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Le pétrole WTI recule sous 90 dollars malgré les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis

Le baril de WTI chute de 2,77% ce mercredi, sous la pression du retour des exportations moyen-orientales et des ventes de réserves américaines.

Temps de lecture : 5 minutes

Le pétrole WTI recule sous 90 dollars malgré les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis

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En bref

  • Le baril de WTI s'échange autour de 89,85 dollars, en repli de 2,77% sur vingt-quatre heures

  • Les exportations de brut du Moyen-Orient sont revenues à 98% de leur niveau d'avant conflit

  • Washington prévoit de puiser jusqu'à 40 millions de barils dans sa réserve stratégique

  • Les stocks commerciaux de brut américains ont progressé d'un million de barils la semaine passée

  • Le baril reste toutefois orienté vers un troisième mois consécutif de hausse

  • Le dossier iranien et le détroit d'Ormuz continuent de peser sur les prix à moyen terme

Un baril qui dégringole malgré les tensions Iran-Etats-Unis

Le cours du pétrole WTI évolue ce mercredi 30 septembre 2026 autour de 89,85 dollars le baril, en repli de 2,77 % sur vingt-quatre heures. La veille, le contrat avait déjà cédé près de 4,5 %, tombant jusqu'à 88,50 dollars durant la nuit asiatique. Ce mouvement s'explique par un retour progressif des flux d'énergie du Moyen-Orient : les exportations de brut de la région ont rebondi à 17,5 millions de barils par jour en moyenne sur dix jours, soit 98 % de leur niveau d'avant conflit. L'Arabie saoudite a repris ses expéditions via l'oléoduc Est-Ouest à environ la moitié de sa capacité, et des flux discrets continuent de transiter par le détroit d'Ormuz.

À cette normalisation de l'offre s'ajoute une décision américaine qui pèse elle aussi sur les prix : Washington prévoit de puiser jusqu'à 40 millions de barils dans sa réserve stratégique pour freiner la hausse des coûts énergétiques domestiques. Les stocks commerciaux de brut aux États-Unis ont par ailleurs progressé d'un million de barils la semaine passée. Malgré ce repli, le baril reste sur la voie d'un troisième mois consécutif de hausse. Les stratégistes de Scotiabank rappellent que l'attention du marché demeure fixée sur le dossier iranien, après le rejet par l'administration américaine d'une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d'Ormuz. Ce fond géopolitique continue de soutenir les prix à moyen terme, même quand l'offre technique s'améliore à court terme.

A lire aussi : Comprendre comment ce repli du pétrole peut influencer les cours de l'or et de l'argent

La chaîne complète, du baril au cours de l'or

Un baril moins cher réduit d'abord les coûts de production et d'énergie pour les entreprises, du transport à la pétrochimie. Cette baisse se répercute ensuite, avec un décalage de plusieurs semaines à quelques mois, sur l'inflation importée : moins de pétrole dans les intrants, moins de pression sur les prix à la pompe et sur le fret. Quand cette détente se confirme dans la durée, elle finit par peser sur les anticipations d'inflation des ménages et des marchés obligataires, ce qui change la donne pour les banques centrales.

Une inflation attendue plus faible ouvre la porte à une posture moins restrictive des banques centrales, ce qui tend à faire baisser les taux réels. Or c'est précisément ce niveau de taux réels qui détermine l'attrait de l'or, actif qui ne verse aucun coupon et dont le coût d'opportunité diminue quand les taux réels reculent. Ce mercredi, la baisse du WTI, si elle se prolonge, allège la pression inflationniste importée. Mais le décalage temporel est réel, il faut souvent plusieurs semaines pour que ce mécanisme se lise dans les taux souverains, et la séance du jour ne suffit pas à en juger.

L'argent, plus sensible au cycle industriel que l'or

Le métal argent occupe une position différente dans cette chaîne, car sa demande industrielle le rend sensible au cycle économique d'une manière que l'or ne connaît pas. Un baril moins cher peut soutenir l'activité manufacturière en réduisant les coûts énergétiques des usines, ce qui profite indirectement à la demande d'argent industriel. Nos relevés du jour montrent l'argent à 1,729 euro le gramme ce matin, tandis que l'or affiche 118,44 euros le gramme, quasiment stable sur la séance avec un repli de seulement 0,1 %. Sur la semaine, l'or progresse de 1,8 % entre l'ouverture de lundi à 116,36 euros et le dernier relevé à 118,44 euros, un mouvement qui contraste avec la chute de 2,77 % encaissée par le pétrole sur la même période.

Cet écart entre les deux dynamiques illustre la nature indirecte du lien entre pétrole et or : l'un réagit à une offre géopolitique qui se normalise, l'autre reste porté par des considérations de taux et de refuge qui lui sont propres. L'argent, au croisement des deux logiques, mérite une lecture séparée dès que l'énergie bouge fortement, ce qui est précisément le cas cette semaine.

Ce qui pourrait rendre cette lecture fausse

Cette analyse mérite d'être questionnée. D'abord, la baisse du baril tient davantage à un choc d'offre géopolitique circonstanciel, la reprise des exportations moyen-orientales et le déstockage américain, qu'à une anticipation de ralentissement économique généralisé. Si cette normalisation s'avère temporaire et que les tensions entre Washington et Téhéran s'intensifient à nouveau, le baril pourrait repartir à la hausse en quelques jours et inverser tout l'effet désinflationniste attendu.

Ensuite, l'indice dollar progresse ce mercredi de 0,33 % à 101,31 points, une hausse qui pèse mécaniquement sur l'or libellé en dollars, indépendamment de ce que fait le pétrole. La paire euro-dollar recule légèrement à 1,1355, confirmant ce raffermissement du billet vert. Un dollar fort peut donc neutraliser, au moins temporairement, l'effet favorable d'une baisse des taux réels sur l'or. Enfin, rien n'indique qu'une banque centrale ait réagi concrètement à ce mouvement pétrolier : sans décision monétaire effective, la chaîne reste théorique. La stabilité quasi parfaite de l'or ce mercredi, malgré un repli de près de 3 % du baril, illustre justement cette prudence : le marché de l'or attend d'autres confirmations avant de bouger.

Sources : BDOR

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