Le Ballon d'Or n'est pas en or massif : voici sa vraie composition
Contrairement aux idées reçues, le trophée n'est pas (complètement) en or, mais alors de quoi est-il fait ?
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Le Ballon d’or 2026 sera décerné lundi 26 octobre au London Palladium, à Londres, lors de la 70e édition de la cérémonie.
Ousmane Dembélé est le lauréat de l’édition 2025 et laissera lundi sa place au nouveau vainqueur masculin.
Le célèbre trophée fabriqué par Mellerio n’est pas constitué d’or massif : deux demi-sphères en laiton sont assemblées puis recouvertes d’une finition dorée.
Près de cent heures de travail et six mois de préparation sont nécessaires à la fabrication d’un Ballon d’or.
Cette différence entre dorure et or physique illustre directement ce qui sépare un objet symbolique d’un lingot ou d’une pièce d’investissement.
Le ballon d’or 2026 sera remis lundi soir à londres
Le suspense prendra fin lundi 26 octobre 2026. Selon l’organisation officielle du Ballon d’or, la 70e cérémonie se déroulera au London Palladium, à Londres, une délocalisation exceptionnelle destinée à marquer les soixante-dix ans de la récompense créée en 1956. Le nom du nouveau lauréat masculin sera alors dévoilé après plusieurs semaines de spéculations autour des trente joueurs retenus par France Football. L’édition 2026 couvre les performances réalisées entre le 3 août 2025 et le 19 juillet 2026, compétitions internationales comprises.
Ousmane Dembélé appartient désormais à l’histoire de l’édition précédente. L’UEFA confirmait le 22 septembre 2025 que l’attaquant français avait remporté le Ballon d’or 2025 devant Lamine Yamal et Vitinha. Il ne faut donc plus présenter le trophée actuellement au centre de l’attention comme celui « remis cette année à Dembélé ». Lundi soir, un nouveau nom sera gravé sur l’édition 2026. Cette précision temporelle change complètement l’angle : ce n’est plus le souvenir du dernier vainqueur qui fait l’actualité, mais l’arrivée imminente d’un nouveau trophée sous les projecteurs.
À lire aussi : L’or recule sous 3 600 euros l’once, mais ses soutiens de long terme restent solidement installés
Un trophée couleur or qui n’est pourtant pas fabriqué en or massif
Son nom entretient naturellement l’ambiguïté. Pourtant, le Ballon d’or remis lundi au futur vainqueur ne sera pas constitué de plusieurs kilogrammes d’or massif. La maison Mellerio, chargée de fabriquer le trophée depuis 1956, explique que son artisan assemble d’abord deux demi-sphères de laiton. Le ballon passe ensuite entre les mains de plusieurs spécialistes pour former ses panneaux, le polir et graver les inscriptions. Ce n’est qu’à une étape avancée de la fabrication qu’il reçoit sa finition dorée avant d’être installé sur son socle caractéristique en pyrite.
Le processus reste pourtant exceptionnel. Mellerio indique qu’un trophée nécessite près de cent heures de travail et que sa fabrication commence environ six mois avant sa livraison. Le nom du vainqueur, lui, reste secret jusqu’au dernier moment avant d’être gravé à la main. La valeur du Ballon d’or vient donc surtout de son caractère unique, de son histoire sportive et du savoir-faire mobilisé pour le produire. La quantité d’or utilisée dans sa finition n’est pas ce qui détermine sa valeur.
C’est précisément là que le parallèle avec l’investissement devient intéressant. Un objet peut être doré, spectaculaire et extrêmement précieux sans constituer pour autant une réserve d’or. L’apparence visuelle et la valeur intrinsèque du matériau sont deux notions très différentes.
Un ballon doré et un lingot d’or répondent à deux logiques opposées
Pour l’épargnant, la différence est fondamentale. Selon BDOR, le cours de l’or s’établissait le 23 octobre 2026 à 16 h 51 à 3 573,56 euros l’once, soit 114,89 euros le gramme. Dans le cas d’un lingot ou d’une pièce d’investissement, une grande partie de la valeur repose directement sur la quantité d’or contenue, son titre et le cours du marché. Un lingot de 1 kilogramme titré à 999,9 ‰ contient ainsi une quantité précisément identifiable d’or fin.
Le Ballon d’or fonctionne à l’inverse. Même couvert d’or, son intérêt économique ne dépend pas du poids du métal utilisé pour sa finition. Son propriétaire détient avant tout un trophée historique. La situation rappelle pourquoi la mention « doré » ou « plaqué or » ne doit jamais être assimilée à de l’or physique d’investissement. Pour un épargnant, la pureté, le poids et l’authenticité restent les références permettant d’évaluer réellement la quantité de métal détenue.
Cette distinction prend encore plus de sens lorsque l’objectif consiste à diversifier son patrimoine. Des lingots d’or et d’argent ou des pièces d’or peuvent constituer une partie d’une stratégie de débancarisation et de sécurisation de l’épargne. Leur prix fluctue, ils ne versent aucun revenu et leur conservation demande une organisation adaptée. Leur intérêt réside ailleurs : l’investisseur détient directement un actif physique dont la quantité et le titre peuvent être vérifiés.
Lundi soir, lorsque le prochain Ballon d’or apparaîtra sous les lumières du London Palladium, son éclat restera spectaculaire. Mais pour parler véritablement d’or détenu comme réserve de valeur, ce sont toujours la balance, le titre et le nombre de grammes qui auront le dernier mot.
Sources : BDOR, Ballon d’or / France Football, UEFA, Mellerio
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

