Adaptation au changement climatique : Monique Barbut veut mobiliser l'épargne des Français
Monique Barbut envisage de financer l'adaptation climatique avec l'épargne des Français via la Caisse des dépôts. Un plan d'investissements est attendu en octobre.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Adaptation au changement climatique : Monique Barbut veut mobiliser l'épargne des Français via la Caisse des dépôts d'ici octobre 2026
- Un plan d'investissements attendu pour octobre
- « Il faudra encore me supporter »
- Cadmium : une norme divisée par plus de quatre d'ici 2030
- Le Conseil constitutionnel valide la loi d'urgence agricole
- Protéger son épargne quand l'État lorgne sur les livrets
En bref
- Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, étudie un financement de l'adaptation climatique par l'épargne des Français via la Caisse des dépôts.
- Le plan d'investissements, discuté avec Bercy, doit être présenté en octobre à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu.
- La ministre confirme son maintien au gouvernement après sa démission avortée de juillet et cite trois priorités, dont la forêt et la santé environnementale.
- Elle propose d'abaisser la norme de cadmium dans les engrais phosphatés à 20 mg/kg d'ici 2030, contre 90 mg/kg aujourd'hui.
- Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole, incluant la disposition sur l'acétamipride.
Adaptation au changement climatique : Monique Barbut veut mobiliser l'épargne des Français via la Caisse des dépôts d'ici octobre 2026
Un mois après sa démission avortée, Monique Barbut reprend la main. Dans un entretien accordé à Libération publié dimanche 16 août 2026, la ministre de la Transition écologique dévoile sa piste privilégiée pour financer l'adaptation au changement climatique : puiser dans l'épargne des Français, avec la Caisse des dépôts comme véhicule. « Les ressources de l'État étant ce qu'elles sont, je voudrais creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts issu de l'épargne des Français », détaille-t-elle.
L'annonce intervient alors que la France traverse une sécheresse historique, alimentée par une succession de vagues de chaleur et aggravée par de vastes incendies sur l'ensemble du territoire, à l'image du sinistre de Saumos en Gironde.
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Un plan d'investissements attendu pour octobre
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié fin juillet une mission précise à la ministre : présenter d'ici octobre de nouvelles mesures destinées à « accélérer » la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique. Les discussions avec Bercy ont déjà commencé, selon Monique Barbut.
Ce chantier s'ouvre dans un climat budgétaire tendu. Les crédits du Fonds vert, qui soutient les politiques d'adaptation des collectivités locales, n'ont cessé de reculer ces dernières années. L'exécutif a promis en juillet de les porter à un milliard d'euros dans le prochain budget, un montant encore largement débattu.
La mobilisation de l'épargne réglementée par l'intermédiaire de la Caisse des dépôts constituerait un levier alternatif aux finances publiques. L'institution centralise déjà une partie des encours du Livret A et du LDDS, historiquement fléchés vers le logement social et, plus récemment, vers la transition énergétique.
« Il faudra encore me supporter »
La ministre profite de cet entretien pour solder les polémiques estivales. « Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions… Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter », cingle-t-elle.
Surnommée « Madame transat » par certains conseillers après avoir géré la crise des feux de forêts en visioconférence depuis sa résidence du Var, elle balaie l'accusation : « Contrairement à ce que certains disent, je n'ai pas passé l'été sur une chaise longue. J'étais dans mon bureau. »
Trois garanties obtenues de l'Élysée
Après avoir annoncé son départ en juillet pour protester contre la loi d'urgence agricole, Monique Barbut était finalement restée en poste à l'issue d'un entretien avec Emmanuel Macron. « Le chef de l'État, en présence du Premier ministre, m'a garanti un programme d'investissements sur l'adaptation, des avancées concrètes sur les questions de santé environnementale et sur les forêts », énumère-t-elle, tout en reconnaissant n'avoir « aucune garantie formelle ». Elle fixe trois priorités : l'adaptation, la forêt et la santé environnementale. « Tant que ces sujets avancent », la question de son avenir au gouvernement « ne se pose pas ».
Cadmium : une norme divisée par plus de quatre d'ici 2030
Sur le front sanitaire, la ministre veut accélérer la réduction du cadmium, métal lourd toxique présent dans l'environnement et l'alimentation. Le gouvernement prépare un décret encadrant sa teneur dans les engrais phosphatés. « Je souhaite que nous fixions une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme à horizon 2030, contre 90 mg/kg actuellement », avance-t-elle. Le ministère de l'Agriculture envisageait en mai une trajectoire plus lente, avec 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg d'ici 2038.
Le Conseil constitutionnel valide la loi d'urgence agricole
La ministre juge « pas surprenantes » les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé vendredi la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole, y compris la disposition ouvrant la voie à la réintroduction de l'acétamipride. Elle salue des clarifications « utiles » : l'absence de décision de l'Anses dans le délai de deux mois prévu pour une dérogation vaut désormais refus. « Je veillerai à ce qu'aucune pression ne soit exercée sur l'Anses », promet-elle.
Absente du déplacement gouvernemental en Gironde comme de la Cop17 sur la désertification à Oulan-Bator, Monique Barbut se rend ce lundi en Alsace, près de Haguenau, pour évoquer l'adaptation des forêts au réchauffement.
Selon notre expert : Entre déficits publics abyssaux et tensions monétaires mondiales, le métal jaune s'impose comme l'ultime refuge des patrimoines.
Protéger son épargne quand l'État lorgne sur les livrets
L'hypothèse d'une mobilisation de l'épargne réglementée pour financer les politiques publiques relance une interrogation ancienne chez les épargnants : qui décide réellement de l'usage de leur argent ? Face à cette dépendance croissante des livrets aux arbitrages de l'État, les investissements alternatifs retrouvent tout leur sens. Les métaux précieux, qu'il s'agisse de lingots d'or et d'argent ou de pièces d'or, offrent un actif tangible, détenu en propre, hors du circuit bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation permet de sécuriser une partie de son patrimoine contre l'inflation, les tensions budgétaires et les décisions politiques imprévisibles, tout en conservant une valeur reconnue mondialement depuis des siècles.
Sources : BDOR / Le figaro / L'opinion
En bref
Sources : BDOR
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