Coup de théâtre avec l’Iran : Trump s'apprête à revendiquer une victoire sur l'Iran sans obtenir d’accord nucléaire
Trump envisage de clore la guerre en Iran sans accord nucléaire si Ormuz rouvre, alors que Téhéran durcit ses exigences et le pétrole remonte.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Donald Trump serait disposé à mettre fin à la guerre avec l’Iran sans obtenir préalablement un accord nucléaire.
La priorité américaine serait désormais la réouverture complète du détroit d’Ormuz au trafic commercial.
Téhéran réclame des compensations financières, la levée de sanctions et le retrait de forces américaines.
Le Brent a terminé la séance du 7 août à 83,55 dollars le baril.
Le désaccord public entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu sur Gaza complique encore la diplomatie américaine au Moyen-Orient.
L’objectif américain en Iran serait en train de se réduire. Après des mois de confrontation militaire et de négociations difficiles sur le nucléaire, Donald Trump serait désormais prêt à mettre fin au conflit avec l’Iran sans accord nucléaire, à condition d’obtenir un résultat immédiatement visible : la réouverture complète du détroit d’Ormuz. Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait évoqué cette possibilité auprès de plusieurs hauts responsables de son administration.
L’idée est politiquement compréhensible. Elle est aussi risquée. À moins de trois mois des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre 2026, la Maison-Blanche doit composer avec un pétrole toujours cher et une facture énergétique devenue particulièrement sensible pour les électeurs. Les élections renouvelleront notamment l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants.
Le détroit d’Ormuz devient la véritable ligne d’arrivée de Trump
Le nucléaire iranien reste officiellement au cœur du différend entre Washington et Téhéran. Sur le terrain politique, la priorité paraît pourtant s’être déplacée vers le commerce maritime. Le détroit d’Ormuz représentait avant sa fermeture environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié, selon Reuters. Sa remise en service pourrait donc détendre rapidement les marchés énergétiques et offrir à Donald Trump une victoire beaucoup plus facile à expliquer aux électeurs qu'un accord technique sur l'enrichissement d'uranium.
Les cours montrent à quel point chaque information venue du Golfe est scrutée. Le Brent avait reculé vers 79 dollars le 4 août lorsque les investisseurs avaient cru à une avancée diplomatique. Trois jours plus tard, il terminait à 83,55 dollars le baril, en hausse de 1,3 %, tandis que le WTI clôturait à 78,18 dollars. Les opérateurs doutaient à nouveau des conditions permettant une reprise normale de la navigation.
Une réouverture stable d’Ormuz pourrait réduire une partie de la prime géopolitique intégrée au pétrole. Pour Trump, l’intérêt électoral est évident. Il avait lui-même reconnu dès avril que les prix du pétrole et de l’essence pouvaient rester élevés jusqu’aux élections de novembre. La stratégie paraît donc moins guidée par la recherche d’un règlement exhaustif que par celle d’un résultat économique tangible et rapide.
Téhéran fait monter le prix d’une sortie de guerre
Le problème est que l’Iran ne semble pas disposé à offrir cette victoire à bas prix. Téhéran conditionne désormais la réouverture du détroit à plusieurs concessions américaines. Les demandes rapportées comprennent la levée de sanctions, la fin du blocus naval, des compensations liées aux frappes américaines et la cessation des opérations contre l’Iran et ses alliés régionaux. Reuters rapporte que l’accord technique négocié avec Oman sur de nouvelles voies maritimes approche de sa finalisation, sans garantir pour autant la réouverture effective du passage.
Le Wall Street Journal rapporte également que l’Iran réclamerait des milliards de dollars, ainsi qu’un retrait des forces américaines de la région. Autrement dit, la Maison-Blanche peut vouloir réduire ses ambitions, mais Téhéran possède encore un moyen de pression économique considérable. Accepter trop de concessions exposerait Trump à l’accusation d’avoir payé politiquement une sortie de guerre. Les refuser prolongerait les tensions énergétiques qu’il cherche précisément à faire disparaître.
Cette contradiction explique les mouvements brutaux du pétrole. Les marchés ne cotent plus seulement les volumes disponibles. Ils tentent d’évaluer la probabilité d’un compromis, puis son véritable contenu. Tant qu’Ormuz restera partiellement inaccessible ou soumis à des restrictions, la volatilité restera élevée sur le pétrole, les devises liées à l’énergie et les anticipations d’inflation.
Selon notre expert : Pétrole cher, guerre avec l’Iran et banques centrales sur leurs gardes, les marchés entrent dans une période où la moindre annonce peut faire basculer des milliards.
Netanyahu complique encore l’équation américaine au Moyen-Orient
La difficulté de Donald Trump ne s’arrête pas à l’Iran. Benjamin Netanyahu a publiquement rejeté le plan américain en 15 points concernant Gaza, estimant qu’Israël ne retirerait pas ses forces tant que le Hamas ne serait pas réellement désarmé. Le projet soutenu par Washington prévoyait un désarmement du Hamas associé à un retrait progressif de l’armée israélienne.
Cette divergence compte pour les investisseurs parce qu’elle réduit la possibilité d’une détente régionale coordonnée. Washington cherche simultanément une sortie en Iran, une normalisation du trafic à Ormuz et une progression du processus politique à Gaza. Or chaque dossier reste soumis à des acteurs capables de bloquer le calendrier américain.
Les conséquences dépassent le pétrole. L’or a retrouvé de la vigueur ces derniers jours : le cours spot évoluait autour de 4 244 dollars l’once le 6 août, après avoir atteint son niveau le plus élevé depuis sept semaines. Les investisseurs qui souhaitent réduire leur dépendance aux établissements financiers peuvent aussi se tourner vers des actifs physiques tels que les lingots d’or, les lingots d’argent ou les pièces d’or. Cette logique de débancarisation ne supprime ni le risque de prix ni les contraintes de stockage, mais elle permet de conserver une partie de son épargne hors du système bancaire traditionnel.
Donald Trump pourrait donc annoncer une victoire sans accord nucléaire. Encore faut-il que Téhéran lui fournisse l’élément indispensable à ce récit : un détroit d’Ormuz réellement rouvert, durablement et dans des conditions acceptables pour Washington.
Sources : BDOR - Wall Street Journal
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

ACHAT D’OR EN LIGNE - AGENCE BDOR
L’Agence BDOR, experte en métaux précieux vous informe sur l’actualité de l’or, le cours de l’or, de l’argent ainsi que sur les pièces et lingots d’or d’investissement. Vous souhaitez acheter de l’or, rendez-vous dans notre rubrique d’achat d’or en ligne.
Prix de l'Or
Mise à jour le 07/08/2026 à 13h30
NOUS SOMMES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

