Le Dollar Index recule sous 99,50 : la Fed douche les espoirs de hausse des taux en septembre
Le Dollar Index chute près de 99,50 après des ventes au détail américaines décevantes, réduisant les paris sur une hausse des taux de la Fed.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Le dollar index recule après des ventes au détail américaines décevantes
- La Fed dans l'expectative, les paris sur une hausse des taux s'effondrent
- Le détroit d'Ormuz, nouvelle variable géopolitique à surveiller
- Lecture technique, un dollar index prisonnier de ses résistances
- Le billet vert, une devise sous surveillance mondiale
- Face à l'incertitude monétaire, l'attrait retrouvé des valeurs tangibles
En bref
Le Dollar Index recule près de 99,50 points après une baisse inattendue des ventes au détail américaines en juillet
Le Bureau du recensement des États-Unis a annoncé une contraction de 0,6% des ventes au détail, contre un consensus de +0,1%
Les probabilités d'une hausse des taux de la Fed en septembre chutent à 31% selon l'outil CME FedWatch
Les tensions autour du détroit d'Ormuz restent vives, l'Iran conditionnant la reprise du trafic maritime
Les analystes techniques identifient une résistance clé à 99,75 et un support à 98,85 pour le Dollar Index
Le dollar index recule après des ventes au détail américaines décevantes
Le Dollar Index (DXY), qui mesure la valeur du dollar américain face à un panier de six devises internationales, évoluait autour de 99,50 points lundi durant la session asiatique, après avoir perdu du terrain vendredi. Cette glissade fait suite à une statistique inattendue publiée par le Bureau du recensement des États-Unis vendredi 15 août 2025 : les ventes au détail ont chuté de 0,6% en juillet, alors que le consensus des économistes tablait sur une progression de 0,1%. Le mois précédent, juin, affichait pourtant une hausse de 0,2%, chiffre resté inchangé après révision.
Sur un an, la progression des ventes au détail s'est établie à 5,0% en juillet, contre 6,8% en juin, chiffre révisé à la hausse par rapport aux 6,7% initialement annoncés. Ce ralentissement marqué de la consommation américaine, associé à des données d'inflation plus faibles que prévu la semaine précédente sur l'indice des prix à la consommation et l'indice des prix à la production, a modifié la perception des investisseurs quant aux intentions de la Réserve fédérale pour sa réunion des 15 et 16 septembre.
A lire aussi : L'or explose alors que le dollar s'effondre, la panique gagne-t-elle enfin les marchés mondiaux
La Fed dans l'expectative, les paris sur une hausse des taux s'effondrent
Selon l'outil CME FedWatch, consulté ce lundi, les traders n'accordent plus qu'une probabilité de 31% à une hausse des taux directeurs lors de la réunion de septembre, contre 69% de chances qu'un relèvement intervienne plutôt en décembre. Un basculement net par rapport aux anticipations qui prévalaient avant la publication des chiffres décevants sur la consommation. Les analystes de BNY résument la situation sans détour : « Les données américaines plus faibles ces dernières semaines ont réduit les attentes de hausse de taux, avec désormais moins d'une hausse complète intégrée dans les prix pour décembre. » Ils ajoutent que la partie longue de la courbe des Treasuries reste élevée, certains commentateurs y voyant des interrogations persistantes sur la crédibilité de la politique monétaire américaine.
Chez Scotiabank, le constat est similaire. Les stratèges notent que le rebond du dollar amorcé en milieu de semaine dernière, après la publication du CPI, s'est rapidement essoufflé lors de la sortie du PPI. « Les marchés reviennent massivement sur la vente à découvert du dollar, à mesure que s'estompent les attentes d'une hausse des taux en septembre », observent-ils. Cette conviction grandissante d'un statu quo monétaire prolongé pèse structurellement sur le billet vert, indépendamment des soubresauts hebdomadaires.
Selon notre expert : Wall Street tremble face à une Fed paralysée, faut-il craindre un krach monétaire imminent
Le détroit d'Ormuz, nouvelle variable géopolitique à surveiller
Au-delà des données macroéconomiques, les traders gardent un œil attentif sur le dossier iranien. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré vendredi qu'aucune négociation n'était actuellement en cours entre Téhéran et Washington. Il a précisé que les États-Unis devraient accepter les conditions posées par l'Iran pour permettre une reprise normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Ce climat de tension persistante, bien que peu nouveau dans son intensité, ne se traduit plus systématiquement par un afflux vers le dollar refuge. Les investisseurs semblent aujourd'hui accorder davantage de poids aux publications macroéconomiques domestiques qu'aux développements géopolitiques classiques, une hiérarchie inversée qui explique en partie la faiblesse persistante de la devise américaine malgré un contexte international loin d'être apaisé.
Lecture technique, un dollar index prisonnier de ses résistances
Sur le graphique journalier, le Dollar Index évolue sous un enchevêtrement de moyennes mobiles et de bandes de volatilité qui plafonnent toute velléité de rebond. La moyenne mobile simple à 100 jours, située vers 99,75, constitue la première barrière, suivie par la ligne médiane des bandes de Bollinger à 100,35. La bande supérieure, positionnée près de 101,80, marque un obstacle plus lointain en cas de couverture de positions courtes. L'indice de force relative à 14 jours, actuellement proche de 37, confirme une dynamique baissière tant que le prix reste sous ces plafonds techniques.
Côté support, le premier palier notable correspond à la bande inférieure de Bollinger, autour de 98,85, un niveau où la pression vendeuse pourrait marquer une pause si les vendeurs venaient à pousser l'indice plus bas. Ces repères techniques dessinent un couloir étroit, révélateur d'un marché indécis, tiraillé entre les anticipations de politique monétaire et les tensions internationales.
Le billet vert, une devise sous surveillance mondiale
Le dollar américain demeure la devise la plus échangée de la planète, représentant plus de 88% du volume total des transactions de change mondiales, soit une moyenne quotidienne de 6 600 milliards de dollars selon des données de 2022. Cette suprématie découle de son statut de monnaie de réserve mondiale, acquis après la Seconde Guerre mondiale au détriment de la livre sterling, puis consolidé après la fin de la convertibilité-or décidée lors des accords de Bretton Woods en 1971.
La politique monétaire de la Fed demeure le principal moteur de la valeur du dollar. L'institution poursuit un double mandat, stabilité des prix et plein emploi, qu'elle ajuste via ses taux directeurs. En situation de crise aiguë, elle peut recourir à l'assouplissement quantitatif, consistant à injecter massivement des liquidités, une pratique généralement défavorable au dollar. À l'inverse, le resserrement quantitatif tend à soutenir la devise américaine.
Face à l'incertitude monétaire, l'attrait retrouvé des valeurs tangibles
Dans ce climat entretenu par les hésitations de la Fed et les tensions au Moyen-Orient, nombre d'épargnants se tournent vers des solutions de diversification hors du système bancaire traditionnel. Les métaux précieux, à l'image des lingots d'or et d'argent ou des pièces d'or, conservent une place de choix dans cette logique de débancarisation et de sécurisation patrimoniale, offrant une protection tangible face aux fluctuations monétaires et aux décisions parfois imprévisibles des banques centrales.
Sources : BDOR - US Census Bureau - CME FedWatch - BNY - Scotiabank
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

ACHAT D’OR EN LIGNE - AGENCE BDOR
L’Agence BDOR, experte en métaux précieux vous informe sur l’actualité de l’or, le cours de l’or, de l’argent ainsi que sur les pièces et lingots d’or d’investissement. Vous souhaitez acheter de l’or, rendez-vous dans notre rubrique d’achat d’or en ligne.
Prix de l'Or
Mise à jour le 14/08/2026 à 13h30
NOUS SOMMES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

