Le gouverneur de la Banque de France alerte : Faut-il alléger les règles pour les banques européennes ?
Face à la dérégulation bancaire de Trump, Villeroy propose d’assouplir les règles en Europe pour rétablir l’équilibre concurrentiel.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Villeroy veut desserrer la vis bancaire en Europe face à la dérégulation Trump
- Des normes jugées trop lourdes pour les banques européennes
- Une capitalisation jugée suffisante par les stress tests
- Supprimer les coussins superflus pour alléger la charge
- Bruxelles reste prudente malgré les appels
- Vers des investissements alternatifs plus sûrs ?
En bref
François Villeroy de Galhau appelle à alléger certaines normes prudentielles imposées aux banques européennes.
Le gouverneur de la Banque de France souhaite supprimer des coussins de fonds propres jugés inutiles.
Il répond à la politique de déréglementation engagée par Donald Trump aux États-Unis, qui désavantage les établissements européens.
Des propositions seront soumises à Bruxelles en décembre, sans grandes attentes côté bancaire.
L’enjeu : permettre aux banques européennes de rester compétitives sans fragiliser la stabilité financière.
Villeroy veut desserrer la vis bancaire en Europe face à la dérégulation Trump
Alors que les États-Unis accélèrent la dérégulation de leur secteur bancaire sous l’impulsion de Donald Trump, la Banque de France cherche à rééquilibrer les règles du jeu. François Villeroy de Galhau, gouverneur de l’institution, plaide pour une révision en profondeur des exigences de fonds propres imposées aux banques européennes. Une riposte directe aux avantages concurrentiels désormais accordés aux établissements américains.
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Des normes jugées trop lourdes pour les banques européennes
Intervenant mardi 25 novembre devant l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), Villeroy de Galhau a reconnu la densité du cadre réglementaire européen. Bien qu’il refuse une logique de déréglementation systématique, il insiste sur la nécessité d’en finir avec certains excès.
Le gouverneur évoque des normes devenues inadaptées à un environnement bancaire qui évolue rapidement, notamment depuis que les États-Unis ont allégé plusieurs contraintes depuis le retour de Trump sur la scène politique. L’écart réglementaire s’élargit, au risque d’handicaper lourdement la compétitivité des acteurs européens.
Une capitalisation jugée suffisante par les stress tests
L’argument central de Villeroy repose sur les résultats des stress tests publiés le 1er août 2025. Selon ces simulations, les banques européennes présentent une solidité suffisante, tant à l’échelle individuelle que collective. Il considère donc inutile d’imposer davantage de restrictions, surtout face à des concurrents américains libérés de plusieurs obligations prudentielles.
Supprimer les coussins superflus pour alléger la charge
Parmi les propositions phares avancées : la suppression du coussin pour le risque systémique (SyRB), un mécanisme propre à l’Europe qui n’a pas d’équivalent aux États-Unis. D’autres pistes évoquées incluent la fusion ou la suppression de différents coussins de capital, jugés redondants ou contre-productifs.
Le gouverneur cite également la révision des seuils MREL (Minimum Requirement for own funds and Eligible Liabilities) et du levier bancaire, ainsi qu’une meilleure articulation avec le standard international TLAC (Total Loss-Absorbing Capacity). Ces mesures viseraient à renforcer la cohérence réglementaire tout en réduisant les charges pesant sur les banques.
Bruxelles reste prudente malgré les appels
Les recommandations de François Villeroy de Galhau seront transmises à la Commission européenne en décembre. Mais les attentes restent mesurées. Selon Bloomberg, les établissements bancaires anticipent peu de changement concret. La Commission pourrait se contenter d’ajustements marginaux, loin du bouleversement réglementaire observé outre-Atlantique.
Cette prudence européenne s’inscrit dans une logique de stabilité du système financier, mais elle expose les banques du Vieux Continent à un désavantage structurel.
Selon notre expert : Les tensions entre assouplissement réglementaire et stabilité financière posent la question : votre argent est-il vraiment en sécurité dans les banques ?
Vers des investissements alternatifs plus sûrs ?
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