Soins médicaux : cette piste d'économies pourrait faire payer davantage les Français
Le gouvernement double le plafond des franchises médicales pour 2027, alourdissant la facture des malades chroniques en ALD selon Stéphanie Rist.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le gouvernement annonce le doublement du plafond annuel des franchises médicales, confirmé par la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 23 juillet 2026
Ce plafond, gelé depuis vingt ans à 100 euros, pourrait grimper autour de 150 à 200 euros par an pour les patients les plus consommateurs de soins
Les malades en affection longue durée sont directement concernés, tandis que les femmes enceintes et les mineurs restent protégés
La Cour des comptes recommandait dès mai 2026 d'élargir ces franchises aux soins dentaires et aux dispositifs médicaux
Cette réforme s'inscrit dans la préparation du budget 2027, présentée comme une réponse à un déficit public jugé préoccupant
Un doublement de plafond qui frappe les malades chroniques
Le gouvernement vient de trancher un dossier resté en suspens depuis des mois. Face à un déficit public qualifié de préoccupant, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé, dans un entretien accordé à Paris Match le 22 juillet 2026, sa volonté de réformer la protection sociale dans le cadre du budget 2027. Concrètement, l'exécutif prévoit de doubler le plafond annuel des franchises médicales, ce montant maximum que chaque patient peut débourser sur ses consultations et ses boîtes de médicaments.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé la mesure sur RMC le 23 juillet 2026, précisant que le montant unitaire des franchises resterait gelé à un euro par boîte. Le curseur bouge ailleurs. Depuis vingt ans, ce plafond stagnait à 100 euros par an. Il devrait grimper vers 200 euros, même si la ministre évoque plutôt un montant réel proche de 150 euros compte tenu des dépenses moyennes constatées. Un patient chronique dépense aujourd'hui 78 euros par an en moyenne selon les chiffres cités par Stéphanie Rist, un montant qui pourrait presque doubler avec cette réforme.
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Qui paiera davantage pour ses soins
Le texte cible une catégorie précise de patients: ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou consultent un médecin plus de 25 fois sur la même période, selon les propos tenus par Sébastien Lecornu. Les malades en affection longue durée, statut attribué à des millions de Français souffrant de pathologies chroniques comme le diabète ou certains cancers, figurent en première ligne de cette réforme. Le gouvernement assure vouloir protéger les plus fragiles socialement, une formule qui laisse planer un flou persistant sur les critères précis d'exemption.
Les femmes enceintes et les mineurs échappent au relèvement du plafond, une exception confirmée par la ministre. Un décret d'application est attendu dès cet été, ce qui laisse peu de temps aux associations de patients pour réagir avant sa publication officielle.
Le remboursement des médicaments aussi dans le viseur
Au-delà du plafond, le gouvernement envisage de réduire le taux de remboursement des traitements jugés à bénéfice thérapeutique faible. Les médicaments actuellement remboursés à 15%, voire certains pris en charge à 30%, pourraient voir leur taux fondre davantage. Cette piste s'ajoute à la réforme des franchises et dessine les contours d'un budget 2027 marqué par des arbitrages difficiles sur les dépenses de santé.
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La Cour des comptes réclamait déjà un élargissement
Dans un rapport publié en mai 2026, la Cour des comptes plaidait pour étendre le périmètre des franchises médicales aux soins dentaires, aux dispositifs comme les pansements et les lunettes, ainsi qu'aux actes réalisés par les sages-femmes et les pharmaciens d'officine. Cette recommandation, restée sans suite immédiate, trouve aujourd'hui un écho favorable auprès de l'exécutif. En rouvrant ce chantier dès l'été, le gouvernement donne le ton d'un budget qu'il souhaite voir adopté avant l'hiver, quitte à fragiliser un peu plus des ménages déjà confrontés à une pression fiscale croissante.
Personnellement, ce calendrier interroge. Doubler un plafond resté figé vingt ans peut sembler logique sur le papier comptable. Sur le terrain, pour un patient en ALD qui cumule déjà les restes à charge, l'addition finale grimpe vite, et la promesse de protéger les plus fragiles reste à démontrer dans les faits.
Sécuriser son épargne face à l'incertitude budgétaire
Les arbitrages budgétaires à venir rappellent, une fois de plus, la fragilité des dispositifs de protection sociale face aux tensions sur les finances publiques. Nombre d'épargnants cherchent des solutions concrètes pour protéger leur pouvoir d'achat des décisions politiques et des aléas bancaires. Les métaux précieux conservent à ce titre une place particulière dans les stratégies patrimoniales. Les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent permettent de constituer une épargne tangible, détenue en dehors du système bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation séduit un nombre croissant de particuliers soucieux de diversifier leurs actifs et de sécuriser une partie de leur capital face aux décisions budgétaires imprévisibles.
Sources : BDOR - Cour des comptes - Paris Match - RMC
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