Une épave vieille de 650 ans retrouvée révèle un trésor exceptionnel de 136 kg
Une épave du XIVe siècle découverte près de Singapour révèle 136 kg de porcelaines chinoises Yuan, témoignage spectaculaire du commerce asiatique médiéval.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Une épave du XIVe siècle révèle une cargaison exceptionnelle
- Une cargaison massive issue des ateliers impériaux chinois
- Une jonque marchande probablement partie de Quanzhou
- Le commerce asiatique du XIVe siècle sous un nouveau jour
- Une vaisselle précieuse et chargée de symboles
- Quand les découvertes archéologiques croisent les logiques de valeur
En bref
• Une épave vieille d’environ 650 ans a été localisée au large de Singapour.
• Les fouilles ont permis d’extraire près de 136 kg de porcelaines intactes ou fragmentées.
• Les pièces appartiennent majoritairement à la dynastie chinoise Yuan et témoignent d’un commerce maritime très actif au XIVe siècle.
• Plusieurs motifs rares, dont les célèbres canards mandarins dans un étang de lotus, ont permis de dater précisément certaines productions.
• La cargaison illustre la puissance des routes commerciales asiatiques reliant la Chine, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient.
Une épave du XIVe siècle révèle une cargaison exceptionnelle
Au large de Singapour, une découverte archéologique spectaculaire apporte un éclairage inédit sur le commerce asiatique médiéval. Les recherches menées entre 2016 et 2019 ont permis d’identifier l’épave d’un navire datant du XIVe siècle, restée immergée durant près de six siècles et demi.
Au cœur des fouilles apparaît un butin inhabituel : 136 kg de porcelaines chinoises remarquablement préservées. Bols, plats, jarres et vases formaient la cargaison principale du bâtiment, probablement destiné à rejoindre l’ancien centre commercial de Temasek, ancêtre de la Singapour moderne.
Les travaux ont été dirigés par l’archéologue Michael Flecker, spécialiste des épaves asiatiques. L’étude publiée début 2026 détaille un ensemble archéologique exceptionnel révélant l’ampleur du commerce maritime asiatique à l’époque de la dynastie Yuan.
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Une cargaison massive issue des ateliers impériaux chinois
L’épave a livré près de 3,5 tonnes de fragments de céramiques, parmi lesquels plusieurs pièces intactes d’une qualité remarquable. Les archéologues ont identifié des porcelaines bleu et blanc produites dans les fours de Jingdezhen, centre majeur de production impériale en Chine.
Ces pièces comptent parmi les premières générations de porcelaines décorées au cobalt, apparues vers la fin des années 1320. Le style artistique très précis des ornements a permis d’affiner la datation de certaines pièces.
Des motifs impériaux révélateurs
Parmi les décorations les plus remarquables figure un motif récurrent : des canards mandarins nageant dans un étang de lotus. Cette représentation symbolique était associée au règne de l’empereur Wenzong, qui gouverna entre 1328 et 1332.
Durant cette période, l’usage du motif était réservé à l’empereur. Après sa mort, les restrictions furent levées, ce qui permit aux ateliers privés de reproduire ces décorations pour l’exportation.
Outre ces scènes animalières, les archéologues ont identifié des motifs variés : dragons, phénix, hérons, lièvres ou fleurs stylisées telles que pivoines et chrysanthèmes. L’ensemble reflète la richesse artistique des productions chinoises du XIVe siècle.
Une jonque marchande probablement partie de Quanzhou
Les analyses suggèrent que le navire était une jonque marchande chinoise, aujourd’hui très détériorée. Selon les chercheurs, il aurait quitté le port de Quanzhou, sur la côte sud-est de la Chine, l’un des plus grands centres commerciaux maritimes de l’époque.
La cargaison ne se limitait pas aux porcelaines impériales. Plusieurs types de céramiques provenant de différentes régions chinoises ont été identifiés :
-
Céladon de Longquan, reconnu pour sa glaçure verte brillante
-
Céramiques blanches de Dehua, réputées pour leur finesse
-
Bols à glaçure verte issus de fours du Fujian
-
Grandes jarres de Cizao destinées probablement au transport de vin
Des artefacts similaires ont déjà été retrouvés sur des sites archéologiques de Singapour, ce qui renforce l’hypothèse d’un voyage commercial à destination de Temasek.
Le commerce asiatique du XIVe siècle sous un nouveau jour
La cargaison retrouvée offre une illustration saisissante des échanges commerciaux en Asie au Moyen Âge. Les porcelaines étaient fabriquées par des artisans chinois à partir de pigments importés, notamment du cobalt provenant de Perse, l’actuel Iran.
Ces produits circulaient ensuite le long des routes maritimes de la soie, qui reliaient la Chine à l’Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et parfois jusqu’à l’Afrique orientale.
La découverte confirme l’ampleur de ces réseaux commerciaux plusieurs siècles avant l’essor du commerce européen dans la région.
Une vaisselle précieuse et chargée de symboles
Au XIVe siècle, la porcelaine ne possédait pas la valeur marchande de l’or. Sa rareté et sa qualité en faisaient pourtant un objet très recherché parmi les élites politiques et marchandes.
Selon l’historien de l’art Shane McCausland, professeur à l’université SOAS de Londres, ces objets possédaient également une dimension symbolique. Une croyance répandue affirmait que la porcelaine bleu et blanc pouvait se fissurer si elle entrait en contact avec du poison.
Cette réputation mystérieuse explique l’attrait particulier de certains souverains pour ce type de vaisselle, perçu comme une forme de protection contre les complots.
Selon notre expert : Un mouvement inhabituel secoue les réserves mondiales d’or et certains investisseurs commencent à s’interroger sur la prochaine étape du système financier.
Quand les découvertes archéologiques croisent les logiques de valeur
Les cargaisons anciennes rappellent qu’au fil de l’histoire, certaines marchandises ont concentré richesse et prestige avant de laisser place à d’autres formes d’actifs. Les porcelaines impériales du XIVe siècle constituaient ainsi un symbole de puissance commerciale et culturelle.
Les investisseurs contemporains observent parfois un phénomène comparable avec les actifs tangibles, dont la valeur repose sur la rareté, la demande internationale et la confiance des détenteurs.
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