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Marchés financiers : PMI, Fed et inflation US, trois rendez-vous qui pèsent sur l'or

PMI flash, cascade de discours Fed et inflation attendue aux Etats-Unis : ce que cette semaine change pour les cours de l'or et de l'argent.

Temps de lecture : 5 minutes

Marchés financiers : PMI, Fed et inflation US, trois rendez-vous qui pèsent sur l'or

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En bref

  • L'once d'or recule à 3790,5 euros et l'argent à 57,47 euros ce lundi, après une progression de respectivement 1,9 % et 5,0 % sur sept jours

  • Les indices PMI flash de mercredi (France, Allemagne, zone euro, Etats-Unis) donneront le premier vrai signal sur la croissance depuis les dernières décisions de taux

  • Une dizaine de membres de la Fed s'expriment dans la semaine, dont Goolsbee, Williams, Jefferson et Barkin, ce qui peut faire bouger les anticipations de baisse de taux

  • Les inscriptions hebdomadaires au chômage jeudi et les anticipations d'inflation de l'université du Michigan vendredi seront les deux données les plus regardées pour les taux réels

  • L'or reste en repli de 3,7 % sur un mois malgré sa hausse de 7,9 % depuis le 13 juillet, un rappel que la tendance de fond et la variation du jour racontent deux histoires différentes

Une semaine chargée qui commence par un repli

L'once d'or cède 0,94 % ce lundi matin, à 3790,5 euros, et l'argent recule plus fort encore, de 1,86 %, à 57,47 euros. Rien d'alarmant en soi : nos relevés montrent que l'or progresse encore de 1,9 % sur sept jours et de 7,9 % depuis le 13 juillet, tandis que l'argent affiche 5,0 % sur la semaine et 13,5 %. La baisse du jour s'inscrit dans un tableau plus large où le pétrole WTI plonge de plus de 8 %, signe d'une nervosité qui dépasse les seuls métaux précieux et qui touche l'ensemble des matières premières.

Cette semaine, quatre rendez-vous concentrent l'attention des investisseurs en or et en argent : les indices PMI flash de mercredi, une salve de discours de membres de la Fed échelonnée sur cinq jours, les inscriptions hebdomadaires au chômage américain jeudi, et les anticipations d'inflation de l'université du Michigan vendredi. Le reste du calendrier, aussi dense soit-il (adjudications obligataires françaises et américaines, décision de la banque centrale suisse, immatriculations automobiles européennes), ne modifie pas fondamentalement la lecture des taux réels et n'appelle pas de développement particulier ici.

A lire aussi : L'or dévisse ce lundi pendant que le pétrole s'effondre de plus de 8 % en une seule séance

Les PMI flash de mercredi, un thermomètre pour les taux réels

Les indices PMI mesurent, par sondage auprès des directeurs d'achats, le rythme d'activité dans l'industrie et les services avant même la publication des statistiques officielles. Ils sont donc regardés comme un indicateur précoce de croissance. En France, le consensus attend un indice manufacturier à 50,9 contre 51,1 le mois précédent, et un indice des services à 48,4 contre 48,0, deux chiffres qui pointent vers un ralentissement modeste. En Allemagne, le manufacturier est attendu à 54,0 contre 54,3, quand les services remonteraient légèrement à 49,9.

Le mécanisme est direct : un PMI plus faible qu'anticipé nourrit l'idée d'une croissance qui ralentit, ce qui pousse les banques centrales vers davantage de baisses de taux. Moins de rendement nominal sur les obligations, sans que l'inflation attendue ne baisse dans les mêmes proportions, signifie des taux réels plus bas. Or les taux réels sont le principal concurrent de l'or, un actif qui ne verse pas d'intérêt : quand ils reculent, détenir du métal coûte moins cher en opportunité manquée, et le cours a tendance à se raffermir. À l'inverse, des PMI qui surprennent à la hausse, notamment aux Etats-Unis où le consensus attend 53,4 pour le manufacturier et 56,0 pour les services, referait remonter les anticipations de taux et pèserait sur l'or. C'est précisément ce scénario inverse qui rendrait la lecture optimiste d'aujourd'hui fausse : si l'activité américaine surprend positivement pendant que l'Europe déçoit, le dollar se raffermirait et absorberait une partie du soutien que les données européennes pourraient apporter au métal.

Une cascade de discours de la Fed qui peut faire bouger le dollar

Pourquoi tant de voix officielles cette semaine

Goolsbee s'exprime ce lundi, Williams à deux reprises mardi et mercredi, Jefferson mardi, Barkin mardi et jeudi : la Fed multiplie les prises de parole publiques dans une période où le marché tente de calibrer le rythme des prochaines baisses de taux. Chaque discours est décortiqué pour deviner si son auteur penche vers plus ou moins de prudence sur l'inflation. Une tonalité plus accommodante, qui insiste sur les risques pesant sur l'emploi plutôt que sur l'inflation, tend à faire reculer le dollar et les taux, un contexte favorable à l'or. Une tonalité plus restrictive produit l'effet inverse.

L'argent réagit différemment de l'or dans ce genre de séquence, parce qu'une partie de sa demande reste industrielle. Un discours qui rassure sur la croissance peut, paradoxalement, soutenir l'argent via l'activité manufacturière anticipée, même s'il freine l'or via des taux réels plus élevés. C'est une divergence à surveiller cette semaine, d'autant que l'écart entre les deux métaux s'est déjà creusé sur sept jours, avec un argent qui progresse plus vite que l'or.

Chômage jeudi et inflation vendredi, le duo qui fixe les taux réels

Les inscriptions hebdomadaires au chômage américain, attendues à 201 000 contre 196 000 la semaine précédente, avec des bénéficiaires réguliers autour de 1 730 000, sont un indicateur à haute fréquence du marché du travail. Une dégradation confirmée renforce le scénario de baisses de taux et pousse mécaniquement les taux réels vers le bas, un facteur de soutien pour l'or. Mais un chiffre proche du consensus ne fait généralement rien bouger : c'est l'écart à l'attente, pas le niveau brut, qui déclenche une réaction de marché.

Vendredi, l'indice de confiance des consommateurs de l'université du Michigan et, surtout, ses composantes d'anticipations d'inflation à un an (4,6 % attendu) et à cinq ans (3,4 % attendu) complètent le tableau. Ces chiffres entrent directement dans le calcul du taux réel : un taux nominal qui stagne pendant que l'inflation attendue reste élevée équivaut à un taux réel qui baisse, ce qui profite à l'or. Une confiance des consommateurs qui se dégrade encore, avec un indice de situation actuelle proche de 50,9, ajoute un argument supplémentaire en faveur d'une Fed plus accommodante. Le risque de contradiction existe cependant : si les anticipations d'inflation reculaient nettement sous 4,6 %, la thèse de taux réels en baisse s'effondrerait, et l'or perdrait l'un de ses appuis les plus solides du moment.

Ce que racontent nos propres relevés

Sur le marché français, la cotation officielle du lingot d'un kilo affichait 121 490 euros au 18 septembre, en progression de 2,3 % sur la seule séance et de 8,7 % depuis le 26 juin, un rythme qui dépasse largement la variation de sept jours de l'once mesurée par nos soins. Cet écart entre le cours au comptant et la cotation de certains produits rappelle qu'une même semaine de calendrier économique ne se traduit pas de manière identique sur toute la chaîne de cotation. Notre lecture reste que le repli du jour, sur fond de pétrole en chute libre et de dollar quasi stable, ressemble davantage à une consolidation technique qu'à un retournement de tendance, tant que les taux réels américains ne remontent pas franchement à l'issue des PMI et des discours de la Fed.

Sources : BDOR

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