Vacances 2025, 37% des Français ne sont pas partis selon le Crédoc et 70% des non-partants invoquent des raisons financières
Vacances 2025, 37% des Français ne sont pas partis selon le Crédoc et 70% des non-partants invoquent des raisons financières
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
- 63 % des Français de 15 à 69 ans sont partis au moins une fois en vacances en 2025, selon une étude du Crédoc pour l’ANCV, contre 43 % en 2021.
- 37 % des sondés ont bénéficié d’une aide au départ, et le nombre de bénéficiaires directs des chèques-vacances a bondi de 55 % entre 2008 et 2024.
- Les contraintes financières restent le premier frein, citées par 70 % des personnes non parties au cours des douze derniers mois.
- 21 % des ménages modestes ne partent jamais, quand 43 % des foyers aisés s’offrent plusieurs séjours par an.
Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), menée pour l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), dresse un état des lieux contrasté du départ en vacances des Français. En 2025, 63 % des 15-69 ans sont partis au moins une fois, sur la base d’un séjour d’au moins quatre nuits consécutives hors du domicile. La lecture inversée du chiffre interpelle davantage : 37 % de la population concernée n’a pas quitté son foyer, soit près de quatre personnes sur dix. D’autres travaux nuancent cette proportion, l’Observatoire Huttopia des vacances, piloté par l’ObSoCo avec le sociologue Jean Viard, évaluant à 28 % la part des Français qui restent chez eux.
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Un taux de départ qui se redresse depuis la crise sanitaire
La dynamique de fond reste favorable. Le taux de départ plafonnait à 43 % en 2021, année marquée par les restrictions sanitaires, et à 56 % en 2009, au plus fort de la crise des subprimes. La part des personnes déclarant ne jamais partir a également reculé, passant de 18 % en 2009 à 14 % en 2025. Les jeunes, les étudiants, les indépendants et les foyers aux revenus modestes figurent parmi les catégories qui reprennent le plus la route des congés, parfois pour un premier départ.
Des aides en nette progression, un effet encore limité
Le soutien public et privé s’intensifie. En 2025, 37 % des 15-69 ans déclarent avoir bénéficié d’une aide au départ en vacances, versée par l’ANCV, les employeurs, les Caisses d’allocations familiales ou les mairies. Chez les actifs occupés, 36 % indiquent avoir reçu des chèques-vacances, directement ou par l’intermédiaire de leur conjoint. L’étude reconnaît un biais méthodologique, la formulation de l’enquête ayant été élargie aux conjoints en 2025. L’ANCV confirme malgré tout une hausse réelle de 55 % du nombre de bénéficiaires directs entre 2008 et 2024, pour un total de 4,8 millions de personnes. Les salariés en CDD ou en intérim profitent plus souvent de chèques intégralement financés par l’entreprise, quand les actifs des structures de plus de 200 salariés participent davantage au financement.
Le budget, premier obstacle au départ
Ces dispositifs ne suffisent pas à gommer les difficultés. Parmi les personnes non parties au cours des douze derniers mois, 70 % avancent des raisons financières. Derrière ce chiffre se cachent des réalités diverses : ressources jugées trop instables pour engager une telle dépense, restrictions sur des postes pourtant vitaux comme la santé ou l’alimentation, ou encore priorité donnée au départ des enfants au détriment d’un séjour familial complet.
Des freins qui dépassent la seule question de l’argent
Le renoncement relève aussi de choix ou de contraintes personnelles. 23 % des sondés préfèrent rester chez eux, une position qui traduit parfois une réticence à voyager seul. Les raisons de santé et les motifs familiaux pèsent chacun pour 14 % des réponses. S’ajoutent le stress de quitter son domicile, la crainte des cambriolages ou la charge d’organisation du séjour. Le numérique constitue un autre point de blocage : 60 % des Français expriment au moins trois réticences liées à internet, et 70 % des personnes qui ne partent jamais jugent les arnaques en ligne fréquentes, contre 57 % en moyenne.
Le tourisme, miroir des inégalités sociales
Le secteur agit comme un révélateur des écarts de niveau de vie dans l’Hexagone. 21 % des personnes aux revenus modestes déclarent ne jamais partir, une situation qui touche aussi les demandeurs d’emploi, les femmes au foyer et les personnes peu ou pas diplômées. Un quart des personnes séparées ou divorcées et 20 % de celles qui vivent seules sont concernées, tout comme 20 % des habitants des communes rurales.
À l’opposé, 43 % des ménages aisés s’offrent plusieurs séjours par an, contre 21 % en moyenne. Les cadres et professions intellectuelles supérieures (37 %), les retraités (31 %) et les professions intermédiaires (27 %) dominent le palmarès des multi-départs, aux côtés des habitants de l’agglomération parisienne (32 %, contre 16 % dans les villes de 20 000 à 99 999 habitants). Quatre-vingt-dix ans après la loi du 20 juin 1936 instaurant les congés payés, l’accès aux vacances demeure un privilège inégalement partagé.
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Protéger son épargne pour préserver sa liberté de partir
Le renoncement aux vacances illustre la pression croissante exercée sur le pouvoir d’achat des ménages et sur leur capacité à constituer une réserve financière. Face à l’inflation et à l’érosion des livrets réglementés, les investissements alternatifs comme les métaux physiques offrent une piste de diversification. Lingots d’or, lingots d’argent ou pièces d’or permettent de sécuriser une partie de son épargne hors du circuit bancaire traditionnel, dans une logique de débancarisation. Une réserve de valeur tangible, transmissible et liquide, qui peut redonner à terme des marges de manœuvre budgétaires, y compris pour financer un projet aussi simple que quelques jours loin de chez soi.
Sources : BDOR
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