Le cours de l'or peine à prolonger sa reprise depuis son plus bas niveau de l'année et reste sous la barre des 4 100 $
L’or rebondit timidement malgré un dollar fragilisé. Inflation américaine, Fed et crise iranienne compliquent son retour vers les sommets.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le cours de l'or tente de rebondir après avoir touché son plus bas niveau depuis novembre 2025.
L’inflation américaine a atteint 4,2 % sur un an en mai, son plus haut niveau depuis trois ans.
Les marchés anticipent désormais une probabilité élevée de hausse de taux de la Réserve fédérale cette année.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran entretiennent la hausse du pétrole et les craintes inflationnistes.
Malgré quelques soutiens favorables, la tendance de fond de l’or reste fragilisée sur le plan technique.
L’or retrouve un peu d’air mais reste coincé sous les résistances
Après plusieurs semaines difficiles, le cours de l'or tente de relever la tête. Le rebond observé jeudi intervient après un nouveau point bas annuel atteint durant les échanges asiatiques, un niveau qui n’avait plus été observé depuis novembre 2025.
La reprise existe. Elle reste pourtant limitée.
Le dollar américain a perdu une partie de son élan après la publication des chiffres de l’inflation américaine. Les investisseurs redoutaient une accélération encore plus marquée des prix. Le résultat s’est révélé plus nuancé, offrant un léger soutien au métal.
Le marché n’a toutefois pas trouvé de véritable catalyseur capable d’alimenter un mouvement de hausse durable. Chaque tentative de rebond semble rapidement rencontrer des vendeurs.
Une inflation toujours élevée complique la tâche
Les chiffres publiés par le Département du Travail américain ont rappelé une réalité que beaucoup espéraient voir disparaître plus rapidement.
L’inflation globale a progressé à 4,2 % sur un an en mai contre 3,8 % en avril. Il s'agit du niveau le plus élevé enregistré depuis plus de trois ans.
La principale responsable porte un nom bien identifié : l'énergie.
Les coûts énergétiques ont bondi de 23,5 % sur un an, alimentant la hausse générale des prix. Le pétrole s'est rapidement retrouvé au centre des préoccupations économiques.
À l’inverse, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a ralenti. Elle ressort à 0,2 % sur un mois contre 0,4 % précédemment. Une évolution appréciée par les marchés mais insuffisante pour effacer les inquiétudes liées au retour des tensions inflationnistes.
L’Iran et le détroit d’Ormuz remettent le pétrole au cœur du jeu
L’autre facteur déterminant provient du Moyen-Orient.
Les tensions entre Washington et Téhéran ont franchi un nouveau cap après les frappes américaines menées contre plusieurs cibles iraniennes. En réaction, les autorités iraniennes ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part considérable du commerce mondial de pétrole.
Les menaces de représailles militaires ont immédiatement fait remonter les cours pétroliers après leur récente phase de repli.
Cette situation crée un paradoxe intéressant pour l’or.
Habituellement, les crises géopolitiques favorisent les actifs refuges. Pourtant, lorsque ces tensions provoquent une flambée de l'énergie et alimentent l'inflation, elles renforcent aussi les arguments en faveur de taux d'intérêt plus élevés. L'effet positif sur l'or est alors partiellement neutralisé.
La Fed reste au centre des préoccupations
C’est probablement le point le plus sensible pour les investisseurs.
Les opérateurs de marché estiment désormais qu’une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale reste une hypothèse crédible cette année. Certaines estimations de marché attribuent près de 70 % de probabilité à un nouveau tour de vis monétaire.
Des taux plus élevés soutiennent généralement les rendements obligataires américains et renforcent le dollar. Deux éléments rarement favorables à l’or, qui ne distribue ni coupon ni dividende.
Le marché attend désormais les prochains chiffres des prix à la production (PPI) afin d'affiner ses anticipations concernant la trajectoire monétaire américaine.
Une configuration technique encore fragile
Le tableau graphique n'inspire pas encore un retour de l'optimisme.
La cassure récente de la moyenne mobile à 200 jours a nettement détérioré la structure de long terme. Les indicateurs de tendance restent orientés à la baisse et témoignent d'une pression vendeuse persistante.
Quelques éléments invitent malgré tout à la prudence avant d'annoncer une nouvelle chute brutale. Les indicateurs de survente montrent que le marché pourrait avoir exagéré la vitesse du mouvement baissier.
Autrement dit, un rebond technique reste possible.
Pour autant, tant que les principales résistances ne sont pas reconquises, les acheteurs auront du mal à reprendre la main durablement. À ce stade, chaque reprise ressemble davantage à une respiration qu'à un véritable changement de tendance.
Sources : BDOR
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