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Le baril de pétrole WTI grimpe à 94 dollars ce lundi, les tensions Iran-Etats-Unis relancent la prime de risque

Le WTI cote 94,33 dollars ce lundi, en hausse de 2,35 %, porté par les tensions entre Washington et Téhéran malgré un rebond des exportations régionales.

Temps de lecture : 5 minutes

Le baril de pétrole WTI grimpe à 94 dollars ce lundi, les tensions Iran-Etats-Unis relancent la prime de risque

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En bref

  • Le WTI cote 94,33 dollars le baril ce lundi, en progression de 2,35 % sur 24 heures

  • Le rejet de la proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz entretient les craintes sur les flux régionaux

  • Des frappes supplémentaires restent évoquées avant les échéances électorales américaines

  • Les exportations pétrolières du Moyen-Orient ont rebondi en septembre à 12,8 millions de barils par jour selon Kpler

  • Des négociations sur le nucléaire iranien pourraient reprendre cette semaine, freinant les paris haussiers

Le baril franchit 94 dollars, l'Iran reste au centre du jeu

Le WTI, référence du brut américain, cote 94,33 dollars le baril ce lundi 28 septembre 2026, en progression de 2,35 % sur les dernières 24 heures. La hausse tient à un dossier qui n'a rien de nouveau mais qui refuse de se refermer : le bras de fer entre Washington et Téhéran. La proposition iranienne de rouvrir le détroit d'Ormuz contre une levée du blocus naval américain a été rejetée, et des frappes supplémentaires restent évoquées avant les échéances électorales américaines. Les attaques répétées attribuées aux Houthis contre l'Arabie Saoudite entretiennent, elles, l'idée que les flux régionaux demeurent fragiles.

Ce climat n'empêche pas les négociateurs de continuer à pousser l'Iran vers des concessions sur son programme nucléaire, avec l'espoir de reprendre des discussions cette semaine. Cette perspective diplomatique agit comme un frein : les opérateurs évitent de placer des paris trop agressifs sur une nouvelle flambée, préférant attendre des développements concrets. Un fait mérite d'être posé en repère : les exportations pétrolières des principaux producteurs du Moyen-Orient ont rebondi en septembre à 12,8 millions de barils par jour selon les données préliminaires de Kpler, un niveau que la région n'avait pas revu depuis le début du conflit. L'offre régionale résiste donc mieux que la prime géopolitique ne le laisse penser.

A lire aussi : Comprendre pourquoi la hausse du baril ne se propage pas encore à l'inflation ni aux taux réels

La chaîne complète, du baril aux taux réels, et pourquoi l'or ne suit pas ce lundi

Le mécanisme qui relie le baril à l'or se déroule en plusieurs maillons, et aucun ne doit être sous-entendu. Un baril plus cher renchérit d'abord les coûts de production et d'énergie : transport, engrais, plastiques, tout ce qui dépend directement du pétrole brut. Cette hausse se transmet ensuite en inflation importée, dans la zone euro comme aux États-Unis, puis remonte les anticipations d'inflation des ménages et des marchés obligataires. Vient alors le maillon des banques centrales : face à une inflation qui menace de repartir, elles sont censées réagir en resserrant leur politique, ce qui fait grimper les taux réels. Et un taux réel plus élevé pénalise mécaniquement l'or, qui ne verse aucun coupon et devient moins attractif face à des placements rémunérés.

Ce lundi, c'est précisément ce dernier maillon qui domine, et il joue contre l'or plutôt que pour lui. Nos relevés du matin montrent un or à 118,05 euros le gramme, en recul de 2,4 % depuis la clôture de la veille et de 2,1 % depuis l'ouverture, après avoir touché 120,53 euros en tout début de séance. L'amplitude de la journée atteint 2,1 %, et le repli s'est encore accentué de 0,4 % sur les trois dernières heures. Le baril monte, l'or baisse : la chaîne classique semble contredite, mais elle ne l'est pas réellement. Elle joue avec un décalage de plusieurs semaines, le temps que l'inflation importée se matérialise dans les statistiques et que les banques centrales ajustent leur discours. Sur l'instant, c'est le canal des taux qui l'emporte sur le canal de l'inflation.

Le dollar et les paris de hausse de la Fed compliquent la lecture

Le Dollar Index évolue à 101,15 points, en légère hausse de 0,05 % sur 24 heures, et l'euro cède 0,07 % face au billet vert à 1,1381 dollar. Cette fermeté du dollar tient aux anticipations d'une hausse de taux de la Réserve fédérale en octobre, renforcées par des rendements obligataires américains qui restent élevés. Un dollar soutenu par des paris de resserrement rend l'or, coté en dollars, mécaniquement plus coûteux pour les détenteurs d'autres devises, et cette pression s'ajoute à celle des taux réels décrite plus haut.

L'argent industriel, à 1,742 euro le gramme selon nos relevés, mérite un mot à part : sa demande dépend davantage du cycle économique et de la consommation d'énergie que celle de l'or, purement monétaire. Un baril qui grimpe renchérit les coûts de production dans l'électronique ou le photovoltaïque, ce qui peut peser sur la demande industrielle d'argent à moyen terme, un effet que l'or ne subit pas de la même façon.

Ce qui pourrait invalider cette lecture dans les prochains jours

Notre lecture du jour, celle d'un baril qui pousse l'inflation à moyen terme tandis que le dollar et les taux dominent à court terme, repose sur des hypothèses qui peuvent se retourner rapidement. Si les pourparlers entre Washington et Téhéran aboutissent effectivement cette semaine, la prime géopolitique qui soutient le WTI s'effacerait, et le baril pourrait reculer non pas par apaisement inflationniste mais par simple dégonflement d'une peur de choc d'offre. À l'inverse, si les indices PMI officiels chinois publiés mercredi révèlent une demande industrielle plus faible qu'attendu, la pression sur le baril pourrait s'inverser par crainte de ralentissement mondial, ce qui viderait de sens l'argument d'une inflation importée durable.

Un dernier point de prudence : si la Fed, malgré les paris actuels des marchés, choisit de temporiser plutôt que de resserrer en octobre, le dollar perdrait une partie de son soutien et le canal des taux réels qui pèse aujourd'hui sur l'or perdrait de sa force. Dans ce cas, la chaîne redeviendrait plus lisible, mais rien dans les données de ce lundi ne permet de l'affirmer par avance. Nous nous en tenons donc à ce que montrent les cours : un baril qui monte pour des raisons géopolitiques, un dollar qui tient bon sur des anticipations de taux, et un or qui, pour l'instant, en paie le prix.

Sources : BDOR

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