Bercy prépare de nouvelles coupes budgétaires face au dérapage du déficit public 2026, aggravé par 1,4 milliard d'aides carburant.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Un nouveau comité d'alerte sur les finances publiques se réunit ce mardi 7 juillet
L'État a versé 1,4 milliard d'euros d'aides carburant depuis le début de l'année
Six milliards d'euros d'économies supplémentaires seraient nécessaires selon Gérard Larcher, en plus des six milliards déjà annoncés en avril
Les pistes évoquées, MaPrimeRénov', accidents du travail, déremboursements, ne couvrent pas l'ampleur des besoins
Le budget 2027 viserait 30 milliards d'euros d'économies, avec un risque de passage par ordonnance
Le gouvernement réunit ce mardi 7 juillet un nouveau comité d'alerte sur les finances publiques, et l'ambiance à Bercy n'a rien de serein. Depuis une semaine, le ministère des Comptes publics prépare les esprits : les efforts nécessaires pour tenir l'objectif de déficit public fixé à 5% du PIB en 2026 seront plus lourds que ce qui avait été annoncé au printemps. La cause immédiate se résume en un mot, Moyen-Orient. La flambée des prix des carburants liée aux tensions en Iran a coûté cher aux caisses publiques, qui ont déboursé 1,4 milliard d'euros pour amortir le choc auprès des ménages et des entreprises.
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David Amiel, ministre des Comptes publics, a détaillé lundi matin l'ampleur des dégâts. Les recettes fiscales liées aux carburants ont reculé de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 comparés à la même période de l'an dernier. Ajoutée au soutien direct versé aux Français, la note grimpe vite. Pour respecter la trajectoire de déficit public fixée par l'exécutif, la copie budgétaire doit être revue à la hausse. Gérard Larcher, président du Sénat, avance un chiffre qui interpelle : six milliards d'euros d'économies additionnelles, à ajouter aux six milliards déjà actés en avril. Douze milliards au total sur une seule année, cela ressemble moins à un ajustement technique qu'à un aveu implicite que la trajectoire initiale n'a pas résisté au premier choc géopolitique venu.
Sur le terrain, les responsables politiques contactés s'accordent sur un même constat, il ne reste plus beaucoup de marge de manœuvre. Trois pistes circulent actuellement. Près de 300 millions d'euros pourraient être retranchés de l'enveloppe MaPrimeRénov'. La branche accidents du travail et maladies professionnelles pourrait, elle, dégager 800 millions d'euros après négociation entre partenaires sociaux. Enfin, de nouveaux déremboursements sont à l'étude pour alléger les dépenses de l'Assurance maladie. Additionnées, ces mesures restent loin du compte face aux six milliards annoncés par Gérard Larcher.
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Le véritable défi budgétaire ne se joue pas sur 2026, mais sur l'année suivante. Selon une source patronale proche des discussions, l'exécutif cible désormais 30 milliards d'euros d'économies pour le budget 2027, un montant cinq fois supérieur aux efforts actuellement discutés. « L'exécutif rendra sa copie à la rentrée et il veut qu'elle soit la plus propre possible, car si le budget passe par ordonnance, c'est cette version initiale qui entrera en vigueur », précise cette même source. Autrement dit, une seule occasion de bien calibrer le texte, sans filet de rattrapage parlementaire si les délais venaient à manquer.
Face à des trajectoires de déficit public qui se dégradent et des arbitrages annoncés dans l'urgence, une partie des épargnants cherche à diversifier leurs avoirs en dehors du système bancaire classique. Les métaux précieux, sous forme de lingots d'or, de pièces d'or ou d'argent physique, restent perçus comme un refuge tangible, détenu hors circuit bancaire et donc moins exposé aux décisions politiques ou aux restrictions de mouvements de capitaux. Cette logique de débancarisation partielle séduit particulièrement lorsque les annonces budgétaires se multiplient sans visibilité claire sur leur application réelle.
Sources : BDOR - Ministère de l'Économie et des Finances - Sénat - INSEE
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