Arnaque au faux RIB : un notaire condamné après le vol de 96 400 euros, pourquoi il ne faut plus transmettre de RIB par mail
Faux RIB : un notaire condamné après une fraude de 96 400 €. Une décision clé sur la sécurité des virements et la responsabilité des acteurs.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Une fraude classique aux conséquences lourdes
- Un cadre juridique défavorable aux victimes
- Une négligence professionnelle retenue contre le notaire
- Une responsabilité partagée avec la société victime
- Une alerte concrète sur les pratiques de paiement
- L’attrait croissant pour les actifs tangibles face aux risques numériques
En bref
Un notaire est condamné pour avoir transmis un RIB sans sécurisation, facilitant une fraude de 96 400 euros
L’escroc a intercepté l’e-mail et modifié l’IBAN sans altérer l’apparence du document
Le préjudice final dépasse 68 000 euros malgré une récupération partielle des fonds
La responsabilité est partagée entre le notaire et la société victime, jugée imprudente
Les banques sont exonérées, conformément au cadre légal du code monétaire et financier
L’affaire souligne les risques liés à l’envoi de coordonnées bancaires par e-mail
Une fraude classique aux conséquences lourdes
L’affaire jugée par le tribunal judiciaire de Paris met en lumière une mécanique bien rodée. À l’automne 2022, une société spécialisée dans l’investissement immobilier engage une opération d’acquisition d’un montant de 320 000 euros, mobilisant près de 96 400 euros de fonds propres.
La transmission des informations bancaires par le notaire constitue le point de bascule. Un e-mail contenant le relevé d’identité bancaire de l’étude est intercepté par un tiers malveillant. Le document est ensuite falsifié avec précision : seul l’IBAN est modifié, tandis que la présentation générale reste intacte.
La société, trompée par cette apparente authenticité, exécute le virement vers le compte frauduleux. L’erreur n’est détectée que neuf jours plus tard, lors d’une relance du notaire.
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Un cadre juridique défavorable aux victimes
Le litige a impliqué trois acteurs : le notaire, la banque émettrice et la banque destinataire. Sur le terrain juridique, les établissements bancaires s’appuient sur le code monétaire et financier, notamment ses articles L133-21 et L133-23.
Ces dispositions précisent qu’un virement est réputé correctement exécuté dès lors qu’il correspond à l’IBAN fourni par le client, indépendamment du nom du bénéficiaire. Cette règle limite fortement les possibilités de recours contre les banques, même en cas de fraude manifeste.
La jurisprudence confirme cette interprétation, ce qui explique l’absence de condamnation des établissements financiers dans ce dossier.
Une négligence professionnelle retenue contre le notaire
L’attention du tribunal s’est portée sur les pratiques du notaire. L’envoi d’un RIB par e-mail non sécurisé, sans procédure de vérification complémentaire, constitue une faille majeure dans un contexte de cybercriminalité largement documenté.
Le jugement retient plusieurs éléments :
-
absence de canal sécurisé pour la transmission de données sensibles
-
absence de confirmation téléphonique
-
absence d’informations complémentaires permettant de valider le virement
Pour un officier public, ces manquements sont considérés comme une faute professionnelle caractérisée.
Une responsabilité partagée avec la société victime
La société n’a pas été totalement exonérée. Une incohérence dans l’adresse e-mail utilisée par l’escroc était identifiable, ce qui aurait pu déclencher une vérification.
Cette imprudence conduit le tribunal à retenir une responsabilité à hauteur de 30 % pour la victime. Le montant final de la condamnation du notaire est ainsi fixé à 48 025,17 euros.
Malgré les démarches entreprises, seuls 27 792,62 euros ont pu être récupérés, laissant un préjudice net de plus de 68 000 euros.
Une alerte concrète sur les pratiques de paiement
Ce dossier illustre une évolution nette des risques liés aux fraudes au faux RIB. La sophistication des techniques utilisées rend les contrôles visuels insuffisants.
Les pratiques évoluent progressivement dans les professions exposées :
-
recours à des plateformes sécurisées pour transmettre les coordonnées bancaires
-
vérifications systématiques par téléphone
-
double validation avant tout virement
La décision judiciaire renforce l’idée que la sécurisation des échanges ne relève plus d’une option, mais d’une exigence opérationnelle.
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L’attrait croissant pour les actifs tangibles face aux risques numériques
La multiplication de ce type d’incident alimente une réflexion plus large sur la sécurisation du patrimoine. Les flux numériques, bien que rapides et efficaces, exposent à des vulnérabilités techniques difficiles à maîtriser.
Dans cette perspective, les lingots d’or, pièces d’or et lingots d’argent s’imposent comme des alternatives recherchées. Leur détention directe permet de réduire l’exposition aux circuits bancaires et aux risques de fraude électronique.
Cette logique de débancarisation séduit une part croissante d’épargnants soucieux de conserver un contrôle physique sur une fraction de leur capital, dans un contexte financier marqué par l’augmentation des cyberattaques.
Sources : BDOR - Figaro Immobilier - Capital - Midi Libre
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