CAC 40 en repli de 0,4 % après les frappes américaines en Iran et la remontée du Brent à 98 dollars
CAC 40 en recul de 0,4 % après des frappes américaines en Iran. Le Brent remonte à 98 dollars. Wall Street attendu en légère hausse à la réouverture.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Le CAC 40 ouvre en baisse de 0,4 % à 8 223 points le 26 mai 2026, effaçant une partie du gain de 1,76 % enregistré lundi.
Des frappes américaines contre des positions iraniennes dans le détroit d'Ormuz, revendiquées au nom de la légitime défense, relancent les inquiétudes géopolitiques.
Le Brent reprend 2,2 % à 98,2 dollars le baril après sa chute de la veille liée à l'espoir d'un accord Washington-Téhéran.
Wall Street, fermé lundi pour Memorial Day, devrait rouvrir dans le vert avec les contrats à terme sur le S&P 500 en progression de 0,6 %.
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent à Doha, mais aucun accord n'est formalisé.
Le rebond de lundi rattrapé par les frappes nocturnes
La Bourse de Paris avait clôturé lundi en hausse de 1,76 % à 8 258 points, portée par un regain d'optimisme autour d'une possible détente entre Washington et Téhéran. Ce mardi 26 mai, le CAC 40 recule de 0,4 % à l'ouverture, autour de 8 223 points, tout comme le SBF 120 qui perd la même proportion à 6 256 points.
La raison de ce retournement est arrivée dans la nuit. Plusieurs fortes explosions ont été rapportées dans le sud de l'Iran. L'armée américaine a revendiqué des frappes contre des sites de lancement de missiles iraniens et des embarcations soupçonnées de poser des mines dans le détroit d'Ormuz, invoquant la protection de ses troupes face aux menaces des forces iraniennes. En quelques heures, la prime de risque géopolitique, que la séance de lundi avait presque effacée, s'est reconstituée.
La mémoire courte des marchés, rattrapée par les faits
Lundi, tout s'était joué sur une publication. Donald Trump avait évoqué, samedi soir sur Truth Social, un accord avec l'Iran « en grande partie négocié ». Les marchés avaient réagi sans attendre les signatures : le Brent avait chuté de près de 6 % en repassant sous les 100 dollars, le Nikkei avait franchi les 65 000 points pour la première fois, et le CAC 40 avait engrangé 1,76 %.
Téhéran avait pourtant rapidement démenti toute conclusion d'accord. Trump lui-même avait tempéré ses propos quelques heures plus tard. Les discussions se poursuivent à Doha, sans aboutir à rien de tangible. Ce mardi, la réalité militaire reprend le dessus sur les anticipations.
Le Brent en rebond, Wall Street attendu en légère hausse
Le cours du Brent reprend 2,2 % à 98,2 dollars le baril ce matin, après avoir brièvement effleuré les 94 dollars lundi. La prime de risque sur l'énergie liée au détroit d'Ormuz, ce passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, se reconstitue progressivement. Tant que la situation militaire reste volatile, les anticipations d'une normalisation des flux pétroliers restent fragiles.
Du côté américain, Wall Street rouvre après le long week-end de Memorial Day dans une configuration a priori favorable. Les contrats à terme sur le S&P 500 progressent de 0,6 %, une orientation qui contraste avec la prudence qui prévaut sur les places européennes. L'écart de tonalité entre les deux rives de l'Atlantique reflète en partie une exposition différente à la géopolitique proche-orientale.
Doha, les négociations et l'arithmétique de la peur
Les discussions entre l'Iran et les États-Unis se tiennent à Doha sous médiation qatarie. Elles n'ont, à ce stade, produit aucun document signé. Ce qui a suffi à faire bondir les marchés lundi, c'est une déclaration présidentielle informelle sur un réseau social, sans cadre diplomatique officiel. L'ampleur du rebond dit autant sur l'état de tension préalable des marchés que sur la solidité de l'espoir.
Depuis trois mois, la menace sur le détroit d'Ormuz pèse sur l'économie mondiale comme une taxe invisible : pétrole cher, coûts de transport en hausse, pressions inflationnistes persistantes. Le moindre assouplissement dans ce dossier libère mécaniquement des pressions accumulées. Mais l'inverse est tout aussi vrai. Les frappes de lundi soir l'ont rappelé avec brutalité.
Les taux d'intérêt restent par ailleurs élevés en Europe comme aux États-Unis. La Banque centrale européenne maintient une posture de vigilance malgré les signes de ralentissement économique dans la zone euro. Cette configuration de fond limite la portée des rebonds boursiers, même lorsqu'ils sont alimentés par des données géopolitiques favorables.
Selon notre expert : Quand les Bourses soufflent le chaud et le froid en moins de 24 heures, l'or physique confirme son rôle de rempart contre l'instabilité des marchés financiers.
L'or comme réserve de valeur face à l'instabilité persistante
L'agitation sur les marchés pétroliers et les incertitudes géopolitiques autour de l'Iran illustrent une réalité que nombre d'épargnants redécouvrent : la volatilité des actifs financiers traditionnels ne faiblit pas. Dans ce contexte, des investisseurs se tournent vers des actifs tangibles comme les lingots d'or, les pièces d'or ou l'argent physique, dont la valeur ne dépend d'aucune décision bancaire centrale ni d'aucun tweet présidentiel.
La débancarisation partielle de l'épargne, via l'acquisition de métaux sous forme physique, répond à une logique de préservation du capital face aux chocs géopolitiques et aux politiques monétaires imprévisibles. Lorsque le Brent plonge de 6 % en une journée puis remonte de 2 % le lendemain, les investisseurs en or physique ne modifient pas leur position : ils attendent, à l'abri des retournements de marché.
Sources : BDOR
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