Les banques renforcent leurs contrôles sur les chèques frauduleux, avec un risque de délai supplémentaire avant le crédit des fonds.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Les banques utilisent davantage de mécanismes de blocage temporaire lors du dépôt d’un chèque suspect.
Les chèques perdus ou volés représentent 90 % des fraudes recensées en volume au premier semestre 2025.
Le nouveau fichier FNC-RF vise surtout les comptes et IBAN soupçonnés de servir à des fraudes aux paiements, notamment aux virements.
L’inscription d’un compte ne suffit pas, à elle seule, à interdire une opération ou à fermer le compte.
Pour les clients honnêtes, la lutte contre la fraude peut néanmoins entraîner des vérifications plus longues.
Le chèque disparaît peu à peu des habitudes françaises, mais il conserve un défaut encombrant : son exposition exceptionnelle à la fraude. Lorsqu’un particulier dépose un chèque important, la somme affichée sur son compte peut désormais rester indisponible le temps que la banque contrôle son origine.
La pratique agace. Certains clients découvrent qu’un crédit visible n’est pas toujours un argent immédiatement utilisable. Pourtant, derrière ce délai se trouve une réalité peu rassurante : le chèque reste le moyen de paiement présentant le taux de fraude le plus élevé en France.
Les données de la Banque de France donnent une idée précise du problème. Au premier semestre 2025, les chèques perdus ou volés représentaient 90 % des fraudes en nombre d’opérations et 63 % des montants fraudés. Le montant moyen d’un chèque frauduleux atteignait encore 1 415 euros.
Le point faible se situe souvent avant même l’utilisation du chéquier. Courriers interceptés, boîtes aux lettres forcées, chèques subtilisés puis falsifiés : la chaîne postale reste vulnérable. Une fois le document remis à l’encaissement, la banque doit décider rapidement si elle crédite le compte ou si elle bloque l’opération.
Les établissements ont donc développé des mécanismes de temporisation. Ces contrôles ont permis de neutraliser 84 millions d’euros de remises frauduleuses durant les six premiers mois de 2025. Le résultat plaide en faveur des vérifications. Il ne rend pas l’expérience moins irritante pour le client qui attend légitimement son argent.
Le débat autour des contrôles bancaires mélange souvent deux dispositifs différents. Le Fichier national des chèques irréguliers, ou FNCI, sert à identifier les chèques liés à des comptes clôturés, à des interdictions ou à des oppositions.
Le FNC-RF, opérationnel depuis le 7 mai 2026, poursuit une mission plus large. Géré par la Banque de France, il centralise les comptes et les IBAN que les prestataires de paiement jugent susceptibles d’être frauduleux. Son déploiement vise surtout à empêcher qu’un compte déjà repéré par une banque continue de recevoir des virements frauduleux auprès d’autres établissements.
La loi du 6 novembre 2025 oblige les acteurs concernés à corriger rapidement un signalement lorsque les soupçons disparaissent. Elle précise aussi qu’une inscription ne peut, à elle seule, justifier la fermeture d’un compte ni l’interdiction d’une opération. Cette garantie est indispensable. Une suspicion automatisée ne vaut pas une preuve.
Selon notre expert : L’or a déjà franchi des sommets vertigineux en 2026 et la nervosité mondiale pourrait provoquer un nouveau mouvement brutal.
La CNIL a reconnu la légitimité du fichier tout en insistant sur la sensibilité des informations partagées. Un établissement pourrait être tenté de suspendre ou de refuser un paiement uniquement parce qu’un compte apparaît dans la base. Les erreurs de détection deviennent alors très concrètes : argent bloqué, opération refusée, explications difficiles à obtenir.
Le renforcement des contrôles paraît justifié face à l’ampleur de la fraude. Le rapport de force reste pourtant déséquilibré. La banque dispose de ses algorithmes, de ses fichiers et de ses procédures internes. Le client, lui, reçoit parfois une réponse vague et doit patienter.
Les établissements devraient accompagner chaque blocage d’un motif compréhensible, d’un délai indicatif et d’une procédure de contestation rapide. La sécurité bancaire ne peut pas reposer sur une opacité permanente.
Sources : Bdor
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