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La Bourse grimpe de 7% depuis janvier, pourtant, presque tout le monde perd de l'argent depuis fin août

Taux à 4 %, dette record : immobilier, télécoms et banques plongent en Bourse. Ce que cela change vraiment pour l'épargnant.

Temps de lecture : 4 minutes

La Bourse grimpe de 7% depuis janvier, pourtant, presque tout le monde perd de l'argent depuis fin août

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En bref

  • Le CAC 40 recule de 0,41 % ce mardi matin à 7833 points, dans un contexte de taux obligataires en forte hausse

  • Depuis fin août, 17 des 20 grands secteurs européens sont en baisse, contre seulement 6 sur les huit premiers mois de l'année

  • L'immobilier coté, les télécoms et les banques encaissent le choc le plus violent face à la remontée des rendements

  • L'OAT française à 10 ans se négocie à 4 % pour une dette publique équivalente à 119,8 % du PIB

  • L'énergie et la technologie résistent, portées par un pétrole WTI au-dessus de 92 dollars le baril

  • Pour l'épargnant, cette dispersion sectorielle rappelle l'intérêt d'une diversification en dehors des seuls marchés d'actions et d'obligations

Le CAC 40 recule, la hausse des taux redessine la carte des Bourses

Ce mardi matin, le CAC 40 cède 0,41 % à 7833 points. Depuis janvier, le STOXX 600 affiche encore un gain d'environ 7 %, un chiffre qui masque une réalité plus heurtée sous la surface.

Depuis fin août, 17 des 20 grands secteurs européens sont désormais en baisse, contre seulement 6 sur les huit premiers mois de l'année. La cause : le taux américain à 10 ans a gagné près de 70 points depuis fin août, grimpant à son plus haut niveau depuis 2002. Quand le loyer de l'argent remonte à ce rythme, tous les secteurs ne paient pas le même prix.

A lire aussi : Le cours de l'or flirte avec des sommets pendant que les marchés obligataires mondiaux s'enflamment dangereusement

Immobilier, télécoms, banques : les premières victimes des taux élevés

L'immobilier coté et la construction encaissent le choc le plus direct : leur dette représente parfois plus de dix fois le résultat opérationnel, contre environ trois fois pour l'ensemble du STOXX 600. L'écart entre le rendement de l'immobilier de qualité et celui de la dette française à 10 ans s'est resserré à seulement 0,7 point, contre environ 3,2 points historiquement, selon UBS. Prêter à l'État rapporte presque autant que détenir de l'immobilier, pour un risque bien moindre.

Les télécoms suivent la même logique : le secteur a perdu environ 6 % depuis fin août, leurs dividendes se banalisant face aux obligations souveraines. Les banques reculent d'environ 7 % après avoir gagné 20 % auparavant, ce qui surprend puisqu'elles bénéficient en théorie de taux élevés. Bank of America le reconnaît : les banques européennes sont peu exposées directement à la dette française, mais la crainte d'une fragmentation de la zone euro, un écartement durable des taux entre pays membres, réveille le souvenir de 2012.

Énergie et pétrole : les rares secteurs qui tiennent le choc

L'énergie et la technologie résistent, en hausse d'environ 5 % chacun depuis le début du choc obligataire. L'énergie profite d'un pétrole cher : le WTI s'échange à 92,55 dollars, en hausse de 1,16 % sur vingt-quatre heures. La technologie reste portée par les investissements liés à l'intelligence artificielle, insensibles pour l'instant au niveau des rendements.

La consommation n'échappe pas à la purge : luxe, automobile, distribution reculent à mesure que le crédit renchérit. Goldman Sachs cite ces secteurs parmi les plus sensibles à la remontée des taux. La hausse des rendements n'a pas fait plonger tout le marché, elle sélectionne ses victimes avec précision.

Ce que cette dispersion change pour un épargnant détenteur d'or ou d'argent

Pour qui détient des actions, la question est simple : que vaut un portefeuille quand l'obligataire offre un rendement comparable, voire supérieur, pour un risque moindre ? En France, l'OAT à 10 ans s'affiche à 4 % pour une dette publique qui atteint 119,8 % du PIB. Ce couple taux élevé et endettement massif alimente la crainte de fragmentation qui pèse sur les banques et sur la valorisation des actifs sensibles au crédit.

L'or physique, lui, ne verse pas de dividende et ne porte pas de coupon : il n'entre pas dans cette comparaison de rendement qui fait fuir les investisseurs de l'immobilier coté ou des télécoms. Sa place dans un patrimoine se joue sur sa capacité à ne pas réagir aux mêmes signaux que les actions ou les obligations d'État. C'est précisément quand un marché trie ses gagnants et perdants, comme depuis fin août, qu'un actif sans bilan d'entreprise ni signature souveraine retrouve de l'intérêt dans une logique de répartition. Cela ne signifie pas que l'or progresse mécaniquement quand les taux montent : des rendements réels élevés pèsent plutôt sur son attrait, puisqu'il ne rapporte rien. Si l'inflation reflue plus vite que prévu et que les banques centrales ramènent les taux réels nettement positifs, l'argument patrimonial en faveur des métaux précieux s'affaiblirait. La lecture du jour tient tant que la dette française et la crainte de fragmentation restent des sujets ouverts.

Le risque France reste le fil rouge de la semaine boursière

Le CAC 40 à 7833 points et son repli de 0,41 % ne constituent qu'un point d'étape. Tant que l'OAT se maintient autour de 4 % et que la dette reste proche de 119,8 % du PIB, les secteurs les plus endettés ou dépendants du crédit resteront sous surveillance. Reste à voir si cette tension se propage au-delà de l'immobilier, des télécoms et des banques, ou si elle demeure circonscrite. Le pétrole à 92,55 dollars et la résistance de la technologie montrent que tout le marché ne plie pas de la même façon, c'est cette dispersion qui mérite d'être suivie dans les prochains jours.

Sources : BDOR

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