« Vivre ! » : Fabien Roussel officialise sa candidature pour 2027 et fait un serment inédit à la gauche
Fabien Roussel officialise sa candidature 2027 : nationalisation de TotalEnergies, hausse des salaires, fiscalité renforcée. Impact potentiel sur les marchés.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Fabien Roussel a confirmé dimanche soir sur TF1 sa candidature à la présidentielle de 2027, après un vote interne où 72% des militants communistes l'ont soutenu
Le candidat revendique une ligne autonome, refusant de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann dès le premier tour
Son programme prévoit une hausse des salaires, la nationalisation de TotalEnergies, le maintien du nucléaire et un renforcement de la fiscalité sur les grandes fortunes
Il formule un engagement inédit de non-agression envers les autres candidats de gauche pendant la campagne
Ce climat d'incertitude politique et budgétaire renforce l'intérêt de certains épargnants pour les valeurs refuges hors circuit bancaire classique
Fabien Roussel officialise sa candidature et revendique son autonomie à gauche
Dimanche soir, sur le plateau de TF1, Fabien Roussel a mis fin à plusieurs mois de spéculation. Le secrétaire national du Parti communiste français a confirmé sa candidature à la présidentielle de 2027, quelques mois après un vote interne où 72% des militants communistes lui ont donné leur feu vert, selon les chiffres communiqués par le PCF. Déjà candidat en 2022, il ne se contente pas de rejouer sa partition d'hier.
Cette fois, le communiste revendique une ligne clairement autonome, à distance des autres formations de gauche. Son ambition affichée consiste à reconstruire un discours capable de parler aux classes populaires, aux salariés et aux habitants des territoires industriels. Roussel refuse de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann dès le premier tour, une décision qui tranche avec les appels répétés à l'union et qui pourrait redessiner les rapports de force à gauche à l'approche du scrutin.
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Nationalisations, salaires, fiscalité : un programme qui interroge les marchés
Le slogan choisi pour l'affiche de campagne donne le ton : « Vivre ! Ensemble mieux, heureux en paix ». Concrètement, le candidat veut replacer le travail au centre du débat et défendre une hausse significative des salaires, tout en relançant l'industrie française. Sur l'énergie, il défend une production forte, soutient le nucléaire et évoque la nationalisation de TotalEnergies, dans la continuité de ses prises de position passées.
Côté finances publiques, Fabien Roussel entend accentuer la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, et aller chercher davantage d'argent auprès des grandes fortunes et des grandes entreprises. Un tel virage fiscal et industriel intervient alors que la dette publique française atteint 118,4% du PIB et que le déficit public s'établit à -5,1% du PIB pour 2025, selon les données de l'INSEE. Le CAC 40, qui évolue actuellement autour de 8308 points, n'a pas réagi à cette annonce, mais l'accumulation de programmes présidentiels aux ambitions budgétaires lourdes nourrit historiquement la nervosité des investisseurs institutionnels à l'approche des échéances électorales.
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Un serment de non-agression à l'épreuve de la campagne
L'élément le plus marquant de cette annonce reste peut-être ailleurs que dans le programme. Sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel a formulé un engagement rarement énoncé aussi frontalement : « Je fais un serment : ne pas polémiquer avec d'autres candidats de gauche dans cette campagne. La gauche est trop faible : mon objectif est de la rendre majoritaire ». Une promesse qui tranche avec les tensions récurrentes entre formations de gauche, illustrées récemment par des confidences embarrassantes de Raphaël Glucksmann ou par les manœuvres autour d'une éventuelle primaire socialiste.
Le candidat communiste entend aussi reconquérir une partie de l'électorat populaire passé au Rassemblement national, en insistant sur la sécurité et l'ordre républicain. Une stratégie qui vise directement les électeurs séduits par Jordan Bardella dans les sondages, sans renier l'identité historique de son parti. Reste à savoir si ce serment résistera à la pression d'une campagne présidentielle où les vieilles rivalités reprennent souvent le dessus avant même le premier tour.
Face à l'incertitude politique, l'attrait renouvelé pour les valeurs refuges
Une élection présidentielle charrie toujours son lot de promesses de rupture, qu'il s'agisse de nationalisations, de hausses salariales ou de nouvelles taxes sur le patrimoine. Cette accumulation d'incertitudes budgétaires et fiscales pousse un nombre croissant d'épargnants français à diversifier leur patrimoine en dehors du seul circuit bancaire traditionnel. L'once d'or s'échange actuellement à 3788,3 euros et l'once d'argent à 56,81 euros, selon les cotations relevées par BDOR, des niveaux qui traduisent une demande soutenue pour les actifs tangibles en période de doute politique.
Les métaux précieux, sous forme de lingots d'or et d'argent ou de pièces d'or, restent perçus comme des instruments de protection du capital, particulièrement recherchés dans une logique de débancarisation et de sécurisation de l'épargne face aux annonces politiques les plus disruptives. Détenir une partie de son patrimoine hors des circuits financiers classiques permet de limiter l'exposition directe aux décisions fiscales ou monétaires qui pourraient découler d'une éventuelle alternance en 2027.
Sources : BDOR - INSEE - Ministère de l'Économie et des Finances
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