Taxe sur les superprofits pétroliers : l'Allemagne et cinq pays de l'UE saisissent la présidence irlandaise
Six pays de l'UE, menés par l'Allemagne, réclament une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers gonflés par la guerre en Iran. Décision attendue à Dublin.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
- Six pays de l’UE (Allemagne, Italie, Autriche, Pologne, Portugal, Espagne) demandent une taxe exceptionnelle communautaire sur les compagnies pétrolières.
- Une lettre commune a été adressée au ministre des Finances irlandais, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union.
- Les profits du secteur ont explosé depuis la guerre lancée contre l’Iran en février, qui perturbe le trafic dans le détroit d’Ormuz.
- Le polonais Orlen a triplé son résultat net au premier semestre 2026.
- Les signataires veulent s’inspirer du prélèvement instauré en 2022 après l’invasion de l’Ukraine.
L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal et l’Espagne réclament officiellement une taxe exceptionnelle sur les compagnies pétrolières à l’échelle de l’Union européenne. Une lettre commune, consultée par l’AFP samedi 22 août, a été transmise au ministre des Finances irlandais, l’Irlande occupant actuellement la présidence tournante du bloc. Les six signataires demandent l’inscription de ce dossier à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Finances prévue à Dublin en septembre.
Des marges gonflées par le conflit iranien
Les gains du secteur énergétique se sont envolés depuis février, date à laquelle les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Le conflit a réduit le trafic dans le détroit d’Ormuz, couloir stratégique du transport mondial d’hydrocarbures, provoquant l’un des plus importants chocs d’approvisionnement depuis des décennies.
Les ministres signataires pointent une rentabilité et des marges sur les produits raffinés supérieures à la simple progression des cours du brut. Autrement dit, les groupes pétroliers ne se contenteraient pas de répercuter la hausse du baril, ils en amplifieraient les effets sur leurs comptes. Le cas du géant polonais Orlen illustre le phénomène, avec un résultat net multiplié par trois sur les six premiers mois de l’année. Selon plusieurs études, les bénéfices des majors ont doublé depuis le début des hostilités.
Berlin durcit le ton face aux groupes énergétiques
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, martèle depuis plusieurs semaines que les entreprises du secteur ne doivent pas « plumer » les consommateurs en pleine crise. Une source au sein de son ministère a précisé à l’AFP que « les bénéfices excessifs liés à la crise doivent être reversés aux consommateurs ».
Ce discours s’inscrit dans un climat social tendu. Le mécontentement progresse partout face à la flambée du coût de la vie, alimentée par la hausse des carburants et ses répercussions en chaîne sur les prix à la consommation.
Le précédent de 2022 comme feuille de route
Les six capitales souhaitent des discussions communautaires sur la taxation des bénéfices exceptionnels, en tirant les leçons de la contribution temporaire mise en place en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ce mécanisme avait alors permis de capter une partie des surprofits des énergéticiens pour financer des mesures de soutien aux ménages.
Plusieurs de ces pays avaient déjà sollicité la Commission européenne plus tôt cette année pour instaurer un prélèvement similaire, sans obtenir de réponse concrète. Bruxelles n’a, à ce jour, donné aucun signe d’une volonté d’imposer une taxe sur les superprofits pétroliers. La réunion de Dublin en septembre dira si le rapport de force a évolué, l’unanimité des Vingt-Sept restant la règle en matière fiscale.
Sécuriser son épargne face à l’instabilité énergétique
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la volatilité des marchés de l’énergie rappellent la fragilité des actifs financiers traditionnels face aux chocs externes. Les investissements alternatifs comme les métaux précieux, qu’il s’agisse de lingots d’or et d’argent ou de pièces d’or, offrent une protection tangible contre l’inflation importée par la hausse des carburants et contre les incertitudes fiscales qui pèsent sur les valeurs pétrolières. Dans une logique de débancarisation et de diversification patrimoniale, détenir une part de son épargne en or physique permet de s’affranchir des soubresauts des marchés actions et des décisions politiques, tout en conservant une valeur refuge reconnue dans les périodes de conflit.
Sources : BDOR
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