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Marchés financiers : le G20 réuni à Washington, Trump intensifie la pression contre l'Iran

G20 à Washington sous tension : Trump pousse ses alliés à isoler l'Iran, entre guerre tarifaire et marchés sur le qui-vive.

Temps de lecture : 4 minutes

Marchés financiers : le G20 réuni à Washington, Trump intensifie la pression contre l'Iran

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En bref

  • Les ministres des Finances du G20 se réunissent à Asheville, en Caroline du Nord, jusqu'à mardi

  • Donald Trump cherche à convaincre ses partenaires de renforcer l'isolement économique de l'Iran

  • La réunion se tient dans un climat tendu, marqué par la guerre tarifaire lancée par Washington

  • En parallèle, Xi Jinping, Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian se retrouvent au sommet de l'OCS au Kirghizstan

  • Cette double actualité géopolitique alimente la volatilité sur les devises et les matières premières

Washington accueille un G20 sous haute tension

Les ministres des Finances des vingt principales économies mondiales se sont retrouvés jusqu'à mardi dans un vaste complexe hôtelier adossé à un golf, au pied des Appalaches, à Asheville, en Caroline du Nord. Cette rencontre marque la première d'une série de réunions organisées sur le sol américain depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, dans un climat commercial électrique où chaque déclaration compte double. Le président américain a multiplié les droits de douane contre ses partenaires historiques, de l'Union européenne au Japon en passant par la Chine, provoquant une onde de choc chez plusieurs délégations présentes dans la salle.

L'atmosphère, feutrée en apparence, dissimule des négociations serrées sur l'avenir des échanges commerciaux mondiaux. Plusieurs ministres européens auraient exprimé, en coulisses, leur agacement face à une politique tarifaire jugée erratique. Les marchés obligataires américains ont d'ailleurs réagi avec nervosité ces dernières semaines, le rendement des bons du Trésor à dix ans oscillant autour de 4,3 %, reflet d'une incertitude persistante sur la trajectoire budgétaire et commerciale des États-Unis.

A lire aussi : L'or grimpe encore alors que la planète finance retient son souffle face aux manœuvres de Washington

L'Iran, cible prioritaire de la diplomatie économique américaine

Au-delà des questions tarifaires, Donald Trump entend profiter de ce sommet pour rallier ses partenaires à sa stratégie de pression maximale contre Téhéran. L'objectif affiché consiste à couper davantage l'accès de la République islamique aux circuits financiers internationaux, en s'appuyant sur le réseau bancaire américain et sur l'influence du dollar dans les transactions commerciales mondiales. Cette offensive diplomatique s'inscrit dans la continuité des sanctions déjà imposées depuis 2018, mais elle vise désormais à obtenir un soutien plus explicite des grandes puissances asiatiques, dont l'Inde et l'Arabie saoudite, présentes à la table des négociations.

Les conséquences économiques pour l'Iran sont déjà lourdes : l'inflation dépasserait 40 % selon plusieurs estimations d'organismes internationaux, tandis que le rial iranien continue de se déprécier face au dollar. Cette fragilité alimente les tensions régionales et pourrait, si elle s'aggrave, peser sur les cours du pétrole brut, l'Iran restant un producteur significatif malgré les restrictions à l'export qui pèsent sur lui depuis plusieurs années.

Les marchés pétroliers sous surveillance

Le baril de Brent évolue actuellement autour de 68 dollars, un niveau relativement stable qui pourrait toutefois vaciller en cas de durcissement brutal des sanctions ou de riposte iranienne dans le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour près de 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime.

Selon notre expert : Pendant que Trump joue sa partie d'échecs économique contre Téhéran, les investisseurs se ruent déjà vers les valeurs refuges

Le contraste avec le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai

Pendant que Washington orchestre ce ballet diplomatique, un autre événement retient l'attention des observateurs géopolitiques. Xi Jinping est arrivé dimanche au Kirghizstan, en Asie centrale, à la veille du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, un bloc régional qui ambitionne de contrebalancer l'influence occidentale sur la scène internationale. Vladimir Poutine, le président iranien Massoud Pezeshkian, ainsi que les Premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif, doivent également faire le déplacement.

Cette convergence de dirigeants issus de pays traversant des crises économiques ou diplomatiques majeures illustre la recomposition en cours des alliances mondiales. Deux blocs semblent se dessiner progressivement, l'un articulé autour du dollar et des institutions financières occidentales, l'autre cherchant à développer des mécanismes d'échange alternatifs, moins dépendants du système bancaire américain. Cette dynamique nourrit une volatilité accrue sur le marché des devises, avec un indice du dollar qui a perdu près de 8 % depuis le début de l'année face à un panier de monnaies de référence.

Quelles conséquences pour les épargnants et les investisseurs

Face à cette recomposition géopolitique et à l'incertitude tarifaire persistante, les investisseurs institutionnels ajustent leurs portefeuilles avec prudence. L'or a franchi de nouveaux sommets historiques ces dernières semaines, porté par les achats massifs des banques centrales asiatiques et par la recherche de valeurs refuges face aux tensions commerciales et diplomatiques. Cette dynamique confirme une tendance de fond observée depuis plusieurs trimestres, où la défiance envers les monnaies traditionnelles pousse une part croissante d'épargnants vers des actifs tangibles.

Dans ce contexte d'instabilité monétaire et géopolitique, un nombre croissant de particuliers se tourne vers les métaux précieux, à travers l'acquisition de lingots d'or, de lingots d'argent ou de pièces d'or. Cette démarche répond à une logique de débancarisation partielle et de sécurisation patrimoniale, en dehors du système bancaire classique et des fluctuations parfois brutales des marchés financiers traditionnels. Détenir une part de son épargne sous forme physique reste, pour beaucoup, une réponse concrète à l'incertitude ambiante qui traverse les grandes économies mondiales.

Sources : BDOR - Agence France-Presse - Bloomberg

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