SCI : une nouvelle règle met fin aux cessions de parts sans notaire ni avocat
Une loi de juin 2026 impose notaire, avocat ou expert-comptable pour céder des parts de SCI, sous peine de nullité de la vente.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
La loi du 26 juin 2026 impose un acte authentique, un acte contresigné par avocat ou un acte rédigé par expert-comptable pour céder des parts de SCI
L'article 68 crée un nouvel article 1865-1 du Code civil
Toute cession réalisée sans ce formalisme est désormais nulle
La règle s'applique aussi entre membres d'une même famille
Cette obligation s'inscrit dans une loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Une réforme qui rebat les cartes de la SCI
Jusqu'au 26 juin 2026, transférer ses parts de société civile immobilière relevait d'une formalité presque anodine. Un acte rédigé entre associés, parfois de manière artisanale, suffisait à officialiser la transaction. Cette époque touche à sa fin depuis la publication au Journal officiel de la loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, datée du 26 juin 2026.
L'article 68 de ce texte crée un nouvel article 1865-1 du Code civil. Il impose, sous peine de nullité, le passage devant un notaire pour un acte authentique, la rédaction d'un acte contresigné par un avocat, ou la production d'un document établi par un expert-comptable habilité. Trois voies, un seul objectif : mettre fin aux cessions informelles qui échappaient jusqu'ici à tout contrôle professionnel structuré.
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Ce qui change concrètement pour les associés
La nouvelle règle s'applique sans exception, y compris lorsque la cession intervient entre membres d'une même famille, cas de figure pourtant fréquent dans la vie des SCI patrimoniales. Un parent qui transmet ses parts à un enfant, ou des héritiers qui réorganisent la répartition du capital, devront passer par l'un des trois canaux prévus par la loi, quelle que soit la proximité entre les parties.
Le cas particulier des cessions familiales
Cette exigence risque de surprendre des foyers habitués à régler ces questions en interne, sans frais annexes. Chaque opération nécessitera désormais des honoraires professionnels et un délai d'instruction supplémentaire. La contrepartie réside dans une sécurité juridique renforcée : moins de contestations ultérieures sur la validité d'une cession, moins de zones d'ombre exploitables en cas de litige successoral.
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Pourquoi cette mesure intervient maintenant
Le choix du véhicule législatif n'est pas anodin. Cette obligation s'inscrit dans une loi consacrée à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, ce qui éclaire l'intention du législateur. Les sociétés civiles immobilières, souvent utilisées pour organiser la détention d'un patrimoine familial, ont aussi servi, dans certains cas, à dissimuler des transferts de valeur ou à échapper à la traçabilité fiscale attendue par l'administration.
L'absence de formalisme antérieur laissait place à des montages difficiles à vérifier, avec des dates de cession parfois antidatées ou des prix sous-évalués. En confiant ce rôle à des professionnels du droit et du chiffre, le texte cherche à rétablir une chaîne de contrôle claire, du premier acte jusqu'à l'enregistrement fiscal. Le prix à payer, pour les associés, reste la perte d'une liberté contractuelle qu'ils tenaient pour acquise.
Sécuriser son épargne autrement : le retour des valeurs tangibles
Face à la complexification croissante des règles entourant l'immobilier et les structures patrimoniales, un nombre grandissant d'épargnants se tourne vers des solutions plus simples à détenir et à transmettre. Les métaux précieux, sous forme de lingots d'or, de pièces d'or ou de lingots d'argent, offrent une alternative tangible, sans acte authentique ni contreseing d'avocat pour en assurer la propriété.
Cette logique de débancarisation séduit ceux qui souhaitent diversifier leur patrimoine hors des circuits classiques, tout en conservant un actif physique et reconnu internationalement. Contrairement aux parts de SCI, un lingot ou une pièce se transmet de la main à la main, sans passage obligatoire devant un professionnel du droit, ce qui en fait un complément pertinent pour sécuriser une partie de son épargne.
Ce que les propriétaires de SCI doivent anticiper
Les associés en cours de réorganisation patrimoniale ont intérêt à anticiper ces nouveaux délais et ces nouveaux coûts. Une cession programmée pour la fin d'année 2026 mérite d'être préparée dès maintenant, notamment pour choisir le professionnel compétent. Les statuts de la SCI méritent également d'être relus, certains prévoyant des clauses d'agrément qui s'ajoutent désormais à cette exigence légale.
Reste une question ouverte : celle du coût réel de cette sécurisation pour des milliers de petites SCI familiales, où les montants en jeu ne justifient pas toujours des honoraires élevés. Le législateur a fait le choix de la rigueur contre celui de la souplesse. À chacun de composer avec cette nouvelle donne, en gardant à l'esprit qu'une cession mal préparée expose désormais à un risque de nullité pur et simple.
Sources : BDOR - Journal officiel - Code civil
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