Le Dollar Index marque une pause après son pic de juillet : la Fed Warsh garde la main haute
Le Dollar Index recule après un pic de fin juillet, tandis que la Fed de Kevin Warsh maintient un discours ferme face à l'inflation.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Le billet vert souffle après avoir frôlé ses sommets de fin juillet
- Kevin Warsh muscle le discours de la Fed sur l'inflation
- Le Moyen-Orient attise la prime de risque sur le dollar
- Configuration technique : le dollar vise de nouveaux sommets
- Métaux précieux, une valeur refuge face aux soubresauts monétaires
En bref
Le Dollar Index recule légèrement après avoir touché un sommet depuis fin juillet, tout en restant au-dessus du seuil des 100 points
La Fed a relevé ses taux de 25 points de base à l'unanimité, avec un dot plot suggérant une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année
Les tensions entre l'Arabie saoudite et les rebelles Houthis, ainsi que les propos de Donald Trump sur l'Iran, alimentent une prime de risque géopolitique
Sur le plan technique, l'indice évolue au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 100 jours, avec une résistance identifiée vers 100,56 points
L'once d'or et l'once d'argent conservent leur statut de valeurs refuges face à la volatilité des devises et des taux
Le billet vert souffle après avoir frôlé ses sommets de fin juillet
Le Dollar Index (DXY), qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de six devises majeures, a légèrement reculé ce jeudi après avoir touché son plus haut niveau depuis fin juillet. Selon les données consultées par BDOR, l'indice évolue désormais à 100,12 points, en progression de 0,66 % sur vingt-quatre heures, confirmant sa capacité à se maintenir au-dessus du seuil psychologique des 100 points malgré quelques prises de bénéfices en séance.
Le repli des rendements obligataires américains explique en partie ce mouvement. Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a recentré son discours sur la maîtrise de l'inflation, apaisant temporairement la vente massive observée sur le marché obligataire. Les investisseurs ont profité de cette accalmie pour solder une partie de leurs positions haussières sur le dollar, sans pour autant remettre en cause la tendance de fond. Les tensions persistantes au Moyen-Orient et le ton résolument restrictif de la banque centrale américaine continuent d'offrir un socle solide à la devise, limitant l'ampleur de la correction.
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Kevin Warsh muscle le discours de la Fed sur l'inflation
La Réserve fédérale a relevé ses taux directeurs de 25 points de base à l'unanimité lors de sa réunion de politique monétaire de septembre, un geste inédit depuis plusieurs années. Le fameux dot plot, cette cartographie des anticipations individuelles des membres du comité, laisse entrevoir une hausse supplémentaire d'ici la fin de l'année. Cette perspective, alimentée par les craintes inflationnistes liées à la flambée du pétrole, alimente les anticipations de resserrement monétaire et soutient mécaniquement la devise américaine face à ses rivales.
Les analystes de Danske Bank résument la situation sans détour : la Fed a livré une hausse de 25 points de base avec un soutien unanime, tandis que les projections actualisées se sont révélées légèrement plus restrictives qu'attendu. Kevin Warsh continuerait pourtant de considérer la politique monétaire comme accommodante pour la croissance, une lecture qui interroge quand les taux progressent. Cette dissonance entre discours rassurant et actes fermes traduit un exercice d'équilibriste délicat, où la banque centrale cherche à calmer les marchés obligataires sans renoncer à sa fermeté face aux pressions sur les prix.
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Le Moyen-Orient attise la prime de risque sur le dollar
Les rebelles Houthis soutenus par l'Iran affirment que l'aviation saoudienne a mené plus de 450 frappes aériennes au Yémen au cours de la semaine écoulée. Le président américain Donald Trump a de son côté laissé entendre que Téhéran chercherait un accord et que le conflit approcherait de son dénouement. Ces déclarations contradictoires nourrissent une incertitude persistante sur les marchés, où chaque rumeur de désescalade ou d'escalade se répercute immédiatement sur les cours des devises et des matières premières.
L'intensification des combats entre les forces saoudiennes et le groupe Houthi maintient une prime de risque géopolitique bien réelle, favorable aux positions acheteuses sur le dollar. Le baril de pétrole WTI, coté à 100,76 dollars selon les derniers relevés BDOR, illustre cette nervosité ambiante et alimente par ricochet les craintes inflationnistes qui justifient le maintien d'une politique monétaire restrictive outre-Atlantique. Les investisseurs surveilleront ce jeudi la publication de l'indice manufacturier de Philadelphie, les inscriptions hebdomadaires au chômage et les statistiques du marché immobilier, autant d'indicateurs susceptibles de redessiner la trajectoire du billet vert à court terme.
Configuration technique : le dollar vise de nouveaux sommets
Le Dollar Index conserve une orientation haussière depuis sa cassure au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 100 jours, positionnée à 99,67 points. Le cours teste actuellement le niveau de retracement de Fibonacci à 50 %, situé à 100,18 points. Un repli sous ce seuil ouvrirait la voie vers le retracement à 38,2 %, à 99,79 points, puis vers la zone de demande formée par la moyenne mobile à 100 périodes et le retracement à 23,6 %, autour de 99,32 points, avant un plancher structurel à 98,55 points.
Résistances à surveiller
À la hausse, la configuration technique reste favorable à un mouvement vers le retracement de 61,8 %, fixé à 100,56 points, avec des résistances suivantes à 101,11 puis au sommet précédent à 101,80 points. Ce scénario reste conditionné à la confirmation des indicateurs macroéconomiques attendus dans les prochains jours et à l'évolution du dossier moyen-oriental.
Métaux précieux, une valeur refuge face aux soubresauts monétaires
Cette volatilité sur les devises et les taux d'intérêt rappelle l'intérêt de diversifier une épargne trop concentrée sur les actifs bancaires classiques. Les métaux précieux conservent une place de choix dans cette stratégie de diversification, à l'image de l'once d'or qui s'échangeait à 3752,7 euros ce jeudi selon BDOR, ou de l'once d'argent, cotée à 55,51 euros sur la même période.
Les lingots d'or, les pièces d'or et les produits d'investissement en argent physique permettent aux épargnants de sortir partiellement du système bancaire traditionnel et de sécuriser une partie de leur patrimoine contre les soubresauts des marchés des changes. Cette logique de débancarisation séduit un nombre croissant de particuliers, soucieux de détenir un actif tangible, non soumis aux décisions des banques centrales ni aux aléas géopolitiques qui agitent actuellement les marchés obligataires et les devises.
Sources : BDOR - Réserve fédérale des États-Unis (Fed) - Danske Bank - Eurostat
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