Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : pourquoi le Conseil constitutionnel a dit non
Le Conseil constitutionnel censure l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, jugée disproportionnée. Macron relance le texte.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le Conseil constitutionnel censure l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans prévue pour septembre 2026
Le dispositif de vérification d'âge généralisée à tous les utilisateurs, mineurs et majeurs, est également retoqué pour garanties légales insuffisantes
Les Sages évoquent une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression et au respect de la vie privée
Emmanuel Macron demande à Sébastien Lecornu une réécriture du texte, avec une nouvelle adoption espérée d'ici au printemps 2027
La question de la protection des mineurs sans surveillance généralisée de l'ensemble des utilisateurs reste entière
Une loi retoquée avant son entrée en vigueur
Le Conseil constitutionnel a censuré l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un texte qui devait entrer en application dès septembre 2026. Le dispositif prévoyait une vérification de l'âge pour toute création de compte à partir du 1er septembre 2026, puis une généralisation à l'ensemble des comptes existants dès le 1er janvier 2027. Ce calendrier, conçu pour retarder l'exposition précoce des adolescents aux plateformes sociales, s'effondre net avec la décision des Sages.
Les juges constitutionnels ont estimé que ce dispositif portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression et au respect de la vie privée. Une formulation juridique sobre, mais lourde de conséquences pour l'exécutif, qui avait fait de ce texte un pilier de sa politique de protection de l'enfance en ligne. L'intention affichée, aussi légitime soit-elle, ne suffisait pas à valider des moyens jugés trop intrusifs au regard du droit constitutionnel.
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Vérification d'âge généralisée, le point de rupture
Le second volet censuré visait l'obligation, pour tous les utilisateurs, mineurs comme majeurs, de prouver leur âge avant d'accéder aux plateformes sociales. Un adulte de quarante ans aurait dû justifier son identité au même titre qu'un adolescent de quatorze ans. Le Conseil constitutionnel a jugé insuffisantes les garanties légales entourant cette vérification, pointant des risques de fichage, de fuite de données personnelles ou de détournement à des fins commerciales.
Cette réserve pèse aussi sur l'économie numérique française. Les plateformes concernées auraient dû déployer des systèmes de contrôle d'identité coûteux, avec un impact direct sur leurs coûts opérationnels dans l'Hexagone. Le texte censuré transformait de fait chaque utilisateur en sujet de vérification permanente, une bascule que les Sages ont refusée sans garanties plus solides.
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Macron relance le chantier, cap sur 2027
Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu de réécrire le texte, avec l'objectif d'obtenir une nouvelle adoption d'ici au printemps 2027. Le gouvernement dispose d'une fenêtre étroite pour bâtir un dispositif capable de résister à un nouvel examen constitutionnel. L'enjeu reste double, préserver l'objectif de protection des mineurs, tout en évitant l'écueil qui vient de faire tomber une première mouture pourtant longuement débattue au Parlement.
La question posée dépasse la seule technique juridique. Comment mieux protéger les moins de 15 ans sans imposer une surveillance généralisée de l'âge de tous les utilisateurs ? Légiférer vite sur le numérique sans anticiper la question des libertés individuelles, c'est courir après sa propre censure constitutionnelle, le gouvernement l'apprend à ses dépens. Le prochain texte devra convaincre sans braquer, protéger les plus jeunes sans ficher l'ensemble de la population pour surveiller une minorité.
Face à l'instabilité réglementaire, sécuriser son épargne autrement
Ces rebondissements législatifs rappellent une réalité simple, les règles du jeu peuvent changer brutalement, y compris pour l'épargne des ménages. Face à cette instabilité normative, un nombre croissant d'épargnants se tourne vers des solutions de débancarisation, en dehors des circuits bancaires classiques. Les métaux précieux occupent une place particulière dans cette stratégie patrimoniale, à travers l'acquisition de lingots d'or et d'argent ou de pièces d'or, des actifs tangibles qui échappent aux aléas réglementaires purement administratifs.
Un lingot d'or conservé hors du système bancaire ne dépend d'aucune décision du Conseil constitutionnel ni d'aucun changement de majorité parlementaire. Cette indépendance, recherchée par un nombre croissant de foyers français, explique l'intérêt renouvelé pour ces actifs tangibles, dans un climat où la confiance envers certains dispositifs réglementaires numériques reste fragile.
Sources : BDOR - Conseil constitutionnel - Présidence de la République
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