frappes américaines en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz renforcent le dollar.
Les marchés attendent les chiffres de l’inflation PCE aux États-Unis, suivis de près par la Réserve fédérale.
Les indicateurs techniques restent orientés à la baisse sous les moyennes mobiles majeures.
Les seuils de 71,22 dollars puis 70 dollars concentrent désormais l’attention des opérateurs.
L’ambiance a changé brutalement sur le marché des métaux industriels et monétaires. Après plusieurs semaines de résistance relativement solide, le cours de l’argent s’est nettement replié jeudi matin en Europe, glissant vers 72,30 dollars. Le mouvement n’a rien d’anodin. Ce niveau n’avait plus été observé depuis le 6 mai.
À première lecture, le réflexe paraît paradoxal. Le Moyen-Orient se tend à nouveau, les frappes américaines contre des positions iraniennes se multiplient, le détroit d’Ormuz reste au centre des inquiétudes énergétiques mondiales… et pourtant, l’argent baisse. Beaucoup d’investisseurs attendaient un réflexe haussier classique des actifs refuges. Le marché a choisi une autre direction.
Le dollar reprend la main face à l’argent
Selon Reuters, l’armée américaine a mené de nouvelles opérations militaires durant la nuit contre un site iranien, tout en abattant plusieurs drones à proximité du détroit d’Ormuz. Immédiatement, le pétrole est reparti à la hausse. Et avec lui, le dollar américain.
C’est précisément ce qui fragilise aujourd’hui l’argent. Car un billet vert plus fort réduit mécaniquement l’attractivité des matières premières libellées en dollars pour les acheteurs étrangers. Le marché réagit moins à la peur géopolitique qu’aux conséquences monétaires de cette peur. Nuance importante.
La situation devient même inconfortable pour les métaux. Le pétrole grimpe. Les anticipations d’inflation remontent. Les rendements obligataires américains restent élevés. Et la Réserve fédérale pourrait maintenir des taux restrictifs plus longtemps que prévu.
Le marché attend désormais les chiffres de l’inflation PCE américaine. Cet indicateur, particulièrement surveillé par la Fed, pourrait modifier rapidement les anticipations de politique monétaire.
Le consensus table actuellement sur une hausse annuelle de 3,8 % pour l’indice PCE global en avril, contre 3,5 % précédemment. L’indice cœur, hors alimentation et énergie, serait attendu à 3,3 %.
Une inflation plus forte compliquerait sérieusement l’hypothèse d’un assouplissement monétaire rapide aux États-Unis. Et dans ce cas, l’argent risquerait encore de souffrir.
Une configuration technique devenue fragile
Les graphiques racontent eux aussi une histoire moins rassurante qu’il y a quelques semaines.
Le métal évolue désormais sous sa moyenne mobile à 100 jours. Ce seuil reste très observé par les opérateurs institutionnels. Tant que les prix demeurent sous cette zone, le biais vendeur conserve l’avantage.
Le RSI quotidien reste également sous la zone neutre. À 41,76, il traduit une pression baissière persistante, sans phase claire de reprise.
Sur le plan technique, plusieurs niveaux concentrent désormais l’attention du marché :
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Première résistance autour de 77,95 dollars
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Second obstacle vers 78,83 dollars
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Zone majeure de retournement proche de 81,30 dollars
À l’inverse, les supports deviennent particulièrement sensibles :
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Premier seuil à 71,22 dollars
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Niveau psychologique des 70 dollars
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Bande basse de Bollinger proche de 69 dollars
RSI=100−1001+RSRSI = 100 - frac{100}{1+RS}
Une cassure sous cette zone ouvrirait un territoire beaucoup plus instable graphiquement. Les acheteurs le savent. Les vendeurs aussi.
Selon notre expert : Les banques centrales achètent de l’or à un rythme inédit pendant que les investisseurs particuliers restent encore largement absents du marché.
L’argent reste pris entre industrie, taux et géopolitique
L’argent traverse toujours une zone ambiguë. Contrairement à l’or, il ne bénéficie pas exclusivement d’un statut refuge. Une partie importante de sa valorisation dépend également de la demande industrielle, notamment dans les secteurs photovoltaïques et technologiques.
Quand les marchés redoutent un ralentissement économique ou une politique monétaire trop restrictive, l’argent devient vulnérable. C’est exactement ce qui se produit actuellement.
La réaction des investisseurs reste nerveuse, presque contradictoire. La géopolitique pousse théoriquement vers les actifs tangibles. Mais les taux américains élevés et la force du dollar reprennent, pour le moment, le contrôle du marché.
Face à cette instabilité financière et monétaire, certains épargnants continuent de renforcer leur exposition aux actifs physiques hors système bancaire traditionnel. Les lingots d’or, lingots d’argent ou encore les pièces d’or conservent une place particulière dans les stratégies patrimoniales orientées vers la sécurisation de l’épargne et la réduction du risque bancaire. Cette logique de détention directe séduit davantage lorsque les tensions géopolitiques, les déficits publics et les politiques monétaires deviennent plus difficiles à anticiper.
Sources : BDOR
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