Benoît Hamon veut réunir toute la gauche derrière un seul nom pour bouleverser la présidentielle
Benoit Hamon réclame une union de toute la gauche pour 2027 : incertitude politique, marchés financiers et repli vers les valeurs refuges.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Benoit Hamon appelle à une union de toute la gauche, LFI incluse, pour la présidentielle
Sa position tranche avec celle d'une partie du Parti socialiste qui exclut toute alliance avec LFI
Les marchés financiers surveillent traditionnellement l'incertitude politique via les taux souverains
L'écart de taux entre la France et l'Allemagne reste un indicateur suivi par l'Agence France Trésor
Face à l'incertitude, certains épargnants renforcent leurs positions en métaux précieux physiques
Une sortie qui relance le débat sur l'unité de la gauche
Benoit Hamon, ancien candidat à la présidentielle de 2017, a repris la parole sur un sujet qui traverse la gauche française depuis des années : l'unité des forces progressistes face à une droite et une extrême droite qui progressent scrutin après scrutin. Dans des propos largement relayés, l'ex-candidat martèle une conviction simple : « Si la gauche n'est pas unie, elle ne gagne pas », « s'il n'y a pas toute la gauche, ça ne gagne pas ». Une formule répétée à dessein, presque un slogan de campagne, qui tranche avec la ligne défendue par une partie de ses anciens camarades socialistes.
Contrairement à plusieurs cadres du Parti socialiste qui excluent catégoriquement toute alliance avec La France insoumise, Benoit Hamon assume une position plus inclusive. Il ne fixe aucune frontière idéologique et considère que toute stratégie laissant une composante de la union de la gauche hors du jeu électoral condamnerait la coalition à l'échec avant même le premier tour. Le message, limpide sur le papier, se heurte pourtant à des années de fractures internes, sur l'Europe, l'énergie ou l'immigration, qui rendent l'exercice périlleux à l'approche de 2027.
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Pourquoi la fragmentation politique inquiète aussi les marchés financiers
Les échéances présidentielles ne se limitent pas aux urnes. Elles pèsent sur les anticipations économiques, donc sur les marchés obligataires et actions. Une gauche fragmentée, ou au contraire soudainement réunifiée, modifie la lecture que font les investisseurs institutionnels du risque politique français. Les taux d'intérêt sur la dette souveraine à dix ans, suivis par l'Agence France Trésor, restent un baromètre utile : leur écart avec le taux allemand, référence de stabilité en zone euro, tend historiquement à se creuser lorsque l'incertitude électorale progresse.
Ce phénomène n'est pas propre à la France. Partout en zone euro, les grandes institutions financières scrutent la capacité des pays à former des majorités stables capables de voter des budgets et de tenir leurs engagements européens. Une union de la gauche, si elle se concrétisait d'ici 2027, changerait la donne électorale et, par extension, la perception qu'ont les créanciers internationaux de la trajectoire budgétaire française, un sujet suivi de près par la Banque de France dans ses publications de conjoncture.
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Face à l'incertitude électorale, les valeurs refuges reprennent de l'intérêt
Dans ce climat où chaque déclaration politique peut faire bouger les anticipations, une partie des épargnants cherche à se protéger d'éventuels soubresauts électoraux. Les investissements alternatifs, à l'écart du système bancaire traditionnel, retrouvent une place légitime dans les stratégies patrimoniales des ménages les plus prudents. Les métaux précieux, sous forme de lingots d'or et d'argent, ainsi que les pièces d'or, constituent depuis longtemps des outils de débancarisation permettant de sécuriser une partie de son épargne indépendamment des aléas politiques, des décisions budgétaires ou des revirements monétaires décidés à Paris comme à Francfort.
Cette logique patrimoniale n'a rien de nouveau, mais elle retrouve une actualité particulière chaque fois qu'une échéance électorale majeure se profile. Détenir une part de son patrimoine hors circuit bancaire classique, sous forme physique et transportable, reste perçu par de nombreux épargnants comme une manière concrète de limiter leur exposition aux décisions institutionnelles, fiscales, budgétaires ou monétaires. Certains y voient également une protection contre une éventuelle instabilité gouvernementale prolongée, un scénario que la France a déjà connu à plusieurs reprises depuis 2022.
Ce que cette séquence politique annonce avant 2027
Rien n'indique à ce stade qu'une union formelle de la gauche verra le jour d'ici la prochaine présidentielle. Les postures actuelles, y compris celle de Benoit Hamon, relèvent davantage de l'appel du pied que d'une négociation réellement entamée entre les états-majors concernés. Les blessures laissées par les précédents scrutins, notamment autour de la coalition de 2022, restent vives et compliquent toute reconstruction rapide d'une alliance homogène.
Le calendrier électoral impose pourtant déjà son rythme aux formations politiques, et les marchés, eux, commencent toujours leurs arbitrages bien avant que les urnes ne tranchent. Les prochains mois diront si l'appel de Benoit Hamon trouve un écho au-delà des cercles militants, ou s'il s'ajoute à la longue liste des tentatives d'union restées sans suite depuis 2017.
Sources : BDOR - Agence France-Presse (AFP) - Agence France Trésor - Banque de France
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