Bercy mandate quatre économistes pour cartographier le déficit français jusqu'en 2030. Rapport attendu en juillet, avant les débats sur le budget 2027.
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Sommaire
En bref
Roland Lescure et David Amiel ont confié à quatre économistes une mission indépendante sur les finances publiques françaises à horizon 2030.
Les experts désignés sont Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla, épaulés par l'Inspection générale des finances.
Leur rapport, attendu début juillet, devra proposer des scénarios de réduction du déficit et une répartition des efforts entre l'État, la Sécurité sociale et les collectivités locales.
Le déficit public français atteignait 5,1 % du PIB en 2025 ; l'objectif affiché reste de repasser sous les 3 % d'ici 2029-2030, une cible que le FMI juge inatteignable sans mesures correctives substantielles.
L'initiative intervient à moins d'un an de la présidentielle, dans un contexte de fragmentation parlementaire qui rend les arbitrages budgétaires particulièrement incertains.
À dix-huit mois d'une élection présidentielle et face à un Parlement fragmenté, le gouvernement Lecornu sort une carte rarement jouée en matière budgétaire. Les ministres Roland Lescure (Économie) et David Amiel (Comptes publics) ont mandaté, le 26 mai 2026, quatre économistes pour produire une analyse indépendante de l'horizon des finances publiques françaises jusqu'en 2030, avec des recommandations directement exploitables pour la préparation du budget 2027.
Le quatuor retenu réunit des profils complémentaires et reconnus. Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d'analyse économique et professeur à la London School of Economics ; Xavier Ragot, directeur de recherche au CNRS et président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ; Jean-Luc Tavernier, inspecteur général des finances et ancien directeur général de l'Insee ; Natacha Valla, doyenne de l'École du management et de l'impact à Sciences Po, ancienne de la Banque centrale européenne. Trois d'entre eux avaient déjà participé à la Commission pour l'avenir des finances publiques montée par Bruno Le Maire après la crise sanitaire.
Leur travail sera soutenu par l'Inspection générale des finances. Le rapport final devra être remis courant juillet, avant l'ouverture formelle des discussions budgétaires à l'automne.
La situation des comptes publics constitue le fil directeur de cette commande. La France affichait un déficit de 5,1 % du PIB en 2025. Pour 2026, le gouvernement a déjà revu sa cible à la hausse, la portant à 5 % au lieu des 4,7 % initialement prévus, sous la pression notamment des surcoûts liés au conflit au Moyen-Orient.
L'objectif officiel reste de ramener ce déficit sous le seuil européen des 3 % d'ici 2029-2030. Mais le FMI, dans ses dernières projections, se montre nettement plus pessimiste : sans mesures correctrices, l'institution de Washington table sur un déficit de 6,1 % du PIB à cet horizon. Elle a formellement appelé Paris à réorienter ses dépenses courantes et sociales vers des postes jugés prioritaires.
C'est précisément pour quantifier l'ampleur de l'effort nécessaire que Bercy a décidé de passer par des voix extérieures.
La lettre de mission structure les travaux en deux temps. La première partie portera sur une projection tendancielle des dépenses et des recettes publiques d'ici 2030. Les économistes devront tenir compte des hausses mécaniques déjà programmées : montée en charge des dépenses de retraite liée au vieillissement démographique, augmentation du budget des armées, investissements dans le nucléaire civil. L'objectif est d'identifier les principaux facteurs de dérive avant tout arbitrage politique.
La seconde partie sera consacrée à des scénarios de rééquilibrage. Les experts proposeront une répartition des efforts entre les trois grandes sphères publiques : l'État central, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales. Les résultats seront exprimés à la fois en pourcentage du PIB et en milliards d'euros, afin de donner aux parlementaires une lecture concrète des enjeux. S'ils le jugent pertinent, les économistes pourront aussi formuler des recommandations sur les recettes.
Bercy précise que cette mission ne porte pas sur la conception d'un programme budgétaire complet. Elle doit uniquement poser un cadre analytique que le gouvernement pourra ensuite utiliser, ou non, pour bâtir son projet de loi de finances.
L'initiative répond à une recommandation de la Cour des comptes et s'inspire d'un précédent bien identifié. Après le Covid, Bruno Le Maire avait mis sur pied la Commission Arthuis, dont plusieurs membres de l'actuel quatuor faisaient partie. L'actuelle directrice de cabinet de David Amiel, Claire Durrieu, en était alors rapporteuse.
La logique est similaire : un rapport signé par des économistes reconnus comme « incontestables », selon les mots de Bercy, peut servir de socle objectif aux débats parlementaires et rendre plus difficile la contestation des hypothèses retenues. Le document sera rendu public dès sa remise.
La tâche s'annonce ardue. Tous les ministères, sauf la Défense, ont d'ores et déjà reçu des instructions pour réduire leurs dépenses et maîtriser leurs effectifs. Mais à un an de la présidentielle, la discipline budgétaire se heurte aux calculs électoraux. L'hypothèse d'une simple reconduction du budget 2026 pour l'année suivante n'est pas formellement écartée. L'IGF a même été chargée mi-avril d'étudier les conséquences d'un tel scénario, qui s'est déjà produit deux fois consécutives en 2025 et 2026.
La dégradation persistante des finances publiques françaises et l'incertitude qui pèse sur le budget 2027 rappellent l'intérêt de diversifier son épargne au-delà des produits bancaires traditionnels. Face à un déficit structurel et à des arbitrages politiques imprévisibles, l'or physique, qu'il s'agisse de lingots, de plaquettes ou de pièces comme le Napoléon ou la Krugerrand, reste l'une des rares valeurs refuges totalement déconnectées du système financier. L'argent métal, plus accessible à l'achat, attire également des épargnants soucieux de sortir une partie de leur patrimoine du circuit bancaire. Ces actifs tangibles, qui n'exposent à aucun risque de contrepartie, peuvent constituer une réserve de valeur pertinente à mesure que les marges de manœuvre budgétaires se réduisent.
Sources : BDOR
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