Près d’un an après l’appel de François Villeroy de Galhau, déficit, dette et faible croissance maintiennent les finances françaises en zone de risque.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
En septembre 2025, François Villeroy de Galhau défendait une contribution temporaire des plus grandes fortunes.
Près de dix mois plus tard, le déficit public a reculé, mais reste très éloigné de la cible européenne de 3 % du PIB.
La dette publique atteignait 115,7 % du PIB à la fin de 2025 et devrait encore progresser.
La hausse des prélèvements a davantage contribué au redressement que la baisse des dépenses.
La faible croissance limite toujours la marge budgétaire du gouvernement.
Près d’un an a passé et le diagnostic conserve une actualité embarrassante. En septembre 2025, François Villeroy de Galhau, alors gouverneur de la Banque de France, estimait que la France ne pouvait plus différer le redressement de ses comptes. Il défendait une contribution exceptionnelle des hauts patrimoines, associée à un ralentissement des dépenses publiques.
Dix mois plus tard, les chiffres montrent une amélioration réelle, mais insuffisante. Le déficit public est revenu de 5,8 % du PIB en 2024 à 5,1 % en 2025, soit 152,5 milliards d’euros. L’objectif de 3 % reste lointain. La dette a parallèlement progressé à 115,7 % du PIB, contre 112,6 % un an auparavant. Le pays a donc réduit son déficit tout en continuant à accumuler de la dette. Le paradoxe résume assez bien la difficulté française.
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À l’automne 2025, François Villeroy de Galhau proposait de faire reposer environ trois quarts de l’effort sur les dépenses publiques et jusqu’à un quart sur des mesures fiscales. Les classes moyennes et les PME devaient être préservées, tandis que les patrimoines les plus élevés auraient supporté une contribution ciblée et temporaire.
Le bilan de 2025 raconte pourtant une histoire légèrement différente. Les dépenses publiques ont ralenti, avec une hausse de 2,5 % après 4 % en 2024. Leur poids dans l’économie a malgré tout atteint 57,2 % du PIB. Les recettes ont progressé de 3,9 %, soutenues par de nouvelles mesures fiscales, tandis que le taux de prélèvements obligatoires est remonté de 42,8 % à 43,6 % du PIB.
Autrement dit, le premier mouvement de correction est venu davantage des recettes que d’une transformation profonde de la dépense publique. Ce choix était probablement le plus rapide. Il n’est pas forcément le plus solide. Augmenter ponctuellement les prélèvements produit des ressources immédiates, mais ne corrige pas les mécanismes qui font croître les dépenses année après année.
François Villeroy de Galhau ne soutenait pas sans réserve la taxe proposée par Gabriel Zucman. Il rejetait l’idée d’un impôt providentiel capable de combler à lui seul le déficit français. Son approche visait plutôt les stratégies d’optimisation fiscale des plus hauts patrimoines, avec des mesures limitées dans le temps et compatibles avec la compétitivité du pays.
Près d’un an après, le débat reste entier. Demander un effort aux contribuables les plus fortunés peut renforcer l’acceptabilité sociale du redressement. Les recettes attendues restent pourtant trop faibles pour résoudre une dérive budgétaire de plus de 150 milliards d’euros par an.
Le problème n’oppose donc pas simplement les partisans de l’impôt aux défenseurs de la baisse des dépenses. Il porte sur le rythme, la répartition et la crédibilité de l’effort. Une fiscalité ciblée peut participer au redressement. Elle ne remplace pas une revue précise des dépenses, des aides publiques et des doublons administratifs.
La conjoncture s’est aussi dégradée. En septembre 2025, la Banque de France tablait encore sur une croissance de 0,9 % en 2026. Ses projections de juin 2026 ne retiennent plus que 0,5 %, après un recul de l’activité de 0,1 % au premier trimestre.
L’institution estime désormais que le déficit pourrait légèrement se creuser en 2026 en l’absence de mesures nouvelles. La dette se rapprocherait de 122 % du PIB à la fin de 2028. Le constat est sévère : les progrès de 2025 n’ont pas encore créé de trajectoire durable.
Selon notre expert : Le pétrole remonte, l’inflation menace et la Fed se durcit, le cours de l’or approche d’une zone où les épargnants n’auront plus droit à l’erreur.
Cette instabilité fiscale et budgétaire encourage certains épargnants à réduire leur dépendance envers les produits bancaires. Les lingots d’or et d’argent, les pièces d’or d’investissement et d’autres actifs détenus directement peuvent compléter une stratégie de diversification, de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne.
Ces placements comportent des coûts, une fiscalité propre et des variations de prix. Ils ne constituent pas une réponse universelle. Leur intérêt réside surtout dans l’absence de risque bancaire direct et dans la détention d’un actif tangible. Près d’un an après l’avertissement de François Villeroy de Galhau, la fragilité persistante des finances françaises renforce cette recherche d’autonomie patrimoniale.
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