L’euro numérique débarque en France, mais il ne remplacera pas votre carte bancaire
L'euro numérique franchit une étape clé en France : plafond à 3 000 euros, zéro intérêt, et une opposition ferme des banques.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
L'euro numérique a été validé par la commission des affaires économiques du Parlement européen en juin, avec un vote global prévu en juillet
Géré par la BCE, il sera accessible en ligne et hors ligne, avec un risque de perte des fonds en cas de perte de l'appareil
Un plafond de détention d'environ 3 000 euros s'appliquera aux particuliers, sans possibilité de générer des intérêts
Les entreprises ne pourront conserver ces sommes que 24 heures avant conversion automatique
Les commerçants soutiennent le projet tandis que les banques craignent une fuite des dépôts et une perte de commissions
Le lancement effectif n'est pas attendu avant 2027
L'euro numérique franchit une étape décisive à Bruxelles
La monnaie numérique de la Banque centrale européenne progresse rapidement ces dernières semaines. La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a validé sa création en juin dernier, ouvrant la voie à un vote plus large prévu en juillet, suivi d'un passage devant le Conseil européen. Le projet, porté depuis plusieurs années par la BCE, entre désormais dans sa phase finale d'adoption législative.
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Un fonctionnement pensé pour coexister avec le liquide
Gérée directement par la BCE, cette monnaie numérique sera accessible via un compte en ligne, mais également hors ligne grâce à un appareil dédié. Cette dimension hors ligne soulève une question pratique non négligeable : perdre l'appareil reviendrait à perdre les fonds qui y sont stockés. Les autorités européennes présentent ce dispositif comme une addition à l'argent liquide, sans intention de s'y substituer. L'ambition affichée reste la construction d'une alternative européenne face à la domination des solutions de paiement américaines, un enjeu de souveraineté monétaire qui dépasse la simple technique.
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Un plafond serré qui limite l'ambition du projet
Le déploiement annoncé restera contraint par des règles strictes. Un plafond de détention devrait s'appliquer aux particuliers, actuellement fixé autour de 3 000 euros. Les entreprises, elles, ne pourront conserver des euros numériques que 24 heures avant leur conversion automatique en euros classiques. Aucun intérêt ne sera versé sur ces sommes, ce qui cantonne cette monnaie à une fonction de paiement, écartant toute vocation d'épargne.
Un calendrier encore lointain
Le lancement effectif n'est pas attendu avant 2027. Entre les votes parlementaires, les négociations avec le Conseil et les ajustements techniques, le chemin reste long avant qu'un citoyen européen puisse réellement utiliser cette monnaie au quotidien.
Commerçants séduits, banques vent debout
Les commerçants français affichent un soutien plutôt net à cette initiative, qui leur offrirait une solution de paiement souveraine supplémentaire à proposer à leur clientèle. Les banques, à l'inverse, s'y opposent frontalement. Leur crainte porte sur la concurrence directe que représenterait cette monnaie face à leur modèle économique : les particuliers pourraient détenir de l'argent numérique sans passer par un compte bancaire classique. Certains établissements évoquent ouvertement le risque d'une fuite des dépôts, avec à la clé une perte des commissions facturées aux utilisateurs, des frais que beaucoup jugent déjà excessifs.
Sécuriser son épargne autrement
Face à ces bouleversements monétaires et à la multiplication des dispositifs numériques centralisés, une partie des épargnants se tourne vers des solutions plus tangibles. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou les pièces d'or, restent une option privilégiée pour ceux qui souhaitent sortir partiellement du système bancaire traditionnel et conserver un actif physique, à l'abri des décisions réglementaires ou des plafonds imposés par les autorités monétaires. Cette démarche de débancarisation partielle séduit particulièrement alors que les règles entourant la monnaie numérique restent encore floues sur plusieurs aspects.
Sources : BDOR - Banque centrale européenne - Parlement européen
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