Inquiétudes sur le recul du pouvoir d'achat à la rentrée
Inflation à 2,1 % sur un an, énergie à +12,6 %, salaires négociés à 1,6 % en 2026. Le pouvoir d'achat des Français menace de reculer dès la rentrée.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- L'énergie contamine les services du quotidien
- Des salaires encore légèrement gagnants au premier semestre
- Le second semestre concentre toutes les inquiétudes
- Seulement 1,6 % de hausse salariale négociée
- Le gaz augmentera de 5,6 % à la rentrée
- Les chiffres essentiels à retenir
- Des Français qui serrent déjà les cordons de la bourse
- Le gouvernement cherche des économies qui pourraient peser sur la consommation
- Protéger son épargne face à l'érosion monétaire
En bref
- Les prix ont progressé de 2,1 % entre juillet 2025 et juillet 2026, portés par l'énergie (+12,6 %) et les services.
- Au premier semestre, les salaires (+1,9 %) ont devancé l'inflation (+1,7 %), soit un gain limité à 0,2 point de pouvoir d'achat.
- La Banque de France anticipe une modération salariale, avec des hausses négociées de 1,6 % en 2026, inférieures à l'inflation.
- Le gaz augmentera de 5,6 % à la rentrée, tandis que canicule et incendies pèsent sur le logement et les assurances.
- 77 % des Français déclarent se serrer la ceinture et 26 % sont régulièrement à découvert, en moyenne dès le 17 du mois.
Le retour de l'inflation se confirme dans les chiffres. Entre juillet 2025 et juillet 2026, les prix à la consommation ont grimpé de 2,1 %, une accélération nette par rapport au mois de juin. Deux postes alimentent cette poussée, l'énergie et les services. Le conflit en Iran, les tensions dans le détroit d'Ormuz et le renchérissement des matières premières sur les marchés internationaux ont bousculé les cours, avec un résultat sans appel, les prix de l'énergie affichent une hausse de 12,6 % sur un an.
L'énergie contamine les services du quotidien
La facture énergétique ne reste jamais isolée, elle se diffuse dans l'ensemble de l'économie. Les données de l'Insee recensent des augmentations dans la restauration, le logement, les transports, les services sociaux, les assurances, les maisons de retraite et les services de garde d'enfants. Autrement dit, des dépenses difficilement compressibles pour la majorité des ménages.
La question qui s'impose devient celle du pouvoir d'achat et de la capacité des salaires à suivre la cadence des prix.
À lire aussi : Le cours de l'or poursuit son ascension pendant que l'inflation grignote de nouveau le pouvoir d'achat des ménages français.
Des salaires encore légèrement gagnants au premier semestre
Sur les six premiers mois de 2026, la balance penchait encore du côté des salariés. Les rémunérations ont progressé de 1,9 %, contre une inflation de 1,7 % sur la même période. Le gain de pouvoir d'achat atteint donc environ 0,2 point, une marge bien mince pour absorber le moindre choc de prix supplémentaire.
Le second semestre concentre toutes les inquiétudes
Les mois de juillet, août, septembre et la rentrée 2026 s'annoncent nettement moins favorables. L'inflation repart alors que rien ne garantit une progression équivalente des salaires. Les perspectives de la Banque de France évoquent une forme de modération salariale pour 2026, dans un contexte où la remontée du chômage réduit la marge de négociation des salariés.
Seulement 1,6 % de hausse salariale négociée
Les chiffres cités par BFM situent la hausse moyenne négociée des salaires à 1,6 % en 2026, face à une inflation annuelle de 2,1 %. Si ces deux trajectoires se confirment, les revenus progresseront moins vite que les prix, avec une perte directe de pouvoir d'achat pour les ménages. Les économistes tablent désormais sur un recul sur l'ensemble de l'année.
Le gaz augmentera de 5,6 % à la rentrée
Une hausse du prix du gaz de 5,6 % est déjà annoncée pour la rentrée. Les incendies et la canicule de l'été pourraient également renchérir le logement et les assurances, ajoutant de nouvelles pressions sur le budget des ménages. Les produits alimentaires subissent eux aussi les effets de la sécheresse, avec des courses plus onéreuses.
Les chiffres essentiels à retenir
| Indicateur | Chiffre cité par BFM |
|---|---|
| Inflation juillet 2025 → juillet 2026 | +2,1 % |
| Prix de l'énergie | +12,6 % |
| Salaires, 1er semestre 2026 | +1,9 % |
| Inflation, 1er semestre 2026 | +1,7 % |
| Gain de pouvoir d'achat au S1 | +0,2 point |
| Hausse salariale moyenne négociée en 2026 | +1,6 % |
| Hausse annoncée du gaz à la rentrée | +5,6 % |
Des Français qui serrent déjà les cordons de la bourse
Le ressenti des ménages confirme cette tension. Une majorité de Français, 56 %, estime que son pouvoir d'achat a baissé ces derniers mois, un chiffre en repli depuis le pic inflationniste mais toujours élevé chez les seniors (66 % des 65 ans et plus). Plus frappant encore, 77 % déclarent se serrer la ceinture, une proportion qui grimpe à 85 % chez les employés et ouvriers.
Un Français sur quatre se retrouve régulièrement à découvert, en moyenne dès le 17 du mois. Les renoncements se multiplient, shopping (41 %), sorties au restaurant ou au cinéma (39 %), vacances (38 %), certains produits alimentaires (30 %) et même le chauffage du logement (28 %). La viande arrive en tête des aliments sacrifiés, 32 % des Français n'en achètent plus ou en quantité réduite, devant le poisson (23 %). Les promotions et les marques distributeur sont devenues des réflexes pour plus de la moitié des consommateurs.
À noter que l'écart entre l'inflation perçue et l'inflation réellement subie a triplé en trois ans selon une enquête de la Banque de France, les hausses de l'essence ou de l'alimentaire marquant davantage les esprits que la baisse de l'électricité.
Le gouvernement cherche des économies qui pourraient peser sur la consommation
Cette érosion du pouvoir d'achat, réelle ou ressentie, freine la consommation des ménages. Les foyers modestes réduisent ou reportent leurs dépenses, les plus aisés épargnent davantage, autant d'argent qui ne circule plus dans l'économie. S'ajoute une situation dégradée des finances publiques. Le gouvernement étudie plusieurs pistes pour réduire le déficit l'an prochain, rabotage de niches fiscales, possible désindexation des retraites par rapport à l'inflation, ou coupes dans les politiques familiales. Des mesures qui risquent elles aussi de peser sur les dépenses des Français à la rentrée.
Selon notre expert : Entre tensions au Moyen-Orient et finances publiques sous pression, l'or s'impose plus que jamais comme la valeur refuge des épargnants avisés.
Protéger son épargne face à l'érosion monétaire
Quand les prix progressent plus vite que les salaires, chaque euro laissé sur un compte courant perd mécaniquement de sa valeur. Les investissements alternatifs comme les métaux précieux offrent une réponse concrète à cette érosion. Les lingots d'or et d'argent ou les pièces d'or constituent des actifs tangibles, détenus hors du circuit bancaire traditionnel, dans une logique de débancarisation et de sécurisation de son épargne. Ces valeurs refuges ont historiquement préservé le pouvoir d'achat des patrimoines lors des périodes inflationnistes, précisément le scénario qui se dessine pour ce second semestre 2026.
Sources : BDOR
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