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409 pièces d'or impériales découvertes à Torzhok, un trésor enfoui depuis la révolution de 1917 estimé à 500 000 dollars

409 pièces d'or de l'Empire russe exhumées à Torzhok en 2025. Un trésor estimé à 500 000 dollars, enfoui lors de la révolution de 1917, dont le propriétaire reste inconnu.

Temps de lecture : 2 minutes

409 pièces d'or impériales découvertes à Torzhok, un trésor enfoui depuis la révolution de 1917 estimé à 500 000 dollars

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En bref

  • Un trésor de 409 pièces d'or de l'Empire russe a été mis au jour à Torzhok (oblast de Tver) lors de fouilles archéologiques préventives en 2025.

  • Les monnaies, frappées entre 1848 et 1911, représentent environ 4 070 roubles, soit une valeur estimée à 500 000 dollars au cours actuel de l'or.

  • Les pièces étaient dissimulées dans une poterie en argile appelée « kandyushka », enfouie sous les fondations d'une maison.

  • Parmi les pièces figurent des coupures rares de 15 et 7,5 roubles, frappées en 1897 lors de la réforme monétaire de Sergei Witte qui plaça la Russie sous l'étalon-or.

  • Les archéologues classent la trouvaille comme un « trésor de retour » : une réserve cachée dans l'intention d'être récupérée, probablement lors de la révolution de 1917.

  • L'identité du propriétaire reste inconnue ; le trésor rejoindra le musée historique et ethnographique panrusse de Torzhok après restauration.


Une fouille préventive révèle un trésor enfoui à Torzhok

 

Quelques centimètres de terre sous les fondations d'une maison anonyme de la rue Sadovaya, et c'est une fenêtre ouverte sur l'Empire russe finissant. En 2025, l'Institut d'archéologie de l'Académie des sciences de Russie, en collaboration avec le musée historique et ethnographique panrusse, a exhumé 409 pièces d'or impériales lors de fouilles de sauvetage conduites avant des travaux de construction à Torzhok, ville ancienne située à environ 220 kilomètres au nord-ouest de Moscou dans l'oblast de Tver.

La zone fouillée couvrait 252 mètres carrés, à proximité de l'ancienne église Dmitrievskaya, rasée au début des années 1930. Les archéologues y examinaient les vestiges d'une habitation en bois détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, reconstruite sur ses fondations en pierre après le conflit.

A lire aussi : Les banques centrales accumulent de l'or à un rythme sans précédent depuis cinquante ans, poussant le cours vers des sommets historiques qui redessinent la hiérarchie des actifs refuges.


Un récipient en argile utilisé comme coffre-fort

 

C'est lors du démontage d'une extension des fondations que les chercheurs ont découvert un récipient en argile fragmenté. Quand les pierres ont été déplacées, des centaines de pièces se sont répandues au sol. Le contenant a été identifié comme une « kandyushka », petite poterie à col étroit munie d'une anse, recouverte d'une glaçure brun-jaune caractéristique des ustensiles domestiques de l'époque.

Cette méthode de dissimulation était répandue dans la Russie impériale du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle : enterrer ses économies sous le plancher ou dans les fondations pour les mettre hors de portée des regards.

 

 


 

De Nicolas Ier à Nicolas II : un siècle de monnaies impériales

 

L'analyse numismatique révèle une composition précise : 387 pièces de 10 roubles or, 10 pièces de 5 roubles, 10 pièces de 15 roubles et 2 pièces de 7,5 roubles. L'ensemble représente 4 070 roubles, soit, sur la base de la valeur au fondu d'une pièce de 10 roubles contenant environ 90 % d'or, une estimation d'environ 500 000 dollars.

La pièce la plus ancienne, un 5-roubles frappé sous Nicolas Iᵉʳ, date de 1848. Une seconde pièce de 5 roubles provient du règne d'Alexandre III. La grande majorité appartient au règne de Nicolas II, dernier tsar de Russie, entre 1894 et 1911.

Les coupures de 15 et 7,5 roubles constituent une trouvaille particulièrement notable : elles ont été frappées exclusivement en 1897, dans le cadre de la réforme monétaire orchestrée par le ministre des Finances Sergei Witte, qui plaça l'Empire russe sous l'étalon-or. Ces pièces n'ont circulé que quelques années et sont aujourd'hui rares.

 

 


 

La révolution de 1917, hypothèse centrale

 

La pièce la plus récente date de 1911. Six ans séparent cette frappe de la révolution bolchevique, période durant laquelle la détention privée d'or est devenue dangereuse. Les archéologues classent ce dépôt comme un « trésor de retour » : une réserve volontairement soustraite au regard, avec l'intention claire de la récupérer une fois la situation stabilisée.

Le contexte historique appuie cette lecture. Après octobre 1917, les fortunes privées furent nationalisées, les pillages se multiplièrent et des millions de Russes perdirent leur patrimoine du jour au lendemain. Enterrer son or représentait alors l'ultime protection. Mais le propriétaire n'est jamais revenu.

 

 


 

Un propriétaire introuvable malgré les archives

 

Les chercheurs ont consulté les archives historiques locales pour tenter d'identifier la personne ayant caché les pièces. Les registres montrent qu'au début du XXᵉ siècle, la rue Sadovaya comptait 24 foyers. Parmi leurs occupants figuraient des prêtres liés à l'église voisine, des marchands, un trésorier, un comptable, un tailleur, un cordonnier, un métallurgiste et plusieurs journaliers.

L'obstacle reste la numérotation des maisons, remaniée à plusieurs reprises depuis l'époque impériale. L'adresse ancienne ne correspond plus aux numéros actuels, rendant toute identification précise impossible pour l'instant. Des fouilles complémentaires dans le quartier pourraient, à terme, apporter de nouveaux éléments.

 

 


 

Un témoignage rare sur la circulation monétaire impériale

 

Au-delà de la valeur marchande, le dépôt constitue l'une des plus importantes trouvailles scientifiques de monnaies d'or de la fin de l'Empire russe. Les pièces renseignent sur les habitudes d'épargne, la circulation monétaire et la confiance accordée à l'or comme réserve de valeur à la fin du XIXᵉ siècle. Après restauration, l'ensemble sera confié au musée historique et ethnographique panrusse de Torzhok pour une présentation au public.

Selon notre expert : Alors que les grandes fortunes rapatrient leurs lingots et que les épargnants regardent l'or d'un œil nouveau, le marché de l'or physique entre dans une phase de tension inédite depuis la crise de 2008.


Lingots, pièces d'or et sécurisation du patrimoine

 

L'histoire de ce trésor enfoui il y a plus d'un siècle résonne avec une réalité économique toujours d'actualité. Lorsqu'un système politique s'effondre, les épargnants se tournent vers l'or physique pour protéger leur capital. La personne qui a caché ces pièces d'or à Torzhok avait compris instinctivement ce que nombre d'investisseurs redécouvrent aujourd'hui.

Diversifier son patrimoine via des lingots d'or, des pièces d'or ou de l'argent physique reste une stratégie prisée par ceux qui souhaitent réduire leur dépendance au système bancaire. Face aux crises monétaires, aux tensions géopolitiques ou aux réformes fiscales imprévues, la détention d'or ou d'argent sous forme physique offre une protection tangible que les actifs numériques ou bancaires ne garantissent pas.

 

Sources :  BDOR

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