Le dollar américain rebondit de 1,5% depuis fin février, porté par la hausse des rendements du Trésor et les tensions inflationnistes liées au conflit en Iran.
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Sommaire
En bref
L'indice du dollar (DXY) a progressé de près de 1,5% depuis fin février, porté par la remontée des rendements obligataires américains.
La Réserve fédérale adopte une posture neutre, ni accommodante ni restrictive, en attente d'une clarification sur la durée des pressions inflationnistes.
Les marchés à terme sur les fonds fédéraux intègrent 72% de probabilité d'au moins une hausse de taux dans les douze prochains mois.
Les anticipations d'inflation à 10 ans (break-evens) ont touché un sommet de trois ans à 2,508% début mai avant de refluer légèrement vers 2,4%.
Le conflit en Iran reste la principale variable d'incertitude pour les marchés mondiaux.
Après des mois d'immobilisme, le dollar américain renoue avec une dynamique haussière. L'indice DXY, qui mesure la devise face à six grandes monnaies mondiales, a engrangé environ 1,5% depuis le 27 février, veille des frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Il se négocie désormais autour de 99,13, se rapprochant du seuil de 101 qui plafonnait sa progression depuis près d'un an.
Cette stabilisation intervient après une chute marquée de près de 11% au premier semestre 2025. Les investisseurs, qui attendaient soit un effondrement prolongé, soit un rebond net, assistent à un réalignement progressif dicté par des fondamentaux monétaires et géopolitiques.
A lire aussi : La montée des anticipations d'inflation et l'instabilité du dollar alimentent un regain d'intérêt pour l'or comme valeur refuge en 2026
La dynamique du dollar tient en grande partie à la remontée des rendements du Trésor américain. Depuis le déclenchement du conflit en Iran, le rendement à 10 ans a bondi d'environ 50 points de base, tandis que le rendement à 2 ans, très suivi par les cambistes pour ses signaux sur la politique de la Réserve fédérale, a progressé de près de 70 points de base.
Des taux obligataires plus élevés rendent les actifs américains plus attractifs pour les investisseurs internationaux. Si les rendements européens et asiatiques ont également monté, le dollar conserve un avantage structurel : le commerce mondial du pétrole et du gaz s'effectue principalement en devise américaine, ce qui ancre la demande de dollars quel que soit le cycle.
Par ailleurs, l'économie américaine a absorbé le choc énergétique avec davantage de résistance que ses homologues européens, renforçant l'attrait relatif de la devise. Même des investisseurs structurellement baissiers sur le dollar ont assoupli leur positionnement à court terme.
La remontée des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient alimente les craintes d'une résurgence inflationniste durable. Les break-evens à 10 ans, mesure des anticipations d'inflation à long terme, ont atteint début mai un sommet de trois ans à 2,508% avant de refluer légèrement vers 2,4%.
Les données économiques récentes alimentent cette inquiétude : les pressions sur les prix ne s'estompent pas au rythme attendu par les marchés. Droits de douane, coûts de l'énergie et risques géopolitiques forment un cocktail qui maintient les anticipations inflationnistes sous tension.
La publication des minutes du FOMC d'avril a alimenté les spéculations sur un virage restrictif de la Réserve fédérale. Le compte rendu révèle que plusieurs membres, plus que les trois ayant officiellement exprimé leur désaccord lors de la réunion, souhaitaient supprimer toute formulation suggérant une orientation accommodante.
L'analyste Lance Roberts nuance cette lecture : selon lui, la posture de la Fed reste largement neutre plutôt que franchement hawkish. Les membres de la banque centrale cherchent avant tout à évaluer si la hausse des coûts de l'énergie est transitoire. Tant que la situation en Iran reste volatile, une prise de position tranchée semble peu probable. Les minutes le confirment elles-mêmes, indiquant explicitement que «la politique monétaire ne suivait pas une trajectoire prédéfinie».
Les marchés à terme sur les fonds fédéraux intègrent 72% de probabilité d'au moins une hausse de taux au cours des douze prochains mois. Kevin Warsh, à la tête de la Fed, était initialement associé à une position plus souple, mais la persistance des pressions inflationnistes a rebattu les cartes.
Sur les marchés actions, le S&P 500 et le Nasdaq ont clôturé à des records historiques, progressant respectivement de 0,6% et 1,2%, signe d'une appétence pour le risque qui coexiste avec la prudence monétaire.
La semaine s'annonce calme côté résultats d'entreprises. L'indicateur le plus attendu reste la publication mercredi des données PCE, référence d'inflation privilégiée par la Fed. Le consensus anticipe une hausse de 0,4% pour le PCE de base et de 0,7% pour le titre PCE. La deuxième révision du PIB du premier trimestre, publiée le même jour, devrait ressortir en hausse par rapport à la première estimation de +0,5%.
En l'absence de catalyseurs microéconomiques majeurs, l'évolution du conflit iranien et les signaux géopolitiques resteront les principaux moteurs des marchés. Une résolution durable de la crise pourrait affaiblir le dollar en atténuant les craintes d'inflation et en réduisant la demande d'actifs refuges.
Selon notre expert : Alors que la Fed hésite entre neutralité et durcissement, le cours de l'or reflète les tensions entre politique monétaire et réalité géopolitique mondiale.
La remontée du dollar et l'incertitude persistante sur la trajectoire de la Fed illustrent à quel point la valeur des monnaies fiduciaires peut fluctuer au gré des chocs géopolitiques et des décisions des banques centrales. Pour les épargnants qui cherchent à protéger leur patrimoine de ces turbulences, se tourner vers des actifs tangibles reste une stratégie éprouvée. Les lingots d'or et d'argent, ainsi que les pièces d'or d'investissement, constituent des alternatives concrètes à l'épargne bancaire traditionnelle. Leur valeur intrinsèque, indépendante de toute politique monétaire, en fait des instruments de débancarisation particulièrement pertinents dans un environnement où les anticipations d'inflation évoluent rapidement et où chaque déclaration de la Fed suffit à faire bouger les marchés.
Sources : BDOR
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