Le Dollar Index stagne sous 101 : Ormuz s'embrase, la Fed refroidit les paris haussiers
Le Dollar Index reste sous 101 alors que les tensions au détroit d'Ormuz s'opposent aux anticipations moins agressives de la Fed.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le Dollar Index évolue sous 101,00 pour la troisième journée consécutive de consolidation
Un pétrolier touché par un projectile non identifié dans le détroit d'Ormuz ravive les craintes géopolitiques
Les anticipations de hausses de taux de la Fed reculent après un rapport NFP décevant en juin
L'ISM Services US ralentit à 54,0, conforme aux attentes du marché
Les minutes du FOMC, attendues mercredi, devraient redonner une direction claire à l'indice
Un indice tiraillé entre deux forces contraires
Le Dollar Index (DXY), qui mesure la performance du billet vert face à un panier de devises majeures, peine à trouver une direction franche. Mardi, durant la session asiatique, l'indice évolue sous le seuil des 101,00 points, prolongeant pour la troisième séance d'affilée un mouvement de consolidation qui traduit surtout l'indécision des opérateurs. Deux dynamiques opposées se neutralisent actuellement, et c'est précisément cette tension qui bloque toute tentative de sortie franche, vers le haut comme vers le bas.
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Le détroit d'Ormuz, épicentre d'une nervosité renouvelée
La trêve fragile de 60 jours entre les États-Unis et l'Iran subit une pression croissante. Une agence maritime a rapporté qu'un pétrolier avait été frappé par un projectile non identifié en transitant par le détroit d'Ormuz, artère névralgique du commerce pétrolier mondial. Téhéran chercherait par ailleurs à asseoir un contrôle stratégique sur cette voie navigable, allant jusqu'à envisager la perception de frais de service auprès des navires commerciaux, une initiative que Washington rejette fermement. Ce climat alimente logiquement les réflexes de refuge, et le Dollar américain en profite mécaniquement, comme il le fait à chaque poussée d'incertitude géopolitique.
Le pétrole comme baromètre inflationniste
Cette confrontation larvée entre Washington et Téhéran fait grimper légèrement les cours du brut, ce qui ravive des craintes inflationnistes déjà bien installées. Or, un pétrole plus cher soutient indirectement le billet vert, dans la mesure où il alimente les anticipations d'inflation et, par ricochet, les rendements obligataires américains. Le raisonnement est classique, presque mécanique, mais il fonctionne encore.
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La Fed calme le jeu et bride les acheteurs de dollars
Voilà pour la partie haussière du scénario. Côté baissier, les anticipations de resserrement monétaire de la Réserve fédérale se sont nettement dégonflées. Après la publication d'un rapport sur l'emploi non agricole (NFP) de juin jugé décevant, les traders ont révisé leurs prévisions : ils tablaient sur une à deux hausses de taux en 2026, ils n'en envisagent désormais plus qu'une, voire aucune. Ce repositionnement retire une bonne partie du carburant qui alimentait jusque-là la remontée du dollar.
L'indice ISM des services, publié lundi, n'a rien changé à la donne. Il est ressorti à 54,0 en juin contre 54,5 le mois précédent, conforme au consensus, sans surprise ni déception majeure. Ce genre de statistique neutre invite à la prudence avant de miser sur une reprise vigoureuse du mouvement haussier amorcé depuis le support des 97,45-97,40 touché en avril et en mai.
Rendez-vous mercredi avec les minutes du FOMC
L'attention des marchés se porte désormais sur la publication des minutes du FOMC, prévue mercredi. Ce document devrait livrer des indices plus précis sur l'état d'esprit des membres de la Fed et, potentiellement, redonner une orientation claire au Dollar Index. En attendant, l'indice navigue à vue, coincé entre le risque géopolitique qui le pousse vers le haut et les doutes sur la trajectoire monétaire américaine qui le tirent vers le bas.
Sur le marché des changes, la livre sterling profite de ce contexte pour enchaîner une neuvième séance consécutive de hausse face au dollar, autour de 1,3390. L'euro, de son côté, campe au-dessus de 1,1400, non loin de ses plus hauts de près de deux semaines. Quant à l'or, il recule pour la deuxième journée d'affilée vers la zone des 4125-4124 dollars, la hausse du pétrole détournant les flux vers les obligations souveraines américaines plutôt que vers le métal sans rendement.
Diversifier son épargne face aux soubresauts monétaires
Ces allers-retours permanents entre paris sur la Fed et tensions au Moyen-Orient rappellent, une fois de plus, à quel point les devises fiduciaires restent exposées aux décisions politiques et aux crises géopolitiques. Face à cette instabilité chronique, un nombre croissant d'épargnants se tourne vers les métaux précieux physiques, à travers l'achat de lingots d'or, de pièces d'or ou de lingots d'argent. Cette démarche, souvent motivée par une volonté de débancarisation partielle, permet de sécuriser une partie du patrimoine en dehors du système bancaire classique, à l'abri des décisions monétaires et des variations parfois erratiques des indices de change.
Sources : BDOR - FXStreet - Réserve fédérale des États-Unis - Bureau of Labor Statistics
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
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