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Dette publique : la France devra payer 100 milliards d’euros d’intérêts dès 2028

La charge de la dette publique française franchira 100 milliards d'euros dès 2028. BDOR analyse l'impact concret pour l'épargne et le patrimoine.

Temps de lecture : 4 minutes

Dette publique : la France devra payer 100 milliards d’euros d’intérêts dès 2028

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En bref

  • La charge de la dette publique française devrait franchir 100 milliards d'euros dès 2028, selon le rapport sur le projet de loi de finances 2027.

  • Le ratio de dette atteindrait 119,3 % du PIB fin 2026 puis 121,7 % fin 2027, un niveau supérieur à celui observé pendant la crise sanitaire.

  • L'encours de dette grimperait à 3 814,9 milliards d'euros en 2027, contre 2 218,4 milliards d'euros en 2017.

  • Le taux d'emprunt de la France à 10 ans a atteint 5,10 %, son plus haut niveau depuis un quart de siècle.

  • La notation de la France par l'agence Moody's est attendue dans un climat de tension sur les marchés obligataires et actions.

La charge de la dette franchira les 100 milliards d'euros dès 2028

Le rapport sur le projet de loi de finances 2027, déposé par le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, fixe un cap vertigineux. La charge de la dette publique française, les intérêts versés chaque année aux créanciers, passerait de 79,2 milliards d'euros en 2026 à 91,2 milliards en 2027, puis 103,7 milliards en 2028. En 2023, elle ne représentait « que » 53,4 milliards d'euros : elle aura donc quasiment doublé en cinq ans, sans financer une seule école, un hôpital ou une route.

Le budget de l'Éducation nationale, hors retraites, est projeté à 60,6 milliards d'euros en 2027 (89,1 milliards avec les retraites). La charge de la dette le dépasserait donc dès 2028, devenant l'un des tout premiers postes de dépense de l'État. Ce basculement arrive à la veille d'une nouvelle notation de la France par Moody's, un rendez-vous que les marchés obligataires surveillent de près.

A lire aussi : L'or s'envole alors que les dettes publiques occidentales atteignent des niveaux jamais vus depuis l'après-guerre, et les marchés commencent à trembler face à la facture qui s'annonce.

Un ratio de dette qui dépasse déjà le pic de la crise sanitaire

Le rapport budgétaire projette un ratio de dette publique à 119,3 % du PIB fin 2026, puis 121,7 % fin 2027. Nos relevés en direct situent déjà ce ratio à 119,9 % du PIB, confirmant que la trajectoire se vérifie semaine après semaine. Depuis 2017, où la dette s'élevait à 2 218,4 milliards d'euros, l'encours total grimperait à 3 814,9 milliards d'euros en 2027, soit 23,2 points de PIB supplémentaires. Près de 1 600 milliards d'euros de plus en moins de dix ans, un rythme supérieur à celui des années de crise sanitaire.

Le déficit public, mesuré à 5,1 % du PIB au deuxième trimestre 2026, confirme que l'ajustement promis par le gouvernement de Sébastien Lecornu tarde à produire ses effets. Geler les aides sociales, faire payer davantage les malades ou désindexer les pensions de retraite ralentit la dépense, mais ne compense pas une charge d'intérêts qui suit sa propre logique : celle des taux auxquels la France emprunte désormais.

Le taux à 5,10 % et le CAC 40 en recul traduisent la nervosité des marchés

Le taux d'emprunt de la France à dix ans s'est envolé à 5,10 %, un niveau inégalé depuis un quart de siècle. Chaque point de base supplémentaire renchérit le coût du prochain emprunt et alourdit mécaniquement la charge de la dette des années suivantes. Ce vendredi 23 octobre 2026, le CAC 40 recule de 1,29 % en séance, à 7 766 points, un repli qui s'inscrit dans le même climat de défiance envers les actifs souverains fragilisés. Une croissance du PIB limitée à 0,5 % sur l'année ne laisse guère de marge pour espérer une résorption de la dette par l'activité économique.

David Amiel, ministre des Comptes publics, a lui-même chiffré la dérive : les votes à l'Assemblée nationale sur la première partie du budget dégraderaient déjà le déficit de 10 milliards d'euros. Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes, a évoqué un « risque d'étouffement financier » dans un entretien du 18 octobre 2026.

Ce que cette trajectoire change pour l'épargnant

Une dette qui grossit plus vite que l'économie qui la porte pose, tôt ou tard, une question simple : qui absorbe le choc. Historiquement, trois voies existent : l'inflation, l'impôt, ou l'allongement de la maturité de la dette à des taux plus élevés. Toutes pèsent sur les actifs financiers libellés en euros et sur l'épargne détenue dans le système bancaire classique. Un taux à 5,10 % sur dix ans, conjugué à un ratio de dette proche de 122 % du PIB, nourrit mécaniquement la recherche d'actifs qui ne dépendent pas de la signature d'un État ni du bilan d'une banque.

C'est précisément ce rôle que joue l'or physique détenu en direct, hors compte titres et hors dépôt bancaire : un actif sans contrepartie de crédit, dont la valeur ne repose pas sur la capacité d'un trésor public à honorer ses échéances. Cette lecture n'a rien d'automatique : si le prochain budget parvenait à stabiliser le déficit, si la croissance accélérait au-delà des 0,5 % actuels, ou si Moody's confirmait la confiance des marchés, la pression sur les taux pourrait refluer.

Pour l'heure, les chiffres du rapport budgétaire 2027 et le niveau atteint par le taux à dix ans racontent la même histoire : celle d'un État qui emprunte plus cher pour rembourser une dette plus lourde, année après année. Un épargnant qui détient de l'or ou de l'argent physique ne se prémunit pas contre un risque abstrait, mais face à une mécanique budgétaire déjà chiffrée, noir sur blanc, dans un document déposé devant l'Assemblée nationale.

Sources : BDOR

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