L'once d'or recule de 1 % sur une semaine et cote désormais 3709,7 euros
Le prix de l'or cède environ 1 % cette semaine et repasse sous 120 euros le gramme, les taux élevés limitant l'attrait du métal sans coupon.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'or passe de 120,21 à 119,27 euros du lundi au mercredi, soit -0,8 % sur trois séances
Sur une semaine, la baisse atteint 1,0 %, après une hausse de 1,6 % la semaine précédente
L'once d'or cote 3709,7 euros ce matin, en repli de 0,96 % sur 24 heures
Sur trois mois, l'or reste en hausse de 6,8 %, ce qui relativise la correction récente
Le dollar recule légèrement et les taux obligataires élevés concurrencent un métal sans rendement
Les tensions au Moyen-Orient entretiennent une prime géopolitique qui soutient en partie les cours
Une semaine en repli, l'argent décroche plus vite que l'or
La semaine aura commencé lundi sur une once d'or à 120,21 euros le gramme pour terminer ce mercredi matin à 119,27 euros, soit un trajet de -0,8 % sur trois séances. Rapportée d'une semaine sur l'autre, la variation ressort à -1,0 %, contre +1,6 % la semaine précédente : le mouvement s'est donc inversé, sans pour autant effacer la dynamique récente. L'once d'or cote ce matin 3709,7 euros, en repli de -0,96 % sur les dernières 24 heures selon nos relevés en temps réel.
L'once d'argent, elle, a glissé de 1,738 à 1,698 euro le gramme sur la même période, soit -2,3 % en trois séances et -2,8 % en variation hebdomadaire, après -0,2 % la semaine précédente. En euros, cela donne 52,81 euros l'once, en baisse de -2,56 % sur 24 heures. L'écart est net : l'argent a perdu près de trois fois plus de terrain que l'or sur la semaine. Mis en perspective sur un mois, l'or ne recule que de -0,3 % quand l'argent cède -3,5 %. Mais sur trois mois, les deux métaux restent en territoire positif, +6,8 % pour l'or et +8,8 % pour l'argent, ce qui relativise la correction des derniers jours sans l'annuler.
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Le ratio or/argent franchit 70, l'argent paie sa double nature
Le ratio or/argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, s'établit ce matin à 70,2, contre 68,0 il y a un mois, soit une progression de +3,4 %. Un ratio qui monte signale que l'argent sous-performe l'or, et c'est exactement ce que montrent les chiffres de la semaine. L'explication tient à la nature double de l'argent, à la fois métal monétaire et matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque et l'électronique. Quand le marché doute de la demande industrielle ou ajuste ses positions spéculatives, l'argent bouge plus fort dans les deux sens, à la hausse comme ici à la baisse.
La dispersion observée sur les cotations officielles françaises du 13 octobre va dans le même sens de tension. Le lingot d'or 1 kilo a progressé de +2,0 % sur la séance, quand l'once lingotin reculait de -0,8 % et le lingot de 100 grammes chutait de -4,5 % sur la même journée. Cet écart entre formats, qui se retrouve atténué sur quatre mois (+7,8 %, +4,8 % et 0,0 % respectivement), traduit des mouvements de liquidité ponctuels plutôt qu'une tendance de fond homogène sur le marché physique.
Dollar en repli, taux réels élevés : pourquoi l'or résiste mieux
Le Dollar Index recule légèrement à 102,12 points (-0,09 % sur 24 heures) et l'EUR/USD remonte à 1,1218 dollar (+0,26 %). Un dollar plus faible soutient en théorie les métaux cotés dans cette devise, mais le repli observé cette semaine montre que d'autres forces l'emportent. L'OAT 10 ans se maintient à 4,44 % et les taux de la BCE restent fixés à 2,65 % pour le taux directeur et 2,5 % pour la facilité de dépôt, des niveaux qui offrent une rémunération concurrente à un métal qui ne verse aucun coupon. C'est cette comparaison entre le rendement sans risque et l'absence de revenu de l'or qui pèse sur la demande, indépendamment du mouvement du dollar.
Pour l'argent, le constat est plus sévère encore, parce que la composante industrielle du métal s'ajoute à cette pression monétaire. Dès que les anticipations de resserrement monétaire se renforcent, la perspective d'un ralentissement de la demande industrielle pèse sur le métal blanc davantage que sur l'or, ce qui explique une partie de l'écart de performance observé cette semaine entre les deux cours.
Tensions au Moyen-Orient et inflation américaine : les risques de la semaine
Les affrontements entre les forces houthies et l'Arabie saoudite se sont intensifiés ces derniers jours, avec des frappes rapportées sur des installations énergétiques et des réserves de carburant. Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz continuent par ailleurs d'alimenter une prime géopolitique sur les prix du pétrole, un facteur qui nourrit indirectement l'inflation importée et donc les anticipations de taux. Ce contexte maintient une tension latente qui peut, selon son évolution, soutenir ou fragiliser le cours des métaux précieux dans les jours qui viennent.
La publication de l'indice des prix à la consommation américain cette semaine, suivie de l'indice des prix à la production puis d'une intervention du président de la Réserve fédérale américaine, va orienter les anticipations de politique monétaire outre-Atlantique. Si ces données confirment des pressions inflationnistes, le marché pourrait renforcer ses paris sur un relèvement des taux américains, ce qui pèserait sur l'or et l'argent par effet de taux. A l'inverse, un ralentissement de l'inflation combiné à une poursuite du repli du dollar pourrait redonner de l'air aux deux métaux. Notre lecture reste prudente : le repli hebdomadaire de l'argent paraît davantage lié à des ajustements de positions qu'à un retournement structurel, mais cette analyse serait mise en défaut si la demande industrielle venait à se confirmer en baisse durable, ce qu'aucune donnée fournie ici ne permet d'affirmer à ce stade.
Sources : BDOR
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