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La Russie vend encore 6 tonnes d’or : la guerre commence à lui coûter très cher

La Banque de Russie a cédé 6 tonnes d’or en juillet 2026, portant ses ventes annuelles à 50 tonnes. Ses réserves reculent à 2 277 tonnes.

Temps de lecture : 3 minutes

La Russie vend encore 6 tonnes d’or : la guerre commence à lui coûter très cher

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En bref

  • La Banque centrale de Russie a vendu 6 tonnes d’or en juillet 2026

  • Les cessions cumulées depuis janvier atteignent 50 tonnes

  • Les réserves totales reculent désormais à 2 277 tonnes

  • Ce désengagement contraste avec les achats massifs de la Chine et de l’Inde

  • L’once d’or cote 3696,4 euros selon BDOR, en léger repli sur 24 heures

La Russie accélère ses cessions d’or en 2026

Six tonnes de moins dans les coffres de Moscou. La Banque centrale de Russie a confirmé, selon les données compilées par la Banque de Russie et relayées par le World Gold Council en août 2026, une nouvelle vente nette de 6 tonnes d’or au mois de juillet. Depuis janvier, l’institution a ainsi écoulé 50 tonnes de métal, ramenant ses réserves d’or totales à 2 277 tonnes. Le chiffre marque une rupture nette avec la stratégie d’accumulation menée depuis plus d’une décennie.

Ce rythme de cession n’est pas anodin. Entre 2014 et 2020, Moscou avait quadruplé son stock aurifère pour réduire sa dépendance au dollar américain, un choix stratégique assumé face aux premières sanctions occidentales. Voir la banque centrale russe revenir sur cette trajectoire, mois après mois, raconte une histoire différente : celle d’un besoin de liquidités qui prime désormais sur l’accumulation patrimoniale.

A lire aussi : L’or flirte avec des sommets historiques pendant que la dette mondiale explose sous les yeux impuissants des banques centrales

Les raisons d’un désengagement inédit

Le contexte économique russe explique en grande partie ce virage. La guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année, pèse lourdement sur les finances publiques du pays. Le financement de l’effort militaire, combiné à la chute des revenus pétroliers liés aux sanctions sur les exportations d’hydrocarbures, oblige le Kremlin à puiser dans ses réserves les plus liquides. L’or, facilement convertible même sous embargo, devient une variable d’ajustement budgétaire plutôt qu’une réserve de valeur figée.

Les cessions transitent en réalité par le Fonds national de richesse, structure qui centralise les actifs en or et en devises étrangères de l’État russe. Ce fonds a déjà été largement sollicité depuis 2022 pour combler les déficits successifs. On peut y voir un signe de fragilité, ou plus simplement une gestion pragmatique face à un isolement financier qui limite les options de refinancement classiques sur les marchés internationaux.

Selon notre expert : Le système financier mondial tremble alors que l’once d’or approche des records absolus face à une inflation qui refuse de reculer

Un marché de l’or sous surveillance des banques centrales

Le mouvement russe tranche avec la tendance dominante observée chez les autres grandes banques centrales. Chine, Inde, Turquie ou Pologne continuent d’accumuler de l’or à un rythme soutenu, année après année, selon les publications régulières du World Gold Council. Moscou fait figure d’exception parmi les BRICS, ce qui interroge sur la solidité réelle de ses réserves de change dans la durée.

Sur le marché physique, l’once d’or s’échange actuellement à 3696,4 euros, en repli de 0,23% sur vingt-quatre heures selon les cours relevés par BDOR. Ce repli technique s’inscrit dans un contexte macroéconomique contrasté : l’inflation dans la zone euro ressort à 0,7% sur un an en décembre 2025, la dette publique française atteint 118,5% du PIB, et la BCE maintient son taux directeur à 2,65% depuis septembre 2026. Autant d’éléments qui nourrissent la nervosité des investisseurs et leur appétit pour les actifs tangibles.

L’or physique, un choix de prudence pour l’épargne

Face à ces mouvements de fond entre puissances étatiques, nombre d’épargnants privés choisissent une voie plus simple : détenir eux-mêmes leur or, hors circuit bancaire. Les lingots d’or, les pièces d’or et les lingots d’argent permettent de constituer une épargne tangible, à l’abri des décisions monétaires et des aléas géopolitiques qui frappent aussi bien les États que les particuliers. Cette logique de débancarisation, loin d’être marginale, séduit un public toujours plus large en quête de sécurité patrimoniale, indépendamment des soubresauts qui agitent les réserves des banques centrales.

Sources : BDOR - Banque de Russie - World Gold Council

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