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2 tonnes d'or achetées en quelques mois, le Guatemala passe à l'action

Chili, Guatemala, Bolivie et Uruguay renforcent leurs réserves d’or en 2026. Un mouvement inédit en Amérique latine à suivre de près.

Temps de lecture : 3 minutes

2 tonnes d'or achetées en quelques mois, le Guatemala passe à l'action

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En bref

  • Le Chili a acheté environ 8 tonnes d'or depuis janvier 2026

  • Le Guatemala a ajouté 2 tonnes à ses réserves nationales

  • La Bolivie et l'Uruguay ont chacun accumulé 1 tonne d'or

  • Le Brésil, le Mexique et la Colombie n'ont réalisé aucun achat notable

  • Cette dynamique régionale reste à confirmer sur le reste de l'année 2026


Une accumulation d'or inédite en Amérique latine

Le Chili a acheté environ 8 tonnes d’or depuis janvier 2026, selon les données du Fonds monétaire international (FMI) et du Conseil mondial de l’or, arrêtées au 31 mai 2026. Le Guatemala suit avec 2 tonnes supplémentaires ajoutées à ses réserves, tandis que la Bolivie et l’Uruguay ont chacun renforcé leur stock national d’une tonne. Des volumes qui paraissent modestes face aux centaines de tonnes accumulées chaque année par les géants asiatiques, mais qui dessinent une dynamique régionale inhabituelle.

Ce mouvement contraste avec l’attentisme qui caractérisait jusqu’ici la gestion des réserves latino-américaines, plus tournées vers les devises fortes que vers l’or physique. Selon l’analyse de BDOR, cette accélération traduit une volonté de sécuriser une partie des avoirs nationaux face à un contexte régional marqué par une instabilité récurrente, qu’elle soit politique, sociale ou monétaire.

Le Chili, premier acheteur de la zone, concentre à lui seul plus des deux tiers des achats recensés depuis le début de l’année. Une trajectoire qui, si elle se maintenait jusqu’en décembre, placerait le pays parmi les acheteurs les plus actifs du continent, une position qu’il n’occupait pas ces dernières années.

A lire aussi : L'or grimpe alors que des pays entiers vident leurs coffres pour en acheter davantage


Des tensions géopolitiques en toile de fond

La région a traversé ces derniers mois des tensions politiques et sociales qui alimentent une recherche accrue de valeurs refuges. Contestations électorales dans certains pays, différends frontaliers persistants, pressions inflationnistes ailleurs : chaque banque centrale a ses propres motivations, mais l’or reste le dénominateur commun de ces arbitrages.

Faut-il y voir une rupture durable dans la gestion des réserves régionales ? Rien n’est encore certain. Huit tonnes pour le Chili, deux pour le Guatemala, une pour la Bolivie et l’Uruguay : les volumes demeurent modestes comparés aux centaines de tonnes accumulées chaque année par la Chine ou l’Inde, selon les données publiées régulièrement par le Conseil mondial de l’or. Mais quand quatre banques centrales d’une même région bougent au même moment, le message envoyé aux marchés dépasse largement le simple chiffre.

Un mouvement encore timide mais suivi de près

Il reste prématuré d’affirmer que cette tendance s’étendra à l’ensemble du sous-continent. Le Brésil, le Mexique et la Colombie n’ont, à ce stade, procédé à aucun achat notable selon les mêmes données du FMI et du Conseil mondial de l’or arrêtées fin mai 2026. La suite de l’année dira si le mouvement chilien fait des émules ou reste circonscrit à quelques cas isolés.

Selon notre expert : Ces banques centrales achètent de l'or comme si une tempête financière se préparait


Pourquoi les banques centrales rachètent de l'or

La logique dépasse le seul cas latino-américain. Depuis plusieurs années, des banques centrales du monde entier diversifient leurs réserves pour réduire leur dépendance au dollar et limiter leur exposition au risque de change. L’or, actif sans contrepartie ni risque de défaut, répond précisément à cette exigence de sécurité.

En Amérique latine, ce raisonnement prend une dimension particulière. Les économies de la région ont souvent souffert de crises de change brutales, de dévaluations soudaines ou d’épisodes d’hyperinflation. Accumuler de l’or, même modestement, permet à ces États de reconstituer un socle de valeur qui échappe aux soubresauts de leur propre monnaie. Une stratégie prudente, presque défensive, plus qu’une offensive spéculative.


L'or, une option concrète pour protéger son épargne

Ce mouvement des banques centrales rappelle, à son échelle, une logique que de nombreux épargnants adoptent déjà à titre individuel. Face à l’incertitude monétaire et à la volatilité des marchés, l’acquisition de lingots d'or, de pièces d'or ou d’argent physique constitue une manière concrète de sortir une partie de son épargne du système bancaire traditionnel. Cette démarche de débancarisation, longtemps réservée à quelques initiés, séduit désormais un public plus large soucieux de diversifier ses actifs et de préserver leur valeur sur le long terme.

Sources : BDOR - Fonds monétaire international (FMI) - Conseil mondial de l'or

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