« On se serre la ceinture » : 79 % des Français touchés, la pression monte sur Emmanuel Macron
Sondage Elabe du 26 août 2026 : 79 % des Français réduisent leurs dépenses, inflation à 2,1 % en juillet, carburant en hausse après la fermeture d'Ormuz.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
- 79 % des Français déclarent se serrer la ceinture à la rentrée 2026, soit deux points de moins qu’en mai, selon une enquête Elabe publiée le 26 août.
- 53 % réduisent un peu leurs dépenses, 26 % beaucoup, et seuls 20 % affirment ne pas avoir modifié leur train de vie.
- L’écart social est net, avec 90 % des employés et ouvriers concernés contre 59 % des cadres.
- La flambée du carburant, liée au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz, a fait remonter l’inflation à 2,1 % sur un an en juillet, après 1,8 % en juin.
- 63 % des sondés se disent inquiets pour la situation financière du pays, et les plus jeunes évoquent la peur et la fatigue.
Le pouvoir d’achat des Français s’impose comme le dossier numéro un que les sondés attendent de voir traité par Emmanuel Macron. L’enquête réalisée par l’institut Elabe les 25 et 26 août 2026 dresse le portrait d’un pays où la quasi-totalité des ménages ajuste ses dépenses, sur fond de reprise de l’inflation et de tensions énergétiques venues du Golfe.
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Huit Français sur dix réduisent leurs dépenses
Le chiffre central de l’étude tient en un pourcentage : 79 % des personnes interrogées disent se serrer la ceinture, que ce soit sur les achats du quotidien ou sur leur train de vie global. Le recul de deux points par rapport à la vague de mai 2026 ne change pas la lecture d’ensemble. Parmi ces ménages, 53 % restreignent modérément leurs dépenses et 26 % le font de manière marquée. Une minorité de 20 % affirme ne subir aucune contrainte.
Cette pression sur le pouvoir d’achat touche l’ensemble des catégories de population, mais avec une intensité très variable. Les employés et ouvriers sont 90 % à limiter leurs dépenses, contre 59 % des cadres. La fracture sociale se lit donc directement dans les arbitrages budgétaires des foyers.
Le carburant, déclencheur des inquiétudes de l’été
Derrière ces restrictions, les auteurs de l’enquête pointent la remontée des prix à la pompe. Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport pétrolier, ont fait grimper le coût du carburant et du gaz sur les derniers mois.
Cet épisode figure parmi les événements ayant le plus marqué les Français durant l’été 2026. Le ressenti est particulièrement fort chez les électeurs du Rassemblement national (63 %), les employés et ouvriers (55 %) et les habitants des zones rurales (53 %), trois publics fortement dépendants de la voiture pour leurs déplacements.
Une inflation repartie à 2,1 % en juillet
La hausse des prix de l’énergie a fini par se répercuter sur l’indice général. D’après l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de 2,1 % sur un an en juillet, après 1,8 % en juin. Ce rebond de trois dixièmes de point intervient au moment où le gouvernement prépare un budget 2027 déjà annoncé comme contraint, avec des pistes d’économies évoquées par le ministère de l’Économie, dont une désindexation partielle des retraites.
Un pays inquiet, des jeunes fatigués
La situation financière du pays inspire de l’inquiétude à 63 % des sondés. Cet état d’esprit traverse toutes les classes d’âge, toutes les professions et tous les électorats. Chez les plus jeunes, les auteurs de l’enquête relèvent deux sentiments dominants : la peur et la fatigue face à une conjoncture qu’ils perçoivent comme durablement dégradée.
Pour l’exécutif, le message des Français est sans ambiguïté. Au-delà des débats sur la dette ou la réforme de l’État, c’est la capacité des ménages à boucler leurs fins de mois qui conditionne le jugement porté sur l’action gouvernementale à la rentrée.
Méthodologie de l’enquête
Le sondage a été mené par Internet les 25 et 26 août 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas, appliquée au sexe, à l’âge, à la profession, à la région et à la catégorie d’agglomération.
Selon notre expert : Entre fermeture du détroit d'Ormuz et ménages sous pression, le métal jaune redevient l'assurance des épargnants prudents.
Protéger son épargne quand le budget se resserre
Quand l’inflation grignote le pouvoir d’achat et que les prix de l’énergie dépendent d’un détroit fermé à des milliers de kilomètres, la question de la sécurisation de l’épargne se pose avec une acuité nouvelle. Les métaux précieux, sous forme de lingots d’or et d’argent ou de pièces d’or, constituent une réponse historique à ce type de période. Ils permettent de conserver une partie de son patrimoine hors du circuit bancaire, à l’abri des dévaluations monétaires et des tensions sur les dettes souveraines. Pour un ménage qui réduit déjà ses dépenses, orienter même une fraction modeste de son épargne vers ces actifs tangibles relève d’une logique de débancarisation prudente, qui vise moins le rendement immédiat que la préservation du capital sur le long terme.
Sources : BDOR / BFM
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