Prix des carburants : à 2,39 € le litre, voici combien l’État prélève réellement en France
Le SP95-E10 atteint 2,173 €/L et le gazole 2,390 €/L. Accise, TVA, CEE : voici ce que paient réellement les automobilistes.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le gazole atteint 2,390 €/L et le SP95-E10 2,173 €/L en moyenne en France au 18 septembre 2026.
Sur un litre de SP95-E10, l’accise et la TVA représentent environ 1,052 €, soit 48,4 % du prix.
Sur un litre de gazole, ces deux prélèvements atteignent environ 1,006 €, soit 42,1 % du prix.
L’Union européenne exige seulement un minimum de taxation de 0,359 €/L pour l’essence et de 0,330 €/L pour le gazole.
Les CEE renchérissent encore le carburant mais ne constituent pas une taxe directement encaissée par l’État.
Le passage à la pompe est devenu nettement plus douloureux. Selon les données relevées à 7 heures le 18 septembre 2026, issues des déclarations officielles des stations et publiées par Roole Data, le gazole atteint désormais 2,390 €/L, le SP95-E10 2,173 €/L, le SP98 2,272 €/L, le GPL 1,052 €/L et l’E85 0,892 €/L.
À ce niveau, l’ancien calcul construit autour d’un litre à 2 € n’est plus représentatif. La facture fiscale évolue elle aussi, puisque l’accise reste essentiellement fixe par litre tandis que la TVA augmente avec le prix TTC.
Plus de 1 € de fiscalité sur chaque litre de SP95-E10
L’arrêté en vigueur publié sur Légifrance fixe depuis le 1er mars 2026 le tarif normal de l’accise sur les essences à 69,02 €/hl, soit 0,6902 €/L. Pour le gazole, le tarif atteint 60,75 €/hl, soit 0,6075 €/L. À cela s’ajoute une TVA de 20 %. Le ministère de l’Économie rappelle que celle-ci s’applique au prix global du carburant, accise comprise.
Avec un SP95-E10 à 2,173 €/L, la TVA incluse dans le prix représente environ 0,362 €. Ajoutée aux 0,6902 € d’accise, la fiscalité directe atteint ainsi près de 1,052 € par litre, soit environ 48,4 % du prix payé.
Pour un plein de 50 litres, l’automobiliste débourse 108,65 €. Environ 52,62 € correspondent alors à l’accise et à la TVA. Sur le gazole à 2,390 €/L, un plein identique coûte désormais 119,50 €. La TVA avoisine 0,398 €/L et, avec l’accise, la fiscalité directe atteint environ 1,006 €/L, soit un peu plus de 50 € de taxes sur 50 litres.
Le paradoxe est assez frappant. Le prix du carburant grimpe fortement, mais la part relative des taxes diminue puisque les coûts du produit, du raffinage et de l’approvisionnement prennent davantage de poids dans le prix final.
Les fameux 1,17 € de taxes méritent désormais une précision
L’Opération Transparence lancée en mars 2026 par 40 Millions d’automobilistes et la Fédération nationale de l’automobile auprès de plus de 2 500 stations indépendantes avait popularisé un calcul marquant. Sur un litre d’essence vendu autour de 2 €, les associations additionnaient environ 0,69 € d’accise, 0,33 € de TVA et 0,15 € liés aux certificats d’économies d’énergie, soit 1,17 € de taxes et contributions.
La formule « l’État prélève 1,17 € » mérite pourtant d’être corrigée. Les CEE ne sont pas une taxe directement encaissée par le Trésor public. Le ministère de la Transition écologique, dans sa documentation mise à jour le 11 septembre 2026, définit ce dispositif comme une obligation d’économies d’énergie imposée notamment aux fournisseurs et vendeurs de carburants.
Son coût peut être répercuté dans le prix payé par l'automobiliste, mais sa nature juridique est différente de celle de l’accise ou de la TVA. L’ordre de grandeur de 1,17 € reste donc intéressant pour mesurer les prélèvements et obligations réglementaires qui pèsent sur un litre, pas pour mesurer exactement les recettes fiscales de l’État.
Si l’on appliquait mécaniquement l’ancienne estimation de 0,15 €/L de CEE au SP95-E10 actuel, l’ensemble fiscalité plus CEE avoisinerait désormais 1,20 €/L. Ce calcul reste une estimation, pas une tarification officielle actualisée du coût des CEE.
Selon notre expert : À plus de 122 € le gramme, l’or évolue à des niveaux rarement observés pendant que carburants, tensions géopolitiques et finances publiques malmènent le budget des Français.
La France reste très au-dessus du minimum fiscal européen
La comparaison européenne reste, elle, spectaculaire. La directive 2003/96/CE fixe un niveau minimal de taxation de 359 € pour 1 000 litres d’essence sans plomb, soit 0,359 €/L, et de 330 € pour 1 000 litres de gazole, soit 0,330 €/L. Ces montants figurent dans l’annexe I du texte européen toujours applicable.
Avec une accise française de 0,6902 €/L sur l’essence, la France se situe environ 92 % au-dessus du minimum européen. Sur le gazole, les 0,6075 €/L dépassent le plancher européen d’environ 84 %. L’Union européenne impose donc une taxation minimale, elle n’oblige pas la France à maintenir une fiscalité à ces niveaux.
La flambée actuelle vient aussi rappeler que la fiscalité n’explique pas seule les prix records. Le ministère de l’Économie attribuait encore début septembre 2026 la hausse des coûts du carburant aux conséquences du conflit au Moyen-Orient et a instauré une aide de 100 € destinée à certains travailleurs « grands rouleurs ». Le consommateur encaisse donc simultanément fiscalité fixe, hausse du coût énergétique et répercussions géopolitiques.
Face à cette instabilité, certains épargnants choisissent de compléter leur patrimoine financier par des actifs physiques. Les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or peuvent entrer dans une stratégie de diversification, de débancarisation partielle et de sécurisation d’une fraction de l’épargne. Cette approche ne supprime ni les variations de cours ni les frais liés à l’achat et à la revente. BDOR indiquait le 17 septembre 2026 un cours de l’or autour de 3 801 € l’once et 122,21 € le gramme.
Sources : BDOR
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