CAC 40 : la Bourse de Paris résiste aux 8 000 points malgré la flambée du pétrole et des taux
Le CAC 40 résiste au-dessus de 8000 points malgré la flambée du Brent et des taux obligataires, avant la décision clé de la Fed attendue mercredi.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le CAC 40 vise 8100 points après un plus bas à 8033 points, porté par une résistance technique fragile
Le Brent reste élevé autour de 108 dollars après la revendication houthie sur le détroit de Bab el-Mandeb
Les taux américains à 10 ans frôlent 5%, un plus haut depuis 2007, tandis que l'OAT française s'écarte du Bund allemand
Wall Street recule nettement dans l'attente d'une hausse de taux de la Fed jugée probable à plus de 90% par CME Group
Vallourec, 2CRSi, bioMérieux et Renault animent l'actualité des valeurs françaises
L'or et l'argent physiques progressent, confirmant l'intérêt pour la diversification hors circuit bancaire
Le CAC 40 résiste malgré la pression pétrolière et obligataire
La séance s'annonce à nouveau nerveuse ce mardi matin sur la Bourse de Paris. Le baril de Brent reste perché autour de 108 dollars, les rebelles houthis ayant revendiqué le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, axe stratégique du transport pétrolier mondial. Cette tension géopolitique s'ajoute à une remontée spectaculaire des rendements obligataires : les bons du Trésor américain à 10 ans évoluent à leur plus haut niveau depuis 2007, proches de 5%, un seuil qui redessine les arbitrages des investisseurs institutionnels.
En France, l'écart se creuse également face à l'Allemagne. L'OAT à 10 ans se traite actuellement à 4% en direct, selon l'Agence France Trésor, tandis que la Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,65% depuis sa réunion du 16 septembre 2026. Le CAC 40, qui avait touché un plus bas de séance à 8033 points la veille, s'affiche ce matin à 8090 points, en repli de 0,33%. L'indice parisien cherche malgré tout à reconquérir le seuil symbolique des 8100 points, preuve que la résistance technique reste intacte même quand le contexte macroéconomique se durcit.
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Wall street sous pression, la Fed dans tous les esprits
Wall Street n'a pas résisté à la pression conjuguée du brut et des taux longs lors de la séance de mardi. Le Nasdaq a cédé 0,78% à 25 981 points, le S&P 500 a reculé de 0,45% à 7585 points et le Dow Jones a fléchi de 0,63% à 51 093 points, illustrant un appétit pour le risque en net repli chez les gérants américains.
Toute l'attention se porte désormais sur la décision monétaire attendue mercredi soir. Une hausse d'un quart de point est jugée probable à plus de 90% par les opérateurs, selon le baromètre FedWatch publié par CME Group. La Réserve fédérale américaine doit composer avec une économie encore résiliente mais une inflation qui refuse de refluer durablement. La conférence de presse programmée à 20h30 sera scrutée de près, tout comme la publication des ventes de détail et des prix à l'import-export du mois d'août, deux indicateurs qui conditionneront la lecture du cycle de resserrement monétaire outre-Atlantique.
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Valeurs à suivre : Vallourec, 2CRSi, bioMérieux et Renault
Sur le marché parisien, plusieurs dossiers animent les débats. Vallourec a décroché un contrat majeur auprès de Subsea7 pour la fourniture de line pipes sans soudure destinés au projet Sepia 2, développé par Petrobras dans le bassin pré-salifère de Santos, au large du Brésil. Le groupe sidérurgique doit produire environ 130 kilomètres de risers et flowlines rigides, soit plus de 15 000 tonnes de tubes en acier carbone conçus pour résister aux environnements les plus corrosifs.
Chez 2CRSi, l'expert indépendant mandaté par le conseil d'administration a confirmé l'existence de la commande de 194 serveurs Godì Blackwell passée le 7 mai, ainsi que l'encaissement intégral du prix de vente et le paiement complet du fournisseur, avant même la livraison. Ces conclusions viennent contredire les accusations formulées par le fonds Grizzly Research.
bioMérieux a par ailleurs obtenu le marquage CE selon la réglementation IVDR pour ses tests BIOFIRE Respiratory 2.1 plus et Pneumonia plus, classés en catégorie D, le niveau de risque le plus élevé, en raison de la présence du MERS-CoV dans leur menu de détection. Renault, de son côté, investit 319 millions d'euros au Brésil via sa coentreprise avec Geely, renforçant l'ancrage industriel du groupe au losange en Amérique latine.
Diversifier son épargne face à la volatilité des marchés
Face à cette accumulation de signaux contradictoires, taux élevés, pétrole tendu, banques centrales prudentes, une partie des épargnants se tourne vers des actifs jugés plus stables. L'once d'or s'échange actuellement à 3746,6 euros, en hausse de 0,86% sur vingt-quatre heures, tandis que l'once d'argent progresse de 1,13% à 55,97 euros, selon les cours constatés ce jour.
L'acquisition de lingots d'or, de pièces d'or ou de lingots d'argent physiques permet à un nombre croissant de particuliers de sortir, au moins partiellement, du circuit bancaire classique et de sécuriser une fraction de leur épargne hors des aléas boursiers et obligataires. Cette logique de débancarisation, longtemps marginale, gagne du terrain à mesure que les rendements des marchés actions deviennent plus incertains et que les taux souverains s'écartent d'un pays à l'autre au sein même de la zone euro.
Sources : BDOR - CME Group - Agence France Trésor - Banque centrale européenne (BCE) - Réserve fédérale américaine (Fed)
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