« SDF pendant neuf mois » : à 70 ans, cette retraitée ne peut plus se loger
Face à l'inflation et au gel des pensions prévu en 2027, des retraités comme Bernadette, 70 ans, doivent retravailler pour survivre.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Bernadette, 70 ans, ancienne cadre RH, a connu neuf mois de sans-abrisme avant de retrouver un logement en résidence médicalisée
Sa pension d'État cumulée à une pension privée ne suffit pas à couvrir loyer et courses face à la hausse du coût de la vie
Le gouvernement français envisagerait un gel des pensions de retraite en 2027, une piste qui relance la contestation
La Drees observait dès 2023 une progression du nombre de retraités contraints de cumuler emploi et pension
Retrouver un emploi à temps partiel a permis à Bernadette de régler ses factures et de renouer avec de petits plaisirs
Une pension qui ne suffit plus à vivre dignement
Bernadette a 70 ans. Ancienne cadre dans les ressources humaines, elle a pris sa retraite à 64 ans avec une pension d'État complétée par une pension privée. Le cumul ne couvre pourtant ni le loyer ni les courses. « Même avant la crise, je survivais, je ne vivais pas », confie-t-elle au Guardian, dans un témoignage publié en 2024. Avec la hausse du coût de la vie, la situation devient intenable pour elle, comme pour des milliers d'autres seniors confrontés au même dilemme.
La trajectoire de Bernadette illustre une réalité plus large. En France, l'inflation demeure élevée depuis 2022, rognant le pouvoir d'achat des ménages retraités dont les revenus progressent moins vite que les prix, selon les données de l'Insee publiées en 2024. Le panier alimentaire, l'énergie et le logement pèsent lourd dans un budget déjà contraint, transformant une retraite censée être un repos mérité en course permanente contre les fins de mois.
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Le gel des pensions prévu pour 2027 relance la contestation
Le gouvernement français envisagerait de geler les pensions de retraite en 2027, une piste évoquée dans le cadre des arbitrages budgétaires et relayée par plusieurs médias économiques en 2024. La mesure interviendrait alors que la croissance ralentit et que certains économistes évoquent un risque de récession pour l'Hexagone. Un gel, même temporaire, reviendrait à figer le niveau de vie des retraités pendant que les prix continuent, eux, leur progression.
Le calendrier interroge. Geler les pensions au moment où des retraités comme Bernadette peinent déjà à se loger relève d'un choix politique lourd de conséquences sociales. On peut comprendre la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. On comprend moins pourquoi l'ajustement reposerait, une fois encore, sur les épaules des plus fragiles plutôt que sur une réforme plus large de la fiscalité ou des dépenses de l'État.
Des retraités de plus en plus nombreux à reprendre une activité
La Drees observait déjà, dans une étude publiée en 2023, une progression du nombre de retraités cumulant emploi et pension en France. Le phénomène touche particulièrement les femmes ayant eu des carrières incomplètes ou des emplois peu rémunérés, comme Bernadette. Reprendre un emploi à temps partiel devient, pour cette population, moins une option de confort qu'une condition de survie économique.
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Bernadette, du sans-abrisme à la vente en boutique
Le parcours de Bernadette a basculé lorsque la propriétaire de son logement est décédée. « Son fils m'a envoyé un avis d'expulsion », raconte-t-elle au Guardian. Neuf mois durant, elle vit chez des proches puis dans des foyers d'accueil, avant d'obtenir en juin un studio dans une résidence médicalisée. Une trajectoire qui rappelle que le sans-abrisme ne concerne pas uniquement les jeunes générations précarisées.
Une fois relogée, Bernadette retrouve un emploi de vendeuse à temps partiel. Le complément de revenu lui permet de régler ses factures et de reconstituer une trésorerie minimale. « J'ai acheté des chaussures en soldes cette semaine. Je ne me souviens même plus de la dernière fois que j'ai acheté quelque chose de neuf », confie-t-elle, dans un aveu qui en dit long sur des années de privations silencieuses.
Sécuriser son épargne quand les pensions vacillent
Face à ces incertitudes sur l'évolution des pensions et à une inflation qui continue d'éroder l'épargne classique, un nombre croissant de Français se tournent vers des solutions tangibles pour protéger leur capital. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou les pièces d'or, offrent une alternative concrète aux placements bancaires classiques. Détenir une partie de son épargne hors du système bancaire traditionnel, dans une logique de débancarisation, permet de limiter l'exposition aux aléas monétaires et aux décisions politiques comme un éventuel gel des pensions. Pour des retraités inquiets de voir leur pouvoir d'achat rogné année après année, ces actifs physiques constituent une piste de diversification à étudier avec un conseiller spécialisé.
Sources : BDOR - The Guardian - Insee - Drees
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