« On ne va pas se le cacher, c'est l'argent » : à 69 ans, ce couple de retraités récolte des pommes sous 37 °C pour boucler ses fins de mois
À 69 ans, un couple de retraités récolte des pommes chaque été pour compléter sa pension. Un choix financier et social partagé par des seniors.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
- Un couple de retraités de 69 ans travaille chaque été à l’éclaircissage et à la récolte des pommes dans l’ouest de la France.
- Leur motivation première reste financière, leurs pensions seules ne suffisant pas à maintenir leur niveau de vie.
- Le travail saisonnier leur apporte aussi un lien social fort et un sentiment d’utilité qui éloigne l’isolement.
- Les conditions restent rudes, avec des levers à l’aube et des températures pouvant dépasser 37 °C.
- Le couple compte poursuivre encore une ou deux saisons, tant que la santé le permet.
À bientôt 70 ans, un couple de retraités de l’ouest de la France reprend chaque été le chemin des vergers. Elle, ancienne préparatrice de commandes, lui, ex-responsable de stock, se sont lancés dans le travail saisonnier pour l’éclaircissage et la récolte des pommes. Leur témoignage, recueilli par Le Courrier de l’Ouest, illustre une tendance de fond qui touche un nombre croissant de seniors français confrontés à des pensions de retraite insuffisantes.
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Des pensions qui ne suffisent plus à vivre confortablement
La franchise du couple tranche avec les discours convenus. « On ne va pas se le cacher, le bénéfice premier, c’est l’argent », reconnaît le mari. Sans cette activité, le couple devrait renoncer à certaines dépenses. Son épouse le confirme sans détour, leurs seules pensions leur permettraient « moins de choses ».
Ce constat rejoint une réalité économique plus large. Le cumul emploi-retraite progresse en France, porté par l’érosion du pouvoir d’achat des retraités face à l’inflation des dernières années. Les revenus tirés des saisons agricoles offrent une bouffée d’oxygène budgétaire, la possibilité de s’accorder quelques extras et surtout celle de ne plus compter chaque euro dépensé.
Le lien social, l’autre salaire des vergers
L’argent n’explique pas tout dans la démarche du couple. « On se sent moins isolés grâce à ça, on garde un pied dans le monde du travail », confie le retraité. Tous deux ont découvert l’univers des saisonniers, un milieu qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils décrivent avec respect. « Ce sont des personnes qui méritent beaucoup plus. On les reconnaît maintenant dans la rue. C’est une personnalité, une façon d’être, une ambiance. »
Cette dimension humaine transforme le labeur en expérience choisie. Les rencontres se multiplient, les rires aussi. « Dans une bonne ambiance, on oublie le temps… Et des fois, je vous garantis qu’on rigole ! », assure la retraitée. Pour de nombreux retraités actifs, cette sociabilité retrouvée pèse autant que le complément de revenus dans la décision de reprendre une activité.
Des conditions de travail exigeantes
Le quotidien dans les vergers n’a rien d’une promenade. Les journées démarrent parfois à l’aube pour limiter l’exposition à des températures qui grimpent jusqu’à 37 °C, parfois davantage. La fatigue s’accumule et les corps de 69 ans réclament leur dû. L’épouse a d’ailleurs renoncé à l’éclaircissage, une tâche qui ne l’intéressait plus et qu’elle savait ne pas pouvoir mener à son terme.
Continuer, mais jusqu’à quand ?
Le couple aborde la question de l’arrêt avec lucidité. « Tant qu’on a la santé, on peut continuer. Tout dépendra de notre forme physique », explique le mari, qui rappelle qu’un contrat reste un contrat et qu’il entend honorer ses engagements. Sa compagne envisage encore une ou deux années de récoltes avant de raccrocher définitivement.
Leur situation pose une question qui dépasse leur cas personnel. Quand le niveau des pensions contraint des septuagénaires à travailler sous la canicule pour boucler leurs fins de mois, c’est tout le modèle de financement de la retraite qui interroge. Les débats sur les régimes de retraite, l’inflation persistante et la pression fiscale renforcent l’inquiétude des ménages sur leur capacité à vivre dignement après la vie active.
Selon notre expert : Entre inflation persistante et défiance envers les banques centrales, les investisseurs se tournent massivement vers les actifs tangibles.
Protéger son épargne pour éviter de travailler à 70 ans
Le parcours de ce couple rappelle une évidence, préparer sa retraite ne peut plus reposer uniquement sur les pensions publiques. Anticiper passe par la constitution d’une épargne de précaution solide et diversifiée, à l’abri de l’érosion monétaire. Les investissements alternatifs comme les métaux précieux répondent à cet objectif de sécurisation patrimoniale. Les lingots d’or et d’argent, tout comme les pièces d’or, constituent des valeurs refuges tangibles, détenues en dehors du circuit bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation partielle permet de protéger le fruit d’une vie de travail contre l’inflation et les aléas financiers, et d’aborder ses vieux jours sans dépendre d’une saison de récolte pour équilibrer son budget.
Sources : BDOR / Ouest-France / PleineVie
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